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Deux ans de réclusion pour chacune : c’est la sanction infligée par la Cour d’Assises de Bamako à quatre voleuses. les demoiselles Sitan Diarra, Ténin Guindo, Korotoumou Doumbo et Araba Diakité.

Membres d’un groupe de malfaiteurs, ces demoiselles accusées de vols qualifiés ont comparu cette semaine devant la juridiction populaire qu’est la cour d’Assises. En Application des lois du pays elles ont été condamnées après qu’elle aient été reconnue coupables des charges retenues contre elles.

Courant 2007, Sitan Diarra, Araba Diakité, Ténin Guindo et Korotoumou Doumbo se concertèrent et convinrent d’entreprendre ensemble, et de concert, à travers les marchés de Bamako et des environs, des vols d’effets d’habillement, de préférence, soit pour leur usage personnel, soit pour les écouler et se partager les bénéfices.

A cet effet, elles se rendirent au marché de Sénou en suivant un plan opérationnel apparemment bien élaboré. Dès que la cible fut désignée, en la personne de Bakari Togola, Araba Diakité se passa pour une cliente manifestement intéressée par les habits exposés. Et pendant qu’elle engageait et poursuivait un marchandage à n’en plus finir, focalisant ainsi sur elle toute l’attention du commerçant, les autres mirent à profit ces instants pour dérober et dissiper, sous leurs accoutrements choisis à dessein, quelques effets d’habillement d’une valeur de 100 000 FCFA.

Près d’un mois après ce coup perpétré en groupe, Sitan Diarra retourna seule chez le même commerçant afin d’y subtiliser d’autres habits. Interpellée, elle passa aux aveux, dénonçant par la même occasion ses complices : Ténin Guindo, Korotoumou Doumbo et Araba Diakité. Interpellées, Korotoumou et Ténin reconnurent les faits d’association de malfaiteurs, ainsi que le vol commis au préjudice de Bakary Togola ; tandis que Araba DIiakité s’évertuait à ne vouloir assumer que le vol, réfutant ceux d’association de malfaiteurs.

Pendant que les investigations se poursuivaient, les sieurs Mamadou Diarra, blanchisseur, et Aboubacar Diallo, commerçant, rapportaient aux enquêteurs avoir été respectivement victimes de vol de 14 complets confiés pour blanchissage et de 5 complets bazin, dans des circonstances similaires au cas de Bakary Togola.

Aussi, les investigations poursuivies devaient-elles conduire à l’interpellation des nommées Kady Traoré, Adama Maïga et Fatoumana Guindo, trois autres demoiselles en relations plus ou moins fréquentes avec les uns et les autres de la bande de Sitan Diarra, comme ayant pris part aux faits de vols commis aux préjudices de Mamadou Diarra et d’Aboubacar Diallo.

Toutefois, après avoir inculpé toutes les trois des mêmes chefs que les quatre premières interpellées, le Juge d’Instruction finissait par ordonner non-lieu à suivre contre elles, pour défaut de preuves, en retenant plus alors que Sitan Diarra, Korotoumou Doumbo, Araba Diakité et Ténin Guindo dans les liens de prévention pour association de malfaiteurs et vol qualifié. Par la même occasion, il soutiendra que les vols visés comme étant commis aux préjudices de Mamadou Diarra et d’Aboubacar Diallo n’étaient guère établis.

Mais le dossier de la procédure ne recèle pas d’acte de notification de l’ordonnance de clôture de l’information aux parties civiles, ni mention de l’accomplissement de cette formalité substantielle sur l’inventaire des pièces, laissant alors déduire qu’il n’en a pas été procédé du tout. D’autre part, après avoir inculpé toutes les sus-nommées d’associations de malfaiteurs et de vols, tout court, le Juge d’Instruction aura procédé à la transmission des pièces au Procureur Général, pour les suites de droit, concernant Sitan Diarra, Korotoumou Doumbo, Ténin Guindo et Araba Diakité par lui retenues dans les liens de prévention, non seulement d’association de malfaiteurs, mais aussi de vol qualifié (vol commis en bande) sans procéder à la requalification qui s’imposait préalablement.

Au regard de ces graves lacunes sus relevées, s’analysant en une violation des dispositions du Code de Procédure Pénale, il importe d’annulerpurement et simplement l’ordonnance de règlement et de statuer par évocation, pour une application conséquente de la loi. Les dénégations partielles de Araba Diakité, quant à sa participation à l’association incriminée, ne sauraient prospérer face aux déclarations tout aussi concordantes que cohérentes de ses co-inculpées Sitan, Korotoumou et Ténin.

Par ailleurs, en mettant les inculpées Kady Traoré, Fatoumata Guindo et Adame Maïga hors de cause, pour défaut de preuves (au lieu de charges simplement requises à ce stade des poursuites) après avoir enregistré des aveux faits spontanément par les mêmes à leur première comparution, et suffisamment développés, particulièrement par Kady à son interrogatoire au fond du 4 Juin 2007 relativement au vol des bazins appartenant à Aboubacar Diallo, aveux précédemment faits depuis l’enquête préliminaire par toutes, le Juge d’Instruction aura manifestement manqué de perspicacité et d’objectivité.

En effet, s’il n’est pas suffisamment établi que Kady, Fatoumata et Adame avaient effectivement pris part à la réunion de concertation tenue préalablement à l’activité criminelle entreprise, il subsiste indéniablement, dans le dossier, suffisamment de charges contre elles, quant à leur participation aux vols. D’où la libération de ces trois dernières par la Cour.



Accuse de pédophilie : Siaka Cissé purgera cinq ans de prison

Cinq ans de réclusion : c’est la sentence requise par la Cour d’Assises de Bamako contre Siaka Cissé, après son passage à la barre à l’audience du 18 Mars 2009. Accusé de pédophilie sur une demoiselle de onze ans, Siaka Cissé a sans ambages reconnues les faits devant la juridiction populaire où il a comparu.

Tous les moyens de défense utilisés par son avocat, Me Aboubacar Sidiki Diarra, n’empêchant pas l’auguste Cour de l’envoyer méditer, encore pendant cinq ans en prison, sur son acte. Depuis le 5 Juillet 2006, Siaka est sous mandat de dépôt pour les faits dont il est accusé.

De l’arrêt de renvoi de son inculpation, il ressort que dans la nuit de 28 Juin 2006, Siaka Cissé remit… 50 (cinquante) francs CFA à la demoiselle Korotoumou Mariko, alors âgée de 11 ans, pour qu’elle s’achète des bonbons.

A peine la jeune fille prit-elle le chemin que Siaka lui emboîta le pas. Il réussit à l’entraîner dans l’obscurité, à la lisière des concessions de Djicoroni-Para, lui ota ses habits et abusa sexuellement d’elle, lui causant ainsi des lésions traumatiques au niveau de la petite lèvre.

Interpellé, Siaka Cissé reconnut les faits à lui reprochés, tant à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. A l’audience pour répondre de ces faits, Siaka Cissé n’est pas allé par quatre chemins. Il soutient cependant qu’il ignorait …que la fillette était mineure, et qu’il n’eut aucune difficulté à la pénétrer.

Malgré tout, son avocat usera de toutes les ruses pour pouvoir le sortir de cette situation. Mais sa stratégie de défense restera vaine, puisque l’accusé reconnu coupable des faits a été condamné à cinq ans de réclusion criminelle. Il est sûrement en train de payer pour son crime et méditer sur son sort en prison.

Laya DIARRA

20 Mars 2009