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Ambassadeur de la Coupe du monde 2014 en son pays, le meilleur joueur de l’Histoire concentre les rancoeurs des Brésiliens. Mais peut-il en être autrement ?

C’est peut-être le plus parfait symbole de l’ombre qui est tombée sur «O Rei» depuis quelques mois. Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, plus grand footballeur de l’Histoire du haut de ses 1.281 buts et trois titres de champion de monde en 1958, 1962 et 1970 –deux records peut-être gravés pour l’éternité– n’aura finalement pas de statue érigée à sa gloire devant le mythique stade du Maracanã, où se jouera la finale de la Coupe du monde 2014. «L’inauguration a d’abord été repoussée à mars 2014 car Pelé venait de se faire opérer de la hanche», confiait l’artiste, le sculpteur brésilien Ique, le 22 mai. «Puis, en mars, la secrétaire d’État aux Sports qui avait commandé le projet a quitté son poste.

Depuis, silence radio.» Rien à voir donc, en apparence, avec les critiques virulentes lancées envers Pelé au Brésil depuis un peu plus d’un an, mais aucune statue –même à l’état de projet– n’est indéboulonnable. Pour avoir vivement critiqué les manifestations contre le coût du Mondial et le gaspillage de l’argent public brésilien dans les stades construits ou rénovés pour l’occasion, Pelé est l’une des cibles principales des opposants à la Coupe du monde au Brésil. Un désamour qui a débuté en juin 2013, lors de la dernière Coupe des confédérations, sorte de mini-répétition de la Coupe du monde organisée par le pays hôte de celle-ci un an avant. «Une fois encore, je veux demander aux Brésiliens de ne pas se tromper», clamait à l’époque l’ancien attaquant de Santos alors que les manifestations atteignaient leur paroxysme.

«Nous allons oublier toute cette confusion qui règne dans le pays, toutes ces manifestations, et nous dire que l’équipe du Brésil incarne notre pays.» Plus récemment, le 7 avril, Pelé a encore dérapé en déclarant, quelques jours après la mort d’un ouvrier sur le chantier –très en retard– du stade de São Paulo: «C’est un accident, ce sont des choses qui arrivent dans la vie.

Je ne crois pas qu’il faille s’inquiéter.» Sans doute conscient de la virulence des critiques à son encontre, «O Rei» a tout récemment adouci ses propos dans une interview donnée au quotidien allemand Bild. «Je comprends les manifestations des Brésiliens à partir du moment où elles sont pacifiques», a-t-il déclaré, tout en soulignant dans le même temps que «la corruption politique et le football n’ont aucun rapport», en réponse aux accusations de corruption contre la Fifa.

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Suisse : Des chercheurs annoncent le sacre de l’ ’Espagne

Les jeux sont faits, selon une étude de statisticiens du football : la Coupe du monde s’achèvera par un nouveau sacre de l’Espagne, qui empochera sa deuxième étoile consécutive en battant en finale le Brésil. C’est en tout cas le pronostic des chercheurs de l’Observatoire du football de Neuchâtel, en Suisse, qui dissèquent le milieu du ballon rond sous toutes les coutures depuis une dizaine d’années et qui ont évalué le potentiel des 32 équipes à partir de différents indicateurs qu’ils ont comparées aux quatre derniers finalistes de la Coupe du monde.

Les chercheurs ont pris en compte les matches et les buts marqués en championnat durant la carrière de chaque joueur, ainsi que ces deux dernières années, tout comme les matches disputés en sélection nationale et au Mondial. A partir de ce modèle, ils ont déterminé que le Brésil, la Croatie, l’Espagne, les Pays-Bas, le Japon, la Colombie, l’Angleterre, l’Italie, la France, l’Equateur, l’Argentine, le Nigéria, le Portugal, l’Allemagne, la Belgique et la Russie se qualifieraient pour les huitièmes de finale.

Selon le scénario ainsi établi, le Brésil éliminerait les Pays-Bas, puis l’Italie en quarts, et la France en demi-finales pour trouver en finale l’Espagne, qui de son côté se serait défait tour à tour de la Croatie, de l’Angleterre et de l’Argentine. Dans la petite finale, les Argentins battraient les Français.

Essor du 13 Juin 2014