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Kassoum Sissoko qui se faisait passer pour un agent du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales (MATCL), a été condamné lundi par la Cour d’assises à 6 ans de réclusion pour faux et usage de faux et escroquerie.

C’est par une affaire de faux, usage de faux et d’escroquerie impliquant Kassoum Sissoko que la Cour d’assises de Bamako a débuté le 20 août dernier ses travaux. Dans l’arrêt d’accusation, il ressort que courant décembre 2002, Kassoum Sissoko, Daba Daff et Amadou Diadié Camara se sont rendus à Konobougou auprès d’Amadou Diarra, revendeur de motos d’occasion, auquel ils ont fait l’offre d’un marché portant sur 12 motos.

Pour convaincre leur interlocuteur, Kassoum Sissoko a exhibé au revendeur de motos une carte professionnelle portant les couleurs du Mali tout en déclarant qu’il travaille au MATCL. Il a ajouté que pour la signature et la validité du bon de commande qu’Amadou Diarra met à leur disposition au moins 6 engins.

Après discussions, les parties sont tombées d’accord et le contrat a été conclu pour 6 motos : 2 motos Honda CG de type Royal, 2 Yamaha Mate 50, 1 Yamaha Mate 80 et une Jakarta, le tout pour un montant total de 4,6 millions de F CFA. Appuyé dans ses argumentations par ses deux compagnons, Kassoum Sissoko a signé le bon de livraison sur lequel, il a laissé son numéro de téléphone.

Le pot aux roses a été découvert lorsque Amadou Diarra s’est rendu au ministère indiqué conformément au rendez-vous donné et sa surprise a été grande de constater que son co-contractant n’y travaillait pas.

Par ailleurs, le soi-disant agent du MATCL a pris attache avec Soumaïla Traoré, vendeur de matériaux de construction, avec lequel il a passé un contrat portant sur l’achat d’une tonne de ciment et 8 bidons de peinture Sapec pour la somme totale de 238 000 F CFA. A ce dernier également, il a donné une fausse adresse. M. Traoré l’a cherché en vain et ne le revoit qu’à la faveur de son arrestation suite à la plainte déposée par Amadou Diarra.

Lundi, à l’instruction définitive du dossier, l’accusé a sans ambages, reconnu les faits et a fait son mea culpa. « Je reconnais les faits. Les quelques années passées en prison m’ont donné à réfléchir. Je regrette mes agissements qui s’expliquaient par la période difficile que j’ai eu à traverser. Honorables membres de la Cour, je compte sur votre indulgence me permettant de recouvrir ma liberté », s’est-il défendu.

Mais ces propos emprunts de pathos étaient loin de convaincre le ministère public représenté par le procureur général près la Cour d’appel, Mahamadou Boiré. Ce dernier a laissé entendre que l’accusé en reconnaissant les faits n’a fait que faciliter la tâche de la Cour. Toutefois, a-t-il chargé, « cela ne saurait être une excuse pour lui. Je plaide qu’il vous plaise M. le président de le maintenir dans les liens de la prévention ».

L’aveu étant la reine des preuves, la Cour présidée par son 1er président, Abdoulaye Issoufi Touré, a reconnu Kassoum Sissoko coupable des faits à lui reprochés et lui a infligé la peine de 6 ans de réclusion.

Mohamed Daou

L’intransigeance prônée

A l’ouverture des travaux de la 2e session ordinaire de la Cour d’assises qui comporte 70 affaires, le procureur général près la Cour d’appel a déclaré qu’ils seront intransigeants avec les fonctionnaires véreux, les enseignants et les ingénieurs en déliquescence avec la déontologie et leur serment dans l’exercice du service public, dans l’exécution des plans d’exécution de bâtiments ou ponts et chaussées, dans la transparence, dans la gestion des fonds publics, dans les examens, etc. « Nous continuerons avec fermeté la lutte contre les délinquants de grands chemins, les voleurs et casseurs qui, sous prétexte de revendications, saccagent les biens et édifices publics… » a averti M. Boiré.

M. D.

22 août 2007.