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L’équipe qui empochera les trois points aujourd’hui, sera quasiment assurée de disputer le deuxième tour du tournoi

S’il y a une équipe qui constitue une énigme parmi les quatre sélections basées à Gaziantep, c’est bien la Grèce. Depuis leur arrivée à l’hôtel Dedeman, les juniors grecs restent discrets et on ne les voit pratiquement jamais sur les balcons ou dans le hall de l’hôtel. Est-ce pour mieux se concentrer sur le sujet que la sélection grecque a choisi de se replier sur elle-même ? L’hypothèse est plausible quand on sait que c’est la première fois que ce pays participe à une phase finale de Coupe du monde junior.

En tout cas le sélectionneur grec, Kostas Tsanas lui ne se fait pas discret. Tous les matins, on le voit dans le hall de l’hôtel et le technicien ne se fait pas prier pour parler de son équipe. «Contre le Mexique, nous avons montré au monde entier que nous avons une belle équipe capable de rivaliser avec l’élite mondiale, se réjouit Kostas Tsanas. Notre ambition est de continuer sur cette lancée et franchir au moins le premier tour».

Mais malgré la belle victoire contre les champions en titre de la CONCACAF, le sélectionneur grec reste prudent et se méfie beaucoup des Aiglons. «Contre le Mali, ce sera une autre paire de manche. Je m’attend à un match plus difficile parce que le Mali a une très bonne équipe», dira le technicien. «Le Mali, poursuivra Kostas Tsanas, a de bons joueurs qui ont tenu tête au Ghana et au Nigeria lors de la CAN. Nous avons vu le Mali pendant cette compétition et samedi dernier contre le Paraguay. Nous respectons beaucoup cette équipe».

Le sélectionneur grec respecte les Aiglons, mais martèle à qui veut l’entendre que son objectif est de prendre les trois points synonymes de qualification pour les huitièmes de finale. «On veut gagner les trois matches de groupe et on jouera pour la victoire contre le Mali», annonce le technicien gonflé à bloc après le succès inattendu de ses joueurs lors de la première journée.

Contre les Mexicains, samedi dernier, les juniors grecs ont été dominés de la tête et des épaules par leurs adversaires, mais au finish, ils se sont imposés 2-1 grâce à une réalisation de l’attaquant Dimitrios Kolovos en toute fin de rencontre (88è min). Le milieu de terrain Andreas Bouchalakis avait ouvert le score pour la Grèce (16è min) avant que le meilleur joueur de la dernière Coupe du monde des cadets, Jose Espericueta ne remette les pendules à l’heure pour le Mexique d’un magnifique coup franc des 25 mètres (40è min).

Par la suite, les champions en titre de la CONCACAF vont se créer un nombre incalculable d’occasions avant d’être poignardés dans le dos par Dimitrios Kolovos. Les statistiques sont éloquentes : 20 tirs dont 10 cadrés, contre 9 dont 7 cadrés pour les Grecs pour une possession de balle évaluée à 60% en faveur des Mexicains.

Ces statistiques montrent que la sélection grecque a été moins entreprenante pour sa première sortie que les Aiglons qui ont tiré 13 fois au but contre le Paraguay dont 6 tirs cadrés. Mais on ne cessera jamais de le dire, les statistiques sont faites pour être battues et chaque match a ses vérités. Contre le Paraguay, le sélectionneur national, Moussa Keïta dit Dougoutigui a choisi de laisser l’initiative du jeu à l’adversaire en demandant à ses joueurs de jouer bas et procéder par des contres.

La stratégie n’a pas permis aux Aiglons d’atteindre leur objectif qui était la victoire, mais l’équipe a obtenu le nul (1-1). Aujourd’hui, faudra-t-il reconduire le même système face aux néophytes grecs dont le style de jeu est différent de celui des Sud Américains ? Seul le coach Dougoutigui peut répondre à cette question, mais à priori, on imagine mal le technicien maintenir son 4-5-1 qui a montré ses limites face au Paraguay.

Le réaménagement tactique est d’autant plus nécessaire que les Aiglons ont besoin de points et que le potentiel technique des Grecs est théoriquement inférieur à celui des deux sélections sud américaines, à savoir le Paraguay et le Mexique.

Le Mali ne peut se permettre de laisser l’initiative du jeu aux Grecs; au contraire les Aiglons sont obligés de jouer plus offensifs pour cette deuxième journée qui s’annonce décisive dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale. L’enjeu de ce match est d’autant plus important que l’équipe qui empochera les trois points de la victoire, sera quasiment assurée de disputer le deuxième tour (il faut rappeler qu’en plus des deux premiers de chaque groupe, les quatre meilleurs troisièmes seront également qualifiés pour les huitièmes de finale).

Et détail important, ce match Mali-Grèce se disputera en deuxième heure après la confrontation entre le Mexique et le Paraguay. Autrement dit, Maliens et Grecs connaîtront le résultat du premier match avant de monter sur la pelouse du stade Kamil Ocak.

Un match décisif

Selon toute vraisemblance, le milieu de terrain Bakary Nimaga sera titularisé cette fois par le coach Dougoutigui qui avait préféré Abdoulaye Keïta à l’ancien joueur du Stade malien lors de la première journée. Intégré en deuxième période contre le Paraguay (50è min), le joueur du F. K. Skenderbeu d’Albanie a fait forte impression par sa présence physique et sa maîtrise technique et tout laisse penser que Bakary Nimaga fera partie du onze de départ, aujourd’hui contre la Grèce. Mais pour le sélectionneur national, il serait hâtif de porter des jugements après le premier match.

Et pour cause, explique Dougoutigui, les joueurs sont généralement sous pression pour leur première sortie et jouent crispés. «Ils (les joueurs, ndlr) ne se libèrent qu’après la première journée de compétition», ajoute le technicien malien qui refuse de distribuer des points après le nul concédé face aux Paraguayens.

«Globalement, je suis satisfais de la prestation de l’équipe, mais cela ne signifie pas que tout le monde s’est bien comporté. Il y a eu quelques problèmes sur le plan défensif et offensif qu’il faudra corriger lors du deuxième match», se contente de dire Dougoutigui.

Le sélectionneur national considère ce deuxième match contre la Grèce comme le plus important de la phase initiale, «une mini-finale», dit-il. «Nous devons impérativement gagner pour préserver toutes nos chances de qualification en huitièmes de finale. Pour moi, c’est le match le plus important», insiste le technicien qui pourra compter sur un groupe au grand complet, l’infirmerie étant vide. Seul petit souci pour les Aiglons, les trois cartons reçus lors de la première journée par le capitaine Boubacar Diarra et les deux milieux de terrain Samba Diallo et Abdoulaye Keïta.

Envoyé spécial

S. B. TOUNKARA

Essor du 25 Juin 2013