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Pour cette journée inaugurale des éliminatoires, la sélection nationale sera privée des services de huit joueurs dont le capitaine Cédric Kanté

jpg_une-782.jpgLe 2è tour des éliminatoires de la Coupe du monde, Brésil 2014 débute aujourd’hui. Mais c’est dimanche que les Aigles entrent en lice face aux Ecureuils du Bénin que les nôtres affronteront au stade de l’Amitié de Cotonou. Troisième de la dernière Coupe d’Afrique des nations, l’Equipe nationale sera privée des services de 8 joueurs qui ont déclaré forfait pour diverses raisons.

Il s’agit du capitaine Cédric Kanté, d’Ousmane Coulibaly, de Samba Diakité, de Bakaye Traoré, de Sidy Koné, de Souleymane Keïta, de Moustapha Yattabaré et de Gara Dembélé. Pour palier l’absence de ces éléments, le sélectionneur national a fait appel à 6 joueurs qui n’étaient pas à la CAN au Gabon et en Guinée Equatoriale. Ces joueurs ont pour nom : Kalilou M. Traoré, Mamadou Samassa, Tongo Hamed Doumbia, Drissa Traoré, Ismaïla Diarra et Boubacar Bangoura. Si les trois premiers évoluent hors du pays, Drissa Traoré, Ismaïla Diarra et Boubacar Bangoura eux, sont issus du championnat national. Ces trois joueurs portent donc à six le nombre de joueurs locaux retenus pour ces deux premiers matches des Aigles (les deux gardiens de but Soumbleyla Diakité du Stade malien et Almamy Sogoba du Réal, le milieu récupérateur du Djoliba Drissa Traoré, son coéquipier Boubacar Bangoura et l’attaquant du COB, Ismaïla Diarra).

L’absence de Bakaye Traoré et de Samba Diakité risque de peser sur l’équipe même si l’entraîneur Amadou Diallo dispose de 4 milieux de terrain dans son effectif. Toutefois, la composition du onze de départ dépendra de la philosophie de jeu de Vieux Diallo et de l’objectif que s’est fixé le technicien. Le coach va-t-il opter pour la prudence pour ce premier grand rendez-vous ou jouer la carte de l’offensive ? Bien malin est celui qui pourra répondre à cette question, surtout avec l’absence des éléments cités plus haut. Mais pour le onze de départ, on peut penser que Soumbeyla Diakité gardera les buts et que l’arrière-garde sera composée de quatre joueurs : Abdoulaye Aziz Maïga, Ousmane Berthé, Drissa Diakité et Adama Tamboura. Au milieu de terrain, le capitaine Seydou Keïta sera probablement épaulé par le revenant Kalilou M. Traoré, Abdou Traoré et Samba Sow, tandis que la ligne d’attaque sera animée par Cheik Tidiane Diabaté et Modibo Maïga. Mais quel que soit le dispositif mis en place par le coach Vieux Pathé Diallo, la tâche ne sera pas facile pour les Aigles face à des Béninois qui ont à cœur de se racheter de leur élimination de la dernière CAN.

Le Bénin est passé à côté du sujet lors de la CAN Gabon-Guinée Equatoriale 2012 et les Ecureuils ambitionnent d’effacer cette déception en réalisant un parcours honorable au Mondial. Razack Omotoyossi et ses partenaires ont sereinement préparé cette rencontre en faisant match nul 2-2 contre les Etalons et les Ecureuils attendent les Aigles de pied ferme. Le groupe du sélectionneur Manuel Amoros affiche complet et sera conduit par le joueur de Sunderland, Stéphane Sessegnon. Très populaire dans son pays, Stéphane Sessegnon se présente comme le plus grand danger pour la sélection nationale même si l’international béninois joue souvent par intermittence.

Envoyés spéciaux

L. M. DIABY

A. Sissoko

Dimanche 3 juin au stade de l’Amitié de Cotonou

15h : Bénin-Mali


GRANDE MOBILISATION DES MALIENS DU BENIN

Seydou Keïta et ses partenaires affrontent les Ecureuils pour leur premier match des éliminatoires de la Coupe du monde 2014. Depuis plusieurs semaines, la colonie malienne du Bénin est mobilisée pour réserver un accueil chaleureux à la sélection nationale.

Comme lors des précédents voyages des Aigles à Cotonou, nos compatriotes ont mis en place une commission d’organisation chargée de l’accueil et de l’hébergement de la délégation malienne. Rien n’a été négligé par les supporters. Des banderoles et des tee-shirts ont été confectionnés et sur l’une des banderoles on peut lire : « Conjuguons nos efforts derrière notre pays comme derrière notre équipe nationale pour montrer au monde entier que le Mali peut plier mais ne rompt pas ». Mais si nos compatriotes du Bénin sont mobilisés, il faut admettre qu’ils restent réservés sur les chances des Aigles de damer le pion aux Ecureuils. Nombre de personnes interrogées ne comprennent toujours pas les raisons du départ d’Alain Giresse et doutent de la capacité de Vieux Diallo à conduire l’équipe vers la victoire.

« Est-ce que Vieux Diallo est capable de diriger cette équipe, surtout face au Bénin qui a toujours joué un football engagé contre le Mali, se demande Baba Diallo, avant d’ajouter que de toute façon, « nous viendrons au stade pour supporter la sélection nationale ». Pour le président des Maliens du Bénin, « c’est aux joueurs de prouver qu’ils ont envie de jouer et d’avoir les trois points ». « Nous avons mobilisé les jeunes qui vont sortir massivement pour accueillir les Aigles à l’aéroport. Le dernier match des Aigles à Cotonou, nous avons été déçus. Tous nos bus ont été saccagés. Malgré tout nous ne sommes pas découragés et nous resterons toujours unis derrière notre équipe nationale », ajoutera Baba Diallo. Ce dernier se souvent encore que les deux derniers Bénin-Mali s’étaient soldés par des résultats nuls plutôt décevants pour les Aigles. Les Béninois sont confiants pour cette rencontre, mais une chose est sûre, dira le président Baba Diallo, « le soutien ne fera pas défaut aux Aigles, dimanche au stade de l’Amitié de Cotonou ».

« Le Bénin n’a jamais battu le Mali. Il ne faut pas que ça commence par ce match. Nous allons chauffer les tribunes », conclura notre interlocuteur. Pour Moussa Diallo, un autre supporter malien, il faut faire en sorte que les Aigles ne se sentent pas loin de leur public. « Notre objectif est de faire du bruit comme si le match se jouait au stade du 26 Mars », renchérira notre interlocuteur, avant d’indiquer que comme lors des précédents Bénin-Mali, des supporters viendront également du Nigeria et du Togo voisins pour épauler les Maliens du Bénin. Curieusement, les supporters locaux ne semblent pas très mobilisés pour cette confrontation entre Ecureuils et Aigles. Du moins dans la ville de Cotonou où les habitants ne parlent presque pas du match. « J’ai une famille à nourrir. Je dois chercher de l’argent pour mes enfants. Je n’ai pas le temps pour aller au stade », dira un conducteur de taxi-moto rencontré à la gare. Pour cet autre habitant, les supporters sont découragés, non pas à cause des résultats mi-figue mi-raisin de la sélection nationale, mais à cause des querelles de personnes au sein de la Fédération béninoise de football (FBF).

« Les querelles internes au niveau de la fédération nous ont découragés. Sinon, nous avons une bonne équipe. Ce sont les Ecureuils nouvelle version. L’équipe compte des jeunes et des nouvelles têtes. Nous faisons confiance à notre équipe, mais pas à la fédération », a ainsi martelé un supporter. Edison lui aussi est confiant pour le match de dimanche, mais reste prudent : « Je suis Béninois, j’invite les supporters à sortir dimanche pour supporter les Ecureuils. Notre objectif est la victoire, mais le Mali a une bonne équipe et il faut attendre dimanche pour savoir qui va gagner », dira-t-il, avant d’ajouter que la faible mobilisation des supporters s’explique par le manque de moyens.

L. M. D. A. S.


UN VRAI MARATHON !

Les éliminatoires ont débuté sur le continent depuis le 11 novembre 2011 et elles se poursuivront jusqu’au 19 novembre 2013. Au total, 52 pays participent à la compétition. Les éliminatoires ont commencé avec le premier tour qui a mis aux prises les 24 pays les moins classés qui se sont affrontés en éliminatoires directes.

Parmi ces 24, 2 pays ont déjà joué une Coupe du monde (la RD Congo et le Togo). A l’issue de ces éliminatoires, 12 pays se sont qualifiés et ont rejoint les 28 autres exemptés pour le second tour, soit 40 sélections nationales qui ont été reparties en 10 groupes de 4. Ce second tour débute aujourd’hui et se poursuivra jusqu’en septembre 2013. Il se déroulera comme un championnat aller-retour étalé sur 6 journées. A la dernière phase des éliminatoires, après tirage au sort, les dix vainqueurs de groupe du deuxième tour s’affrontent en éliminatoire directe en aller-retour. Les cinq vainqueurs de ces confrontations seront qualifiés pour la Coupe du monde qui se déroulera en 2014 au Brésil.

Avant d’arriver là, les 40 équipes toujours engagées dans la compétition doivent franchir la phase de groupe en totalisant plus de points que les trois adversaires. Le marathon de 120 matches commence aujourd’hui. L’ampleur de la tâche est grande pour les candidats à une place au Mondial brésilien. Le principe fondamental pour chaque équipe voulant aller au bout, c’est de gagner ses trois matches à domicile et d’aller prendre trois ou quatre points minimum à l’extérieur. Surtout il importe de se méfier de la division, à l’intérieur de chaque groupe, entre équipe fortes et équipes moins fortes. Aujourd’hui tout le monde peut battre tout le monde et il n’existe plus de bastion infranchissable. A regarder attentivement, le groupe A sera probablement un duel entre l’Afrique du Sud et son voisin botswanais.

Le pari n’est pas gagné d’avance pour la Tunisie dans le groupe B avec la Guinée Equatoriale, le Cap Vert et la Sierra Leone. Le groupe C qui réunit la Côte d’Ivoire et le Maroc s’annonce terrible entre deux candidats à la Coupe du monde. Le groupe D avec le Ghana et la Zambie, championne d’Afrique en titre et tombeur des Black stars en demi-finale de la CAN (1-0), sera aussi palpitant. Le groupe E se présente très équilibré avec le Burkina Faso, le Congo, le Gabon et le Niger. Le Nigeria en reconstruction saura-t-il éviter le piège du Malawi ou du Kenya dans le groupe F ? Et l’Egypte, assurément l’équipe la mieux préparée avec toute une série de rencontres amicales depuis le début de l’année pour compenser l’absence de championnat national dans un groupe G relevé avec une Guinée ambitieuse, le Zimbabwe, voire le Mozambique. Le groupe H comprend deux têtes de série, l’Algérie et le Mali, demi-finaliste de la dernière CAN. Cameroun et RD Congo qui se retrouvent dans le groupe I, après s’être déjà affrontés la saison passée pour une place à la CAN qu’ils ont laissé au Sénégal ne devront-ils pas redouter une étonnante équipe de Libye ?

Le groupe J devrait être un match à trois avec le Sénégal, l’Angola et l’Ouganda. L’essentiel pour les uns comme pour les autres sera la régularité. Les deux premières journées éliminatoires jouées à une semaine d’intervalle donneront une idée plus précise des forces en présence, celles du présent, pas celles du passé. Au soir du 10 juin on aura accompli le premier tiers du deuxième tour. Il faudra ensuite attendre la fin du mois de mars 2013, soit neuf mois et demi pour voir se dérouler la troisième journée. Ce qui revient à dire que la vérité du mois de mars 2013 sera peut-être très différente de celle de ce mois de juin 2012.

L. M. D.

L’Essor du 1er juin 2012