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Rarement le Mali (ces derniers temps) a eu deux représentants au deuxième tour dans les compétitions africaines. Cette année à un moment où notre football traverse une crise sans précédent, un bras de fer oppose le département des Sports au bureau fédéral dirigé par Salif Kéïta) nos deux représentants ont passé le cap des préliminaires.

Cet exploit est un facteur motivant pour les nôtres. Mais l’on doit savoir aussi qu’ils ne sont pas tombés sur des gros morceaux. C’est alors à travers leurs prochaines sorties que l’on pourra réellement les juger.

L’association Sportive de Bamako (ABS) qui rencontrera demain le King Faisal du Ghana est dans le ventre moux du classement. Elle vient d’enregistrer une défaite face à l’Usfas lors du match en retard de la 11e journée du championnat national.

Bref, sur le plan national elle n’épouse pas la grande forme. Mais les compétitions africaines ont leurs réalités. Notre représentant a un grand avantage de recevoir l’adversaire à domicile.

Cet avantage n’aura son pesant d’or à la 90e mn que lorsque l’ASB aura fait le plein de buts. L’idéal étant de ne pas encaisser, il reste à savoir si les coéquipiers de Boubacar Sidiké Koné dit Tory arriveront à se transcender.

Leurs atouts offensifs leur permettront de faire douter l’adversaire et de l’acculer dans ses derniers retranchements. Dommage que Ousmane Bagayoko et Mohamed sont incertains. Certes, les deux représentants maliens n’ont aucune idée de leurs adversaires.

Mais on sait quand même que les Ghanéens pratiquent un football de mouvement agrémenté de petits jeux. Quant au Stade malien de Bamako, il affrontera le Renacimento de la Guinée Equatoriale le dimanche. Aujourd’hui, le Stade se trouve dans la même situation que le Djoliba AC en 2003.

C’est-à-dire que la matière ne manque pas, mais l’utilisation rationnelle de cette matière fait défaut, surtout que Abdul Razak Karim est insensible aux arguments extérieures. Très tôt peut être de dire que le Ghanéen a montré ses limites.

Mais toujours est-il que Razak croit que tout lui est permis dans la gestion du Stade malien de Bamako. Sûrement qu’il réussira cette année sa mission, celle de qualifier l’équipe à la phase finale de la ligue des champions.

A défaut les dirigeants stadistes (à commencer par le président Mahamadou Samaké) ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes pour avoir été complaisants avec l’entraîneur Ghanéen.

Pour la rencontre du dimanche, le Stade malien de Bamako a un problème essentiel à résoudre, suppléer l’absence de Boucader Diallo (sous le coup d’un carton rouge) le pilier de la défense centrale.

La jeune révélation Youssouf Doumbia sur lequel, les Blancs pouvaient compter (pour sa rigueur et son tempérament) n’a pas été admis à l’internat.

De son côté Modibo Sow, l’autre défenseur axial est malade, mais pourra figurer sur la liste. Abdul Razak comptera sur Baba Sadio Cissé pour tenir le rôle.

Si celui-ci arrivait à combler les attentes, nul doute que l’équipe stadiste serait dans les meilleures dispositions.

Cependant, il faut espérer du Coach ghanéen qu’il fasse la meilleure combinaison dans l’entre jeu. On serait même tenté de dire que la clef du match résidera dans le comportement du milieu de terrain stadiste.

Pour ce fait Harouna Diarra, Amadou Diallo dit Docteur et Lassine Diarra et autres semblent détenir les meilleures formules pour distiller de bonnes balles à la ligne offensive.

On nous apprend que l’adversaire du Stade est une équipe physique. Après le match contre l’Africa Sports d’Abidjan, son entraîneur disait sur les antennes d’une chaîne internationale qu’il a éliminé les Ivoiriens sur le plan tactique : anéantir les deux flancs et miser sur son libéro qui devrait se charger de balancer de grandes balles.

Les camarades de Sadio Baba ont plus intérêt à baser leur jeu sur la technicité et la fluidité. Ce qui leur permettra de déstabiliser assez facilement la défense adverse.

O. Roger Sissoko

17 mars 2006.