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Le Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI) a permis de booster l’environnement des affaires au Mali, qui vient de gagner quatre rangs dans le classement de “Doing business“ de la Banque mondiale. Aujourd’hui, notre pays expérimente le Partenariat public-privé (PPP) qui était au centre de la 5è réunion du CPI présidé, lundi dernier à Koulouba, par son président, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré.

Cette 5è réunion a connu deux temps forts : l’examen de l’état d’exécution des recommandations des précédentes sessions et celui du thème proprement dit « Quels nouveaux partenariats entre le public et le privé pour une croissance accélérée au Mali ? ».

Mais auparavant, le chef de l’Etat a rappelé, dans son discours d’ouverture, toute la pertinence du thème de la session précédente, à savoir « Comment passer d’une économie basée sur une agriculture de subsistance à une économie agro-industrielle à grande valeur ajoutée ?« .

« Il nous a permis d’aborder et de traiter les questions liées aux cinq axes stratégiques que sont : les marchés, les infrastructures, les ressources humaines, les finances et la gouvernance », a dit Amadou Toumani Touré, qui a rappelé que les recommandations formulées ont été transmises au gouvernement pour mise en œuvre.

Le président de la République n’a pas oublié son PDES, qui propose de forcer le destin pour, entre autres objectifs, accélérer la croissance économique du Mali, pour atteindre un taux de croissance économique d’au moins 7% par an.

Tout en faisant du Mali une puissance agro-pastorale à travers le développement de l’agriculture, la poursuite du programme d’expansion des infrastructures de base, le développement du secteur privé, et l’accroissement de l’investissement dans les ressources humaines.

« La recherche de cette croissance accélérée passe forcément par des ruptures, un nouvel état d’esprit et un nouvel élan. Elle nécessite donc d’envisager d’autres moyens permettant d’accroître significativement et rapidement la réalisation des actions, des projets et des activités ciblés par le PDES », a conclu le président du CPI avant d’introduire les débats du jour.

La première partie de la matinée a concerné l’examen du bilan de toutes les mesures prises par le gouvernement suite aux recommandations formulées par le CPI. A ce niveau, les acteurs ont apprécié le nombre importants de mesures législatives, règlementaires, fiscales et sociales prises par le gouvernement pour booster l’environnement des affaires au Mali. Exemples concret : une nouvelle entreprise ne paye pas de patente au cours de sa première année d’existence.

Grâce à cette facilité de faire des affaires depuis l’avènement du CPI, le Mali est passé de la 162è à la 158è place sur 178 pays comparés dans le rapport « Doing business » de la Banque mondiale.
Cependant, la faiblesse constatée à ce niveau, c’est que les mesures fournies en faveur des acteurs sont insuffisamment connues de ceux-ci.

C’est pourquoi, les participants à la 5è réunion ont demandé au président de la République, président du CPI de s’investir pour ce faire. La deuxième partie la réunion a été consacrée au PPP, qui n’est pas un concept nouveau. Il fait intervenir quatre types d’acteurs : l’Etat, les partenaires techniques et financiers, les investisseurs privés nationaux et les investisseurs privés étrangers.

Les participants ont étudié notamment les cas de la SOSUMAR, de la Banque mondiale et de l’AFD. Le premier est un exemple très stimulant. La Société sucrière de Markala est un projet commun de Etat-Privés (notamment Schaffer Global Group) dans lequel seront investis plus de 170 milliards de FCFA, à raison de 80 milliards de Fcfa pour l’Etat malien et 90 milliards de FCFA mobilisés par les privés.

La société va générer 7 000 emplois directs, produire 200 000 tonnes de sucre et 23 000 tonnes d’éthanol ainsi que de l’électricité grâce à une centrale de 30 MW. En terme de retombées financières, elle versera au trésor public 8 milliards de FCFA au cours des cinq premières années et 20 milliards de FCFA après cette période d’exonération.

Les participants ont étudié d’autres cas de PPP réussis en Afrique et à travers le monde.

Sékou Tamboura

21 février 2008.