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A l’instar de ses joueurs, le technicien malien est confiant pour cette première sortie qu’il veut à tout prix gagner pour éviter toute éventuelle pression dans la phase initiale. Pour l’ancien défenseur international et les Aiglons, l’heure de la vérité et du rachat a sonné.

«Samedi il y aura la première surprise de la Coupe du monde junior». Ces propos sont signés de l’entraîneur de la sélection nationale junior, Moussa Keïta dit Dougoutigui. Fidèle à son franc-parler et toujours optimiste, l’ancien défenseur international ajoute : «Je respecte tous mes adversaires parce qu’il n y a plus de petites équipes mais que les choses soient claires : le Mali n’est pas venu en Turquie pour faire du tourisme et il va le prouver dès samedi».

Le décor est ainsi planté pour la première sortie des Aiglons, demain face au Paraguay au stade Kamil Ocak de Gaziantep (Kamil Ocak Stadjumu en Turc). Pour leur cinquième participation à une phase finale de Coupe du monde junior, les Aiglons et leur entraîneur ambitionnent d’attendre au moins le dernier carré, comme l’avait fait la génération des Seydou Keïta, Mahamadou Dissa dit « Petit Dissa » et Adama Coulibaly en 1999 au Nigeria.

Cette année, le Mali avait réalisé la meilleure performance de son histoire en terminant troisième du Mondial, avec en prime le titre de meilleur joueur du tournoi (Ballon d’or Adidas) décerné à Seydou Keïta dit « Seydoublen ». Quatorze ans après ce beau parcours de notre pays à une phase finale de Coupe du monde junior, les Aiglons, version Moussa Keïta «Dougoutigui» rêvent de marcher sur les traces de leurs aînés et écrire une nouvelle page de l’histoire de notre football.

Pour le capitaine Boubacar Diarra et ses coéquipiers qui ont quelque peu déçu les supporters lors de la CAN-junior où ils n’ont pu faire mieux que quatrièmes, l’heure de vérité et du rachat a donc sonné. L’aventure commence dès demain et les mômes de Dougoutigui devront impérativement l’emporter face au Paraguay pour se rassurer et surtout éviter toute éventuelle pression pour la suite des événements. Comme l’a dit le coach Moussa Keïta, il n y a pas de petites équipes à ce niveau de compétition, mais le Mali pouvait-il rêver meilleur sparing partner pour commencer ce Mondial ?

D’une manière générale, il faut admettre que notre pays est logé dans une poule taillée à sa mesure d’autant que les Aiglons ont évité tous les grands favoris du tournoi que sont l’Argentine quintuple championne du monde (1995, 1997, 2001, 2005, 2007), le Brésil couronné trois fois (1993, 2003, 2011), l’Espagne (1999), le Ghana (2009) pour ne citer que ces nations. Aussi, contrairement à la plupart des poules, le groupe D ne compte aucun ancien vainqueur du Mondial.

Le Mali et le Mexique favoris

Ici en Turquie, nombre d’observateurs pensent que le Mali et le Mexique sont les deux favoris du groupe D devant le Paraguay et la Grèce. Vrai ou faux, en tout cas le calendrier semble favorable pour les deux pays qui affrontent d’abord les deux outsiders de la poule et qui ne se retrouveront que lors de la dernière journée de la phase initiale (30 juin). Ce détail est d’autant plus important pour les Aiglons qu’il y a deux pays sud-américains dans notre groupe (le Paraguay et le Mexique) et que les nôtres auront déjà un avant-goût de leur confrontation avec les Mexicains dès leur première sortie, demain contre le Paraguay.

En effet, les équipes sud-américaines ont généralement le même style de jeu (un football technique et direct basé sur la rapidité et la vivacité) et on sait également que les sélections de catégorie d’âge de ces pays sont tactiquement très disciplinées. Mais ces qualités des jeunes Sud-américains tranchent avec leur faiblesse derrière et les difficultés qu’ils éprouvent face au football africain qu’ils connaissent peu. Enrique Landaida, le coordinateur des sélections de catégorie d’âge du Paraguay assure cependant que son pays a déjà une idée de l’équipe du Mali. «Nous nous sommes procurés quelques cassettes de la dernière CAN-junior que nous avons visionnées à plusieurs reprises, révèle le technicien. Le Mali a une très bonne équipe avec de bons joueurs, mais je pense que nous pouvons gagner contre le Mali».

Le technicien ajoutera que tous les matches sont importants et que l’objectif du Paraguay est d’atteindre au moins le dernier carré. «Notre groupe est relevé, mais je suis confiant pour la qualification», conclura Enrique Landaida. Le coach Dougoutigui et ses joueurs sont donc avertis. Le Mali devra être prêt d’entrée de jeu et surtout jouer à son meilleur pour espérer damer le pion à une équipe du Paraguay qui, annonce «le Boss» (c’est le surnom d’Enrique Landaida) s’alignera au grand complet avec des joueurs comme le milieu de terrain Rojus, le défenseur Gomez, le keeper Morel et le canonnier et fer de lance de la ligne d’attaque, Gongoly.

Mais en face, les jeunes Paraguayens auront à qui parler, à l’image du capitaine et tour de contrôle de l’arrière-garde malienne, Boubacar Diarra gonflé à bloc et impatient d’entrer enfin en compétition. «Notre objectif est de gagner la coupe. Nous sommes venus pour ça et nous ferons tout pour atteindre cet objectif», lance le sociétaire du Tout Puissant Mazembé de Lubumbashi. Visiblement confiant, le jeune défenseur ajoute : «nous sommes passés à côté du sujet lors de la CAN.

Nous n’avons pas droit à l’échec ici au risque de passer à côté de l’histoire parce que nous n’aurons plus l’occasion de participer à une phase finale de Coupe du monde junior». Mercredi, la sélection nationale a effectué sa première séance d’entraînement à Gaziantep sur un petit terrain municipal situé à une vingtaine de kilomètres de l’hôtel Dedeman. La séance s’est déroulée sous les yeux de l’ensemble de la délégation malienne venue apporter son soutien aux jeunots de Dougoutigui et d’une poignée de supporters turcs. «Toutes les équipes de la poule D sont passées ici.

J’avoue que c’est le Mexique et le Mali qui m’ont impressionné», a confié une dame qui voit déjà les Aiglons au deuxième tour de cette 13è FIFA U-20 Dünya Kupasi Türkiye 2013. A l’aller comme au retour, l’atmosphère était très détendue dans le bus qui transportait les joueurs. Tout au long du trajet, la musique malienne et étrangère résonnait dans le bus, les jeunes se chamaillaient comme des gamins et certains n’hésitaient pas à esquisser des pas de danse.

Envoyé spécial S. B. TOUNKARA

Samedi 21 juin au stade Kamil Ocak 18h : Paraguay-Mali L’équipe probable des Aiglons Gardien de but : Germain Berthé. Défenseurs : Boubacar Diarra, Ousmane Keïta, Issaka Samaké, Mahamadou Traoré. Milieux de terrain : Abdoulaye Keïta, Bakary Nimaga, Samba Diallo, Tiécoro Keïta. Attaquants : Adama Niang et Hamidou Traoré.


Le Stade Kamil Ocak devrait faire le plein

Le stade Kamil Ocak qui abritera les matches du Groupe D, a été inauguré en 1974. Baptisé du nom d’un ancien ministre, ancien maire et ancien député de Gazientep, Kamil Ocak décédé en 1969, le stade a une capacité d’accueil de 16.881 places. Deux équipes se partagent le stade : Gazientep sports qui évolue en première Division turque et Gazientep Büyüksehir Belediyespor, pensionnaire de D2.

Un responsable sportif de la ville indique que deux joueurs africains évoluent actuellement avec Gazientep sports : le Camerounais Giles Binya et le Togolais Arafat Djako. Située au sud-est de la Turquie vers la frontière syrienne et à 1100km d’Istambul, Gazientep est la 6è plus grande ville de la Turquie avec ses 1,7 million d’habitants (la Turquie compte environ 75 mıllıons d’habıtants). C’est une région aride montagneuse qui rappelle un peu la ville d’Hombori chez nous. Mais ici, les populations travaillent essentiellement dans l’industrie et il n y a pratiquement pas d’agriculteurs.

Depuis plus de deux semaines, la ville grouille de monde et les supporters locaux piaffent d’impatience de découvrir les quatre équipes du groupe D. Bien entendu, le Mali est la grande attraction des supporters qui, pour la plupart, n’ont jamais eu l’occasion de côtoyer une sélection africaine.

Ainsi dans le hall de l’hôtel Dedeman, les employés et les clients guettent toujours le mouvement des Aiglons et n’hésitent pas à demander des séances photos aux jeunots de Dougoutigui. C’est vrai que le capitaine Boubacar Diarra et ses coéquipiers ne passent pas inaperçus avec leur coupe à la Balotteli. Mais plus que ce look, c’est surtout parce que les Aiglons viennent d’Afrique qu’ils sont autant sollicités par les populations locales.

S. B. T.


Trois ex-champions sur la liste de départ

Après des mois d’attente et de préparation, le grand moment est enfin arrivé : à partir d’aujourd’hui, les stars de demain ont rendez-vous avec l’histoire. La Coupe du monde U-20, Turquie 2013 sera l’occasion d’exposer leur talent sur la scène mondiale. Les participants peuvent s’attendre à une réception extrêmement chaleureuse, d’autant que cette première journée de compétition réserve quelques affiches particulièrement alléchantes. Les regards se tourneront tout d’abord vers la ville de Kayseri, où aura lieu la cérémonie d’ouverture.

Ce spectacle très attendu marquera véritablement le début des festivités. Après cette mise en bouche, deux rencontres se dérouleront simultanément à Kayseri et Istanbul. Les favoris auront certainement à cœur de prendre le meilleur départ possible. À ce titre, les performances du Ghana, du Portugal et de l’Espagne, trois anciens lauréats de l’épreuve, seront suivies de près. Yordan Santa Cruz, attaquant de Cuba, et Shane O’Neill, défenseur desEtats-Unis-Unis, sont suspendus pour un match, les suspensions infligées en qualifications restant valables en phase finale.

En remportant la Coupe du monde U-20 de la FIFA, Égypte 2009, le Ghana s’est forgé un statut de poids lourd dans cette catégorie d’âge. Les Black Satellites nourrissent donc de sérieuses ambitions à leur arrivée en Turquie. La première rencontre au programme du Groupe A permettra peut-être d’en savoir plus sur le niveau de cette nouvelle génération. En effet, les joueurs de Sellas Tetteh se mesureront d’entrée à la France, qui figure elle aussi parmi les favoris. Les deux équipes allient une technique irréprochable à d’évidentes qualités physiques.

Le duel entre les Ghanéens et les Bleuets, emmenés par le Turinois Paul Pogba, s’annonce passionnant. En outre, les sélectionneurs disposent chacun d’un effectif au grand complet. Compte tenu de la présence de l’Espagne dans ce groupe, une défaite placerait la France ou le Ghana dans une situation extrêmement difficile. Les acteurs vont donc sans doute tout faire pour s’épargner une confrontation à quitte ou double face à la Rojita. Le Ghana n’a encore jamais perdu en phase de groupes de la Coupe du monde U-20.

En cinq participations, les Black Satellites ont accumulé neuf victoires et six nuls. Les rôles sont clairement établis dans l’autre match au programme du Groupe A : l’outsider américain tentera de mettre des bâtons dans les roues du favori espagnol. Pour ce faire, les États-Unis pourront compter sur l’expérience de quelques internationaux qui évoluent déjà chez les professionnels au Mexique.

Toutefois, les Stars and Stripes n’auront pas la partie facile face à une sélection ibérique encore auréolée de son titre de championne d’Europe U-19, et Tab Ramos a tracé une ligne de conduite claire : « Il est important de bien débuter, même si nous trouvons l’Espagne en face de nous », confiait récemment le sélectionneur américain. La première affiche à Kayseri sera l’occasion pour le public turc d’assister aux premiers pas de Cuba dans cette compétition.

Les jeunes insulaires n’ont rien à perdre mais ils n’entendent pas se contenter d’un rôle de faire-valoir face à la République de Corée. Les Asiatiques espèrent rester invaincus pour la deuxième fois de leur histoire en phase de groupes de la Coupe du monde U-20. En 1993, les Sud-Coréens avaient aligné trois nuls de suite, ce qui ne leur avait pas suffi pour accéder à la suite de la compétition. Un succès face à Cuba serait déjà un premier pas dans la bonne direction.

La deuxième rencontre opposera le Portugal à un Nigeria qui se présente comme l’une des possibles révélations du tournoi. En l’absence du Brésil et de l’Argentine, les Lusitaniens possèdent le palmarès le plus relevé de cette édition 2013. Ils comptent en effet deux titres mondiaux, une deuxième et une troisième places.

De leur côté, les Flying Eagles attendent beaucoup d’Aminu Umar. Auteur de quatre réalisations, l’attaquant de 18 ans a terminé en tête du classement des buteurs de la CAN juniors, que le Nigeria a bouclée en troisième position.

Posté par La Rédaction le 21 juin 2013

Essor du 21 Juin 2013