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Dans notre société, ils sont encore nombreux les hommes qui ne veulent pas voir leur conjointe travailler
Les épouses inactives se font de plus en plus rares. Certaines occupent une grande surface financière au sein de leur couple. Elles prennent en charge les besoins principaux de la famille voire même la totalité puisqu’ il arrive souvent que l’époux soit au chômage. L’épouse dans ces conditions assure les dépenses quotidiennes du foyer.
Notre article d’aujourd’hui traite du revers de la médaille.

En effet la plupart des maris africains, les maliens en particulier tiennent à influencer leur femmes. Ils font tout pour avoir un contrôle total sur leurs épouses dans tous les domaines. Parfois Madame a la mauvaise idée de valoir sa personnalité propre ou une autre manière de voir les choses. Alors bonjour le déséquilibre au foyer.

Monsieur s’insurge, accuse « Madame » de vouloir « s’américaniser », de perdre les valeurs de chez nous, de contrevenir aux mœurs africaines.

L’égoïsme masculin va jusqu’à nier que des « épouses chanceuses » existent. Ces femmes bénies transforment en or tout ce qu’elles touchent. Elles ont la bosse des affaires.

Leur entregent et leur compétence les font monter les échelons rapidement au service. Leurs revenus dépassent ceux du maître du foyer. Ainsi va la vie. La relation dans le couple est normalement basée sur la confiance, l’échange et le respect. Pourtant, le conjoint peut parfois culpabiliser, dévaloriser, semer la zizanie. Il cherche à manipuler son épouse parce qu’il est jaloux de la réussite de sa conjointe. Il est tout simplement égoïste.

Ces hommes égoïstes se cachent pendant longtemps sous la couverture de la jalousie amoureuse. Les sentiments des hommes égoïstes et hypocrites diffèrent. Ils ne sont pas jaloux de leur femme en tant que telle mais de sa réussite. Ils ne supportent pas de voir leurs conjointes s’épanouir financièrement. Ces époux égoïstes et ingrats mènent la vie dure à leurs épouses.

Mme D. nous révèle son calvaire. Actuellement elle ne sait à quel saint se vouer. Elle souffre du mépris que son mari manifeste à son égard.  » Je ne reconnais plus l’homme que j’ai épousé il y a quelques années. Quand je convolais avec mon ingrat de mari, il ne travaillait pas. Je faisais tout à sa place. Je lui ai donné tout ce dont il avait besoin. Je lui ai même trouvé un emploi au sein de l’entreprise où je travaille » explique avec tristesse D.

Peu de temps après son retour à l’activité, son mari a pris une seconde épouse. Ainsi la vie de la première épouse est devenue un enfer. Depuis des années son mari ne lui parle plus. Il a même oublié qu’elle se trouve à la base de sa réussite. Elle n’a jamais su pourquoi son mari l’a mise à l’écart. Elle aura la réponse quand son homme a pris une troisième épouse. La deuxième fut traitée avec autant de mépris que la première. Ce mari révélait donc son caractère d’homme égoïste ingrat et masochiste.

L’histoire pathétique de la grande soeur de K.S mérite d’être contée. La pauvre est morte de chagrin. Elle a été donnée en mariage par son père a un prétendant pauvre. Une fois le mariage consommé et après la naissance de leur garçon, l’épouse modèle a vendu tout l’or qu’elle avait reçu comme cadeau de mariage. La somme recueillie a été utilisée pour envoyer son époux en France. Dieu merci ! La chance a souri à l’émigré.

Mais le ciel s’écroula un beau jour sur la tête de la grande soeur de K.S. Elle appris au téléphone comme dans un rêve et de la bouche de son mari que leur mariage était rompu. L’époux égoïste et ingrat avait fondé en France une autre famille. Et il ne comptait plus jamais retourner au pays. Quelque mois après ce coup de fil destructeur la grande soeur de notre interlocutrice est morte de chagrin.

L’époux de Mme K. A. est égoïste. Il est technicien supérieur. Le mauvais mari s’est opposé à son premier travail sous prétexte que l’ emploi qu’elle va occuper est fait pour les hommes. Elle a été obligée de continuer ses études. Après l’obtention de son diplôme elle ne tarda à avoir un emploi de cadre « A« .

Dans la classification du travail elle était au-dessus de son mari. Elle découvrit le véritable visage de son époux.  » Il m’a jeté à la face qu’il ne voulait pas me voir travailler. Le maître des lieux ne voulait pas avoir une « rivale » à la maison » dit-elle. La brave femme a tenu bon. Mais son égoïste de mari garde toujours la mine fermée au foyer.


MARI AIGRI

Tout allait bien au sein du foyer de Mme D. B. Sy. Mais le sort va tourner pour son mari. Il a eu un problème à son travail et il fut licencié. «  Comme je travaillais j’ai pris en charge les dépenses de la maison. Je m’occupais aussi convenablement de ses parents. J’ai tout fait pour qu’il ne se sente pas diminué.  » explique notre interlocutrice. Peine perdue.

Le mari aigri a commencé à se plaindre de la provenance inconnue de l’argent de son épouse. Il estimait qu’elle gagnait énormément d’argent sans fournir d’efforts. « Il lui est arrivé de m’accuser de le tromper. Que je sors quand je veux pour rentrer tard« . Finalement l’homme tourmenté demandera à sa femme de cesser de travailler. « Je n’ai eu d’autre choix que le divorce » a- t-elle conclu.

Aujourd’hui Mme T. O. C est au bord du divorce. Elle a un mari commerçant qui gagne bien sa vie. Ils se sont mariés quand elle était encore étudiante. A la fin de ses études elle a eu la chance d’être coordinatrice dans un projet.  » En apprenant ma promotion mon mari a piqué une crise d’hystérie. Il a fulminé pendant des heures« .
« Depuis ce jour le mari a abdiqué de tous ses devoirs de chef de famille. Il ne s’est plus soucié, pendant quelques années de quoi que ce soit à la maison. La maîtresse de maison assumait tout. L’époux interdisait à sa conjointe de se plaindre parce qu’elle gagnait le double du salaire du chef de famille. » explique T. O.C.

La malheureuse n’était pas au bout de ses peines. Le jour où elle a acheté sa voiture son mari est devenu furieux. Il l’a boudée pendant un mois. Étonnée elle voulut savoir les raisons de cette réaction excessive. Le mari intolérant déclara sans gêne qu’il ne supporte pas de voir sa femme aller au travail. Il martela que tant qu’elle continuerait à travailler leur foyer ne sera jamais stable. Il a même ajouté que le principe chez lui est que son épouse n’ait jamais plus de moyens que lui. « C’est alors que j’ai compris que j’ai épousé un égocentrique, un parfait égoïste » lâche t-elle. Elle entama une procédure de divorce.

Ces dames ont eu la malchance de tomber sur des maris incompréhensibles qui ont fait de leur conjointe non pas une alliée mais une adversaire. Les misogynes de la vie conjugale sont lésion autour de nous.

Mariam A.Traoré

L’Essor du 18 avril 2008.