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L’Alliance pour la Démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ) est le parti politique le mieux implanté au Mali. Malgré les péripéties de l’histoire, dix huit ans après sa création, l’ADEMA reste toujours debout. Les résultats des élections communales d’avril 2009 ont mis le PASJ sur la rampe de lancement de Koulouba en 2012 pour la reconquête du pouvoir qu’il a perdu en 2002 après dix années de gestion.

En effet, Sur les 10 777 sièges en jeu dans les 703 communes, le parti de l’Abeille obtient 3 164 conseillers dans les 699 communes, soit environ 30%. A ce rythme, si les barons de l’ADEMA maintiennent cette cohésion jusqu’en 2012, Dioncounda Traoré, président du parti et les siens peuvent bien rêver d’être à Koulouba (siège du palais présidentiel) dans trois ans.

Mais face à “l’égoïsme” et aux ambitions personnelles de certains de ses dirigeants, le parti l’ADEMA est-il à l’abri d’une nouvelle cassure après celle de 2002?


Le poids sociologique de l’Adema et ses résultats électoraux

L’ADEMA est un parti politique qui a ses racines dans le Mali profond. Les dix années d’exercice du pouvoir ont contribué à l’implantation du PASJ dans les contrées les plus éloignées. Selon les politologues les plus avisés, avant la création du Mouvement pour l’Indépendance la Renaissance et l’Intégration Africaine (MIRIA) en 1994, celle du Rassemblement Pour le Mali (RPM) en 2001, et enfin de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) en 2003, tous nés des entrailles de l’ADEMA, le PASJ était le deuxième parti africain après le Congrès National Africain (ANC) de l’Afrique du Sud. Ce parti a été fondé par Nelson Mandela et ses camarades pour l’indépendance des noirs en Afrique du Sud où ils sont majoritaires contre la minorité blanche et les métis.

Après 23 ans de prison, Mandela sort et remporte les premières élections multiraciales avec l’ANC en 1994. Il n’a fait qu’un seul mandat de 5 ans et s’est retiré du pouvoir en 1999. Cela fait quinze ans que l’ANC est au pouvoir en Afrique du Sud. Selon plusieurs sources, l’ANC est au pouvoir pour 30 ans au moins. Ce qui vaut pour le Congrès National Africain devrait l’être pour l’ADEMA si le PASJ n’avait pas connu de scissions. Mais dix ans ont suffi pour que le parti de l’Abeille, emblème de l’ADEMA perde le pouvoir.

A la veille de son 4ème congrès ordinaire tenu en fin 2008, le Comité Exécutif (C.E) de l’ADEMA, présidé par Dioncounda Traoré s’est lancé dans une campagne qui consiste à faire fusion avec d’autres partis. C’est dans ce sens que le RND, le PUDP, le PDCI-Farafina Dambé ainsi que les indépendants Farako de la Commune III se sont dissout dans l’ADEMA. Malgré cet élargissement de la base de l’ADEMA, ses résultats électoraux au lendemain du 26 avril 2009 reflètent peu le poids du parti.

En effet, au sortir des communales de mai 2004, l’ADEMA avait eu 3 336 conseillers. En 2009, sur 703 communes, le parti a 3 164 dans 699 communes. Le RND avait obtenu 154 conseillers en 2004, le PUDP 15. Logiquement, l’ADEMA devrait dépasser son score de 2004 de plus de cent conseillers. le PASJ n’est pas sûr de battre de loin son propre record.


Une évolution en dents de scie

De 2004 à 2009, les résultats électoraux de l’ADEMA ont évolué en dents de scie. Si dans certaines circonscriptions électorales, il a amélioré son score, dans d’autres, par contre, le parti a perdu son aura. Dans le District de Bamako, l’ADEMA a eu 52 conseillers sur 250. Cette année, le PASJ a amélioré son score dans la capitale en faisant élire 75 conseillers communaux.

En Commune VI du District de Bamako, l’ADEMA avait eu 14 conseillers lors des communales de 2004 contre 16 en 2009. En Commune III, l’ADEMA a fait un bon spectaculaire car, de 9 conseillers en 2004, il a fait élire 14 cette année. Dans la région de Kayes, tout comme à Mopti ou à Ségou, on note une légère chute du PASJ.

Au lendemain de l’intégration de Soumeylou Boubeye Maiga

L’ADEMA est sorti avec quelques égratignures des élections générales de 2007 surtout l’élection du Président de la République qui a vu son 1er vice-président d’alors Soumeylou Boubèye Maïga déclarer sa candidature contre vents et marée. Il a été exclu avec d’autres camarades du parti pour cet acte de désobéissance du mot d’ordre du Comité Exécutif de l’ADEMA.

Pour repenser les plaies en vue de la reconquête du pouvoir en 2012, la 9ème Conférence Nationale de l’ADEMA, tenue le 15 mars 2008 a donné mandat au C.E d’intégrer Soumeylou Boubèye et les autres membres exclus du parti. Cette réintégration est intervenue au moment du renouvellement des organes des sections, de sous-sections et comités du parti en prélude au 4ème congrès ordinaire de l’ADEMA. Elle est intervenue également à une période où le parti de l’Abeille ne cesse d’enregistrer de nouvelles adhésions.

Le retour en force de l’ADEMA au sortir des élections communales de 2009 est-il un signe révélateur de la reconquête du pouvoir par Dioncounda Traoré et les siens de 2012 ? En tout cas, le président de l’Assemblée Nationale et président du C.E ADEMA avait prédit la victoire de l’ADEMA. “L’ADEMA remportera les communales de 2009, les présidentielles et les législatives de 2012”, avait averti Dioncounda Traoré. Pour le reste, il faut attendre 2012.

Daba Balla KEITA

06 Mai 2009