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L’ex-percepteur de Bankass (Mopti), a été reconnu hier non coupable de la saignée financière au préjudice du trésor public par la Cour d’assises. Il est désormais libre de ses mouvements.

Mahamane Dédéou Coulibaly avait été accusé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat en détournant frauduleusement la somme d’un peu plus de 127 millions de F CFA entre 1982-1987 en sa qualité de percepteur à Bankass. Mais, c’est avec le sourire aux lèvres que l’accusé a quitté jeudi dernier la salle d’audience de la Cour d’assises qui a prononcé sa mise en liberté.

Pendant près de trois heures, il s’est expliqué devant la Cour qui s’est aperçue que Mahamane Dédéou a non seulement la mémoire fraîche, mais aussi réponse à tout. Même si quelque part, il lui a été reproché par le ministère public, représenté par Christian Diassana, et le contentieux de l’Etat de vouloir noyer le poisson dans l’eau par des termes techniques.

Toutefois, au cours de son instruction définitive à la barre, M. Coulibaly est resté constant : en contestant la véracité des faits. « Je ne reconnais pas les faits. Je n’ai jamais connu de déficit. Il y a eu 4 rapports d’inspection et aucun n’est en phase avec la réalité du trésor », s’est-il défendu. A ses dires, le pétrin dans lequel il s’est trouvé résulte d’un montage dû à l’animosité terrible qui a toujours existé entre lui et son supérieur hiérarchique.

Parlant de la situation des documents ou des bons comptables, M. Coulibaly a juré la main sur le cœur qu’ils ont été volés ou brûlés par des tierces personnes. Par ailleurs, il a reconnu que pendant son absence prolongée, la gestion de la caisse était confiée à une tierce personne.

Ce qui, de l’avis du parquet, est bien dommage et révélateur de la manière dont la caisse était gérée. « Il se déplaçait comme il veut et passait l’intérim à une tierce personne qui en faisait ce qu’il voulait. La réalité du détournement se situe au niveau des impôts versés et non perçus et l’inexistence des documents relatifs à sa gestion ».

Au finish, la Cour, présidée par Mme Kéita Lala Mariam Zouboye, a, en vertu des pouvoirs discrétionnaires qui lui sont conférés, ordonné la mise en liberté de Mahamane Dédéou Coulibaly. Il faut dire que l’affaire avait été jugée le 22 novembre 2000 par la Cour d’assises de Mopti. Mais l’arrêt rendu avait été cassé par la Cour suprême pour des raisons techniques.

Mohamed Daou

13 juillet 2007.