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Après 5 ans derrière les barreaux, la jeune femme a comparu le mardi 28 septembre devant les 3 magistrats et les 4 assesseurs de la cour d’assises pour être jugée d’un infanticide.

Mère de deux enfants, N. Diakité est l’épouse d’un immigré absent du pays de plus de deux ans. Une nuit, les tentations charnelles la poussent à commettre l’adultère au bord du fleuve, avec un DJ. La conséquence n’est autre qu’une une grossesse au terme de laquelle elle accouche dans les toilettes et met le nouveau-né dans la fosse septique.

Devant la cour, N. Diakité a expliqué qu’elle s’est rendue une nuit  à une soirée de balani au cours de laquelle, par hasard, un des DJ est parvenu à faire chavirer son cœur. Sans effort ! Sans perdre de temps, la même nuit, les deux amoureux de circonstance (le coup d’un soir) sont passés à l’acte sur la berge du fleuve.

À  la question du président de la cour et du ministère public, si elle connaissait le jeune DJ, N. Diakité répond qu’elle ne l’avait jamais connu et qu’elle ne le reconnaît pas. À la question de savoir ce qui l’aurait motivée à coucher avec cet inconnu et tuer le bébé. L’accusée dit avoir eu envie de faire l’amour, le coup d’un soir, avec le jeune DJ.

Découvrant qu’elle est enceinte, la jeune femme explique qu’elle a dissimulé cette grossesse aussi possible qu’elle a pu. Lorsque la grossesse est arrivée à terme, elle est rentrée dans les toilettes et a évacué le bébé dans la fosse septique lors de la délivrance.

J’ai fait cela pour m’épargner la honte” déclare N. Diakité qui pensait que sa famille n’était pas au courant de la grossesse. Juste après l’accouchement, elle sera dénoncée par la famille et arrêtée en 2016. Depuis, elle croupissait en prison.

Tout en condamnant l’acte d’adultère et d’infanticide, le ministère public dans son réquisitoire a expliqué que cette femme “ est victime du phénomène de l’immigration ». Selon lui, les hommes épousent des jeunes filles et les laissent pour emprunter le chemin de l’immigration. Certains s’en vont en laissant leur femme pendant plusieurs années. Ces femmes, souvent très jeunes, ont des tentations charnelles.

Pour sa part, l’avocat de la défense reconnaît que sa cliente a fauté, mais il a expliqué qu’elle est aussi une victime d’un phénomène social. Il a plaidé pour que soient culpabilisés les jeunes qui les mettent enceintes.

Sa cliente étant « délinquante primaire », l’avocat soutient qu’elle est récupérable et a donc plaidé pour que la peine soit légère. Après avoir reconnu sa culpabilité, mais bénéficiant de circonstances atténuantes, la cour l’a condamnée à 5 ans d’emprisonnement assorti de sursis.

Oumar Bagayoko depuis Kayes

Source: Le Wagadu