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Face au Rwanda et au Bénin, la sélection nationale a raté une bonne occasion d’écrire une nouvelle page de son histoire

Les Aigles ne participeront pas à la Coupe du monde 2014. Les nôtres ont été éliminés après leur match nul (2-2) contre les Ecureuils du Bénin, dimanche au stade du 26 Mars. C’est une grosse déception pour les supporters maliens qui rêvaient d’une participation de notre pays à son premier Mondial en 2014 au pays du roi Pelé. Mais cette élimination des Aigles constitue-t-elle une surprise quand on sait que les nôtres avaient déjà trébuché face au petit poucet du groupe, le Rwanda lors de la quatrième journée des éliminatoires ?

A dire vrai, sur les deux derniers matches, les Aigles n’ont pas montré grand-chose et le capitaine Seydou Keïta et ses coéquipiers l’ont payé cash face au Rwanda et au Bénin. Pourtant, jusqu’à ces deux matches des éliminatoires du Mondial 2014 le football malien était sur la pente ascendante. Deux fois troisième d’Afrique en 2012 et 2013, des participations régulières du Stade malien et du Djoliba à la phase de poules de la coupe de la Confédération sont autant de performances qui ont permis à notre pays de se hisser à la 23è place du classement mondial FIFA derrière…le Brésil.

Le rêve était donc permis pour Brésil 2014. Malheureusement, la sélection nationale a raté le coche et le Mali ne participera pas l’année prochaine à son premier Mondial. Pourtant les Aigles étaient sur la bonne voie jusqu’à ces deux matches nuls qui ont eu des allures de défaites contre le Rwanda (1-1) et le Bénin (2-2). En l’espace d’une semaine, tout s’est écroulé pour les Aigles. Comme quoi en football, tout peut aller vite. Pour les Aigles, il faut maintenant tourner la page du Mondial et se remettre au travail dans la perspective de la CAN 2015.

Pour revenir au match de dimanche contre les Écureuils, l’équipe nationale a montré deux vissages. En première période, le capitaine Seydou Keïta et ses coéquipiers sont complètement passés à côté du sujet, mais au retour des vestiaires, l’E. N. s’est quelque peu ressaisie. Dans ce match, la victoire était impérative pour les nôtres puisqu’avant le coup d’envoi les Aigles avaient cinq points de retard sur le leader du groupe, l’Algérie qui est allée s’imposer 1-0 au Rwanda. Les Aigles devaient donc gagner pour réduire l’écart avec les Fennecs et aller jouer la finale du groupe à Blida au mois de septembre. Pour le onze de départ, le sélectionneur Amadou Diallo dit Pathé a fait quatre changements par rapport à la rencontre contre le Rwanda.

Le portier Mamadou Samassa, l’arrière droit Ousmane Coulibaly, le milieu récupérateur Yacouba Sylla et Mana Dembélé sont intégrés à la place de Soumaïla Diakité, Fousseyni Diawara, Samba Sow et Sigamary Diarra. Les deux techniciens ont opté pour le 4-4-2. La rencontre était ouverte. Les Béninois feront un match héroïque bien qu’ils étaient mathématiquement éliminés. Manquant de percussion devant l’équipe malienne était incapable de stopper le quatuor béninois composé de Jodel Harold O. Dossou, Stéphane Sessegnon, Razak Omotoyossi et Rudy Philippe M. C. Gestede.

Face à une défense malienne complètement hors coup, Jodel Harold O. Dossou s’est promené comme dans son jardin. Intenable sur le côté droit, l’ailier béninois voit sa première tentative repousser par Mamadou Samassa (2è min) puis une seconde qui sera repoussée en corner par la défense des Aigles (5è min).

Quelques minutes plus tard, Jodel Harold O. Dossou sert Stéphane Sessegnon dans la surface. Le capitaine béninois reprend le cuir d’une demi-volée anodine mais qui surprend Mamadou Samassa coupable d’une faute de main, (8è min, 1-0). A défaut d’agir, les Aigles réagissent. Mahamadou Samassa voit sa tête survoler la barre transversale suite à un centre de Seydou Keïta, (11è min). Les nôtres reviendront dans la partie suite à un penalty. Après un une-deux avec Tongo Hamed Doumbia, Abdou Traoré est faussé dans la surface par Fousseni Lazadi (13è min). Mahamadou Samassa exécute la sentence et permet aux Aigles de faire la jonction (1-1, 14è min). Blessé, Abdou Traoré cède sa place à Cheick Tidiane Diabaté peu avant la demi-heure (26è min).

A son apparition sur la pelouse, l’attaquant bordelais recevra un long standing ovation mais passera une bonne dizaine de minutes avant de toucher son premier ballon. Les Béninois doubleront la mise peu après la demi-heure grâce à Razak Omotoyossi. L’attaquant béninois s’est déjoué de la défense malienne avant de marquer, (2-1, 32è min). En 2è période les Aigles reviennent avec un autre visage. Seydou Keïta est repositionné au milieu et Mahamadou Samassa est associé à Cheick Tidiane Diabaté à la pointe de l’attaque. Les nôtres reprennent le jeu en main et se créent des occasions. Servi par Mahamadou Samassa, Cheick Tidiane Diabaté voit son tir bloquer en deux temps par le portier adverse, Saturnin Allagbé Kassifa, (46è min).

Quelques minutes plus tard Mahamadou Samassa trébuche à la réception d’une longue balle de Seydou Keïta, (54è min). A la 62è minute, Mahamadou Samassa sert Mana Dembélé qui fait à son tour une passe en retrait dans la surface. Malheureusement Cheick Tidiane Diabaté ne peut pousser le cuir dans les vides. A force d’insister, les Aigles finissent par être récompensés. Yacouba Sylla fait une longue transversale pour Mana Dembélé qui contrôle le cuir et centre dans la surface. Mahamadou Samassa remet le ballon de la poitrine à Cheick Tidiane Diabaté qui trompe le gardien béninois, (70è min, 2-2). L’attaquant des Aigles vient de marquer son premier but en 2013 avec les Aigles et son 3è lors des 11 dernières sorties de la sélection nationale.

Après cette égalisation, les Aigles appuient sur l’accélérateur. Cheick Fanta Mady Diarra voit sa tentative repousser par un défenseur béninois, alors que le portier était battu (73è min). Une minute plus tard, le même Cheick Fanta Mady Diarra tire dans les mains du portier adverse, (74è min). Dans les 10 dernières minutes les Aigles poussent, poussent, mais ne parviennent pas à marquer ce troisième but libérateur. Le Mali est donc éliminé de la compétition et le dernier match contre l’Algérie ne sera qu’une simple formalité pour les Fennecs. Avec déjà 12 points au compteur, l’Algérie ne peut plus être rattrapé par les Aigles (8 unités) encore moins le Bénin (5 points). Le Rwanda (2 points) était déjà out avant cette cinquième journée. C’est donc l’Algérie qui se qualifie pour le 3è et dernier tour des éliminatoires.

L. M. DIABY


Dimanche 16 juin au stade du 26 Mars Mali-Bénin : 2-2 Buts de Mahamadou Samassa (14è min, s.p.) et Cheick Tidiane Diabaté (70è min) ; Stephane Sessegnon (8è min) et Razak Omotoyossi (32è min). Arbitrage du Marocain El Ahrach Bouchaib assisté de ses compatriotes Mabrouk Youssef et Rouani Bouazza. Mali : Mamadou Samassa, Adama Tamboura, Ousmane Coulibaly, Adama Coulibaly, Mahamadou N’Diaye, Yacouba Sylla, Tongo Hamed Doumbia (Cheick Fanta Mady Diarra), Abdou Traoré (Cheick Tidiane Diabaté), Mana Dembélé (Sigamary Diarra), Seydou Keïta (cap), Mahamadou Samassa. Entraîneur : Amadou Diallo. Bénin : Saturnin Allagbé Kassifa, Emmanuel Philippe Imorou, Lazadi Fousseni, Junior Salomon (Biaou Oscar Alou), Jordan Souleyman Adeoti, Djiman Waidi Koukou, Seidah Siriki Konabé Tchomogo, Jodel Harold O. Dossou (Jean Louis Pascal Angan), Stephane Sessegnon, Razak Adeshina Omotoyossi, Rudy Phillippe M. C. Gestede (Mohamed Aoudou).

Entraîneur : Oumar Thiomogo.


Seydou Keïta : En ma qualité de capitaine, je présente mes excuses au peuple Malien

Le Mali n’avait pas d’autre solution que de gagner son match dimanche à Bamako contre le Bénin pour préserver ses chances de qualification. Deuxième du Groupe H, avant le coup d’envoi du match avec deux points de retard sur l’Algérie qui se déplaçait au Rwanda, déjà éliminé, le Mali était condamné à gagner pour préserver intactes ses chances de qualification.

Le sélectionneur Amadou Pathé Diallo et ses poulains étaient parfaitement conscients de l’enjeu. Mais une fois de plus, les nôtres sont passés à côté du sujet. Qu’est-ce qui explique l’échec des Aigles contre le Rwanda et le Bénin ? Pour le capitaine Seydou Keïta, ce sont d’abord les joueurs qui sont responsables de cette élimination. «C’est nous (les joueurs, ndlr) qui sommes les premiers fautifs parce qu’on a pas pu donner le maximum de nous même sur le terrain et on n’a pas aussi répondu à l’appel des supporters maliens.

En ma qualité de capitaine, je voudrais présenter mes excuses au peuple malien», martèlera l’ancien joueur du Barça. «Mais il ne faut pas aussi oublier que beaucoup de choses se passent dans le football malien qui n’aident pas l’équipe. Je pense que cette élimination doit servir de leçon et nous permettre de corriger les erreurs.

Aujourd’hui j’ai 33 ans et je joue avec la sélection nationale depuis plus de 10 ans mais il y’a eu des choses ces dernières années qui ne sont pas normales. Les responsables, les joueurs, les supporters veulent tous des résultats mais ils oublient qu’en football le résultat est le fruit du travail. Pour moi, on ne travaille pas et on veut avoir des résultats. Quand je dis que beaucoup de choses se sont passées, ce sont ces querelles de personnes qu’on voit pratiquement à chaque regroupement. Je crois qu’il faut un vrai changement pour faire avancer le football malien».

Visiblement déçu de l’élimination des Aigles, Seydoublen enfonce le clou. «Quand on prend notre football tout le monde dit que ça ne va pas mais personne ne propose une solution. Moi je suis sûr que moins de la moitié des Maliens soutiennent aujourd’hui le football. Il y’a des gens qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts.

Le Mali n’a pas d’équipe fixe; on a l’impression que l’équipe nationale est un centre de formation. Les gens pensent que les joueurs sont les seuls responsables des multiples échecs, mais tout le monde est fautif». Les joueurs ont-ils décidé de rompre le silence ? Il est encore tôt de le dire, mais une chose est sûre le capitaine Seydou Keïta n’est pas le seul qui réclame des changements.

D. COULIBALY

L’Essor du 18 Juin 2013