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Le 11 janvier 2020, la Covid-19 faisait sa première victime, un Chinois de 61 ans, fréquentant régulièrement le marché de Wuhan, premier foyer de l’épidémie. Différentes théories par la suite vont être émises, pour connaitre le supposé ou réel animal responsable de la transmission de la maladie à l’Homme. Depuis, les experts multiplient les rencontres afin de stopper cette vague déferlante de souffrances et de morts. A ce jour, le décompte macabre s’élève à près de 2 millions de morts.
D’ores et déjà, il se pose deux questions essentielles : comment trouver un remède efficace pour soigner la maladie ? Comment trouver et administrer des vaccins anti-Covid-19 aux populations afin de freiner la progression de la pandémie ? En ce qui concerne la première question, on a souvent l’impression que les spécialistes, eux-mêmes, ne s’entendent pas. Par exemple, au Burkina Faso, le Conseil national de l’Ordre des médecins a traduit devant les instances disciplinaires, des membres d’une institution qui a publié les résultats d’essais cliniques sur l’Apivirine, en vue d’en démontrer l’efficacité et l’innocuité, dans le traitement curatif de la Covid-19. Une partie de l’opinion condamne fermement cette indiscipline notoire présumée. A juste titre d’ailleurs ! Cependant, d’autres s’interrogent sur l’opportunité d’une telle action judiciaire dont la légitimité et la légalité pourraient dissimuler quelques règlements de comptes entre experts. Ce qui est prioritairement attendu des chercheurs burkinabè, n’est-ce pas plutôt des solutions concrètes, rapides et efficaces contre la pandémie ? En ce qui concerne la deuxième question relative à la course à la vaccination, rappelons que les pays développés ont démarré déjà leurs campagnes tous azimuts.

Au principe du « chacun pour soi », il faut adjoindre celui du « chacun chez soi »

En Europe comme aux Etats-Unis et dans une certaine mesure en Asie, les grands moyens sont déployés à cet effet, tant et si bien que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint un « chacun pour soi », qui pénaliserait les pays pauvres. Il est temps de comprendre que la mise à disposition des précieuses doses, ne peut avoir un impact réel au niveau planétaire, si les pays africains n’arrivent pas à suivre la cadence. Ou alors, au principe du « chacun pour soi », il faut adjoindre celui du « chacun chez soi ». Car, si une partie de la planète n’est pas protégée par la vaccination, il est temps de revoir les réglementations en matière de mobilité des populations. Quel est le sort du continent africain face à la multiplicité des vaccins anti-Covid-19 ? Selon l’agence onusienne, parmi les 47 pays de la région Afrique de l’OMS, « seulement près du quart disposent de plans adéquats pour les ressources et le financement ». L’OMS espère atteindre pour les pays africains, une couverture vaccinale de 3% d’ici mars 2021, et de 20% d’ici à 2022. Aussi certains pays africains ont-ils opté pour le bilatéralisme. Les pays proches de la Chine négocieraient avec elle, la mise à disposition du vaccin chinois Sinopharm. D’autres, proches de la Russie, espèrent obtenir des doses du vaccin Spoutnik-V. Quand est-ce que l’Afrique pourra disposer d’un vaccin de son propre label ? Ce n’est pas un rêve impossible à réaliser. Il faut simplement savoir conjuguer les moyens et les expertises, sous les auspices de l’Union africaine (U.A) par exemple. En attendant, les Africains ont besoin d’être sensibilisés pour éviter de baisser la garde en matière de respect des mesures-barrières. Ces mesures qui sont moins coûteuses, nous sauvent la vie, pour peu que nous acceptions de renoncer à certains aspects de nos modes de vie.

Monique NARE

Source: Lepays.bf