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La décision du gouvernement et du ministre des Mines d’aller devant la presse pour s’expliquer est louable. C’est une première qui mérite d’être saluée, encouragée et retenue dans le cadre de la gouvernance politique.

Du coup, l’exercice excuse le retard, les premières tentatives, via la délégation de l’Union Européenne, de cacher la vérité, de nier l’évidence. Car, il apparaît clairement que l’on en serait resté au démenti de l’UE si nous n’avions pas cherché à approfondir.

La stratégie d’Ahmed Sow et du gouvernement est bien connue en matière de communication de crise : on reconnaît ce que l’on ne peut pas nier, et pour tout le reste, on botte en touche. Et c’est ce qui a été fait. Le ministre reconnaît qu’il y a enquête, que ça concerne sa gestion, mais, toute sa défense a constitué à se présenter en victime, et « une certaine presse » qui a eu l’outrecuidance d’en parler et qui a été presque traitée de ne pas aimer le Mali.

Pour M. Sow, c’est au nom du Mali qu’il a connu des déboires. Or, c’est au nom de ce Mali que « une certaine presse » en a parlé ! Des animateurs radios, connus pour leur allégeance et leur ignorance des terrains de reportage ont même fait le déplacement pour tendre complaisamment des perches du genre : « l’acharnement sur votre personne ne vient-il pas du fait que vous êtes un proche d’ATT ? »

Franchement, la stratégie de défense a été bien pensée, mais, en la matière, elle n’était pas la plus indiquée. Ahmed Sow a reconnu que le problème a éclaté il y a au moins un an. Même si on le savait, puisqu’il n’était pas un personnage public malien, ce n’était qu’un fait divers. Mais, là, ce n’est plus le cas.

Mieux, ses propos contenaient énormément d’incohérences. Ce n’est pas en jurant la main sur le cœur qu’il se blanchit, et ce n’est pas la presse qu’il doit convaincre, mais bien les limiers de l’Olaf. Ce sont eux qui ont ouvert une enquête à la suite d’une « dénonciation » (mot utilisé par le ministre Sow).

En attendant, et malgré la maladresse de l’exercice et l’amalgame (la moitié de la salle était constituée du cabinet qui rivalisait dans l’applaudimètre), retenons que la tentative est noble.

Alexis Kalambry

05 novembre 2007.