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Le verdict du procès des habitants de Dialakorodji accusés d’opposition à l’autorité légitime, homicide volontaire et séquestration est tombé le mardi 16 juillet. Après deux jours d’intenses travaux de la Cour d’assises de Bamako, les 39 accusés dont le chef de village, Dramane Coulibaly, et certains conseillers municipaux ont été tous acquittés.Accusés d’opposition à l’autorité légitime, homicide volontaire et séquestration, Dramane Coulibaly, chef de Dialakorodji et 38 autres personnes dont des conseillers municipaux étaient lundi et mardi devant la Cour d’assises de Bamako. Pendant deux jours, la Cour les a interrogés.

De quoi s’agit-il ? Courant l’année 2001, dans le cadre de l’exécution du programme de développement de sa commune adoptée par le conseil communal, la maire de la Commune de Dialakorodji entendait faire procéder à une levée topographique du territoire communal.

L’initiative est survenue à un moment de dissensions entre les populations au niveau de l’entité communale sur fond de clivages électoraux persistants. Sous la main mise de Dramane Coulibaly dans le rôle de chef de village, qualité par ailleurs contestée, et certains conseilles municipaux ostensiblement acquis à sa cause, en l’occurrence Abdoulaye Kéita, Mamadou dit Mamoudou Coulibaly, Oumar Guindo, Sidiki Diarra et Souleymane Soumano, prennent la résolution de s’y opposer par tous les moyens.

Pour ce faire, ils ont organisé chez Dramane Coulibaly des meetings de sensibilisation à l’attention de ceux des habitants qui leur faisaient allégeance, ce qui a occasionné une bipolarisation des populations de la Commune en deux clans de militants et sympathisants ennemis, en ordre de bataille rangée.

Dans cette atmosphère d’affrontement ouvert et de guérilla, ont été incendiés ou saccagés treize maisons, trois hangars, trois motos. Pis, Kaly Konaré a été retrouvé mort par balles tandis que Makan Traoré, Abdoulaye Diarra, Seydou Niaré et Bogoba Kané s’en sont sortis avec des blessures.

Le maire a dû faire recours aux forces de l’ordre et lorsque le commandant de groupement spécial, le commandant de brigade et l’adjudant Modibo Kéita se sont rendu chez Dramane Coulibaly en vue de l’inviter à se présenter à la brigade territoriale de gendarmerie de Bamako aux fins d’enquête, cette mission des forces de l’ordre tout comme précédemment la mission des topographes accompagnées des membres de la commission domaniale du Conseil communal, a été prise partie et agressée par de jets de pierres par la foule massée devant la concession de Dramane Coulibaly.

Ces agents n’auront leur salut que par une riposte au moyen de grenades lacrymogènes leur permettant de disperser leurs agresseurs dont certains ont été appréhendés sur le champ. Plus tard, d’autres personnes mises en cause ont été interpellées. Toutes ont été inculpées d’opposition à l’autorité légitime, homicide volontaire et séquestration.

Interrogés, la plupart des présumés innocents ont nié les faits qui leur sont reprochés. Certains ont expliqué n’avoir jamais pris part à ces manifestations, d’autres ont déclaré avoir été seulement présents sur les lieux sans poser un quelconque acte, d’autres encore ont soutenu avoir été arrêtés alors qu’ils vaquaient à leurs occupations.

Devant la Cour, les accusés ont soutenu les mêmes propos. Après deux jours de procès, la Cour les a déclarés non coupables et les a acquittés.

Sidiki Doumbia

18 Juillet 2013