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Née en 1930, la Coupe du monde de football avait élu domicile dans tous les continents hormis le continent africain. La Confédération africaine de football (Caf) s’était attelée, depuis plusieurs années à corriger cette injustice. Plusieurs tentatives d’organiser la Coupe Jules Rimet sur le sol africain avaient été vaines. Surtout la candidature du Maroc pour le Mondial-1998 avait déçu plus d’un. L’« injustice » a été réparée aujourd’hui. Le parcours des Africains au peigne fin.
Finalement l’équipe d’Issa Hayatou a pu convaincre les « barons » de la Fifa pour donner à l’Afrique du Sud, l’organisation de la Coupe du monde 2010. A tout Seigneur, tout honneur. Commençons par l’Afrique du Sud.

Elle a gagné son pari de l’organisation du Mondial africain : dix stades construits ou rénovés de dernière génération, des structures hôtelières avec toutes les commodités souhaitées et des stades toujours remplis malgré l’élimination de son équipe au 1er tour.
Les Bafana Bafana ont aussi rempli leur contrat. Ils se sont classé 3e avec quatre points, éliminés au goal average (-2) dans une poule relevée où la dernière place est occupée par la France, détentrice de la Coupe du monde de 1998.

Le coach brésilien Parreira a monté une équipe jeune, volontaire, soudée, généreuse dans l’effort et faisant même oublier les anciens McCarthy et autres. Parreira a semé la bonne graine. Il incombe aux responsables de veiller sur elle afin qu’elle se taille une place de choix dans la cour des grands dans un avenir proche.
Algérie : quel gâchis !

Cette équipe a barré la route du Mondial à la meilleure équipe africaine du moment (l’Egypte). Elle s’est classée dernière de sa poule avec un point (deux défaits, un nul). Pourtant l’entraîneur Saadane, un Algérien aussi, connaît bien ses joueurs. Ce qui n’a pas marché, c’est certainement l’inexpérience surtout au premier match contre la Slovénie (0-1) et la condition physique contre les USA qui ont gagné dans les arrêts de jeu (0-1).

La Côte d’Ivoire : le mirage

Les Eléphants pensaient avoir atteint leur vitesse de croisière pourtant, ils ne sont pas loin du quai. Drogba est certes un buteur mais pas un attaquant de classe.

Il n’atteint pas un Abdoulaye Traoré Benbady à la cheville, il est seulement plus puissant que son aîné. La Côte d’Ivoire n’a pas non plus un joueur de la trempe de Miézan Pascal dans l’entre jeu pour être un complice attitré de Drogba. Sa défense a un bon teint, commandé par les frères Touré. Il y a encore du chemin à parcourir, la Côte d’ivoire a battu seulement la Coré du Nord, la plus faible équipe du Mondial avec zéro point.


Le Nigeria : la reconstruction

Classé quatrième de sa poule avec un point, le Nigeria cherche encore son chemin après la retraite des Okocha, Amokachi, etc. Battu par le minimum 1 à 0 par l’Argentine, il a peiné face à la Grèce (1-2) et fait jeu égal avec l’excellente Corée du Sud (2-2). L’équipe est jeune, perfectible et a un bon gabarit.


Le Cameroun : la déception

Ce pays ne fait que s’éloigner de la belle époque des années 1980 et 1990 des Milla, M’Bida Arantés et autres Nkono. Le football ne peut pas être conçu seulement sur la condition physique. Il faut surtout des joueurs intelligents, techniques comme Alexandre Song.

Eto’o est certes le meilleur attaquant africain de ces dernières années, mais il ne peut pas toujours, seul, assurer la victoire. Les Lions Indomptables ont été domptés par les Néerlandais, les Japonais et les Danois donc zéro point, dernière équipe du Mondial. Quelle déception !


Le Ghana : la classe

Le pays a une politique de football reposant exclusivement sur la promotion des jeunes. Huit de ces jeunes ont remplacé valablement les cadres des « Black Stars ». Mieux, ils nous ont fait oublier Essein, le joueur africain le plus complet à l’heure actuelle. Les résultats du Ghana ne surprennent pas les observateurs avisés du football.

Jugez-en : vice-champion d’Afrique 2010 derrière l’Egypte, second de la poule D (la poule la plus disputée derrière l’Allemagne 6 points) devant l’Australie et la Serbie, quart de finaliste du Mondial-2010 après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002.

N’eut été la « mauvaise » main de l’avant-centre uraguayeen Suarez, le Ghana serait en demi-finales pourtant et classé parmi les quatre meilleures équipes du monde. Ghana oyé !

Pour clore, nous invitons la Caf à une relecture de ses règlements dans le but de corriger certaines imperfections constatées ça et là. Les nouveaux textes doivent admettre la qualification, directe du champion d’Afrique au Mondial de la même année et supprimer le goal average spécial entre les équipes à égalité de points dans la même poule.

Aussi nous ne comprenons pas, pourquoi la Caf veut rompre avec les Can en année paire. Pourtant ces Can qui se tiennent en année de Coupe du monde sont de véritables tremplins pour les équipes africaines qualifiées à la Coupe du monde.

Celles-ci peuvent utiliser cette opportunité pour faire des essais, des réglages (janvier, février, mars) et rebondir (juin-juillet) pendant le Mondial. Le cas ghanéen est édifiant en la matière.
Trop d’innovations de la Caf peuvent freiner l’ascension de notre football.

Amadou Sidibé

(conseiller pédagogique à la retraite)

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Coulisses :Le streaker n’est pas un inconnu

Le streaker qui a fait irruption dimanche lors de la finale du Mondial pour toucher le trophée n’en est pas à son coup d’essai. En effet, le perturbateur, dont on ignore l’identité, s’était déjà illustré lors de la demi-finale de Durban entre l’Allemagne et l’Espagne en faisant le tour du terrain, un streaker bien connu en Afrique du Sud.

Mandela et la Coupe

Nelson Mandela, la Coupe du monde entre les mains ? L’image fait rêver. Surtout Sepp Blatter. Le président de la Fifa avait annoncé samedi dernier que Nelson Mandela pourrait remettre la Coupe du monde au vainqueur dimanche. « Si il vient et qu’il reste jusqu’à la fin du match, il pourrait remettre le trophée ». L’ancien président sud-africain, 92 ans, n’a pu tenir puisqu’il s’est retiré pour rentrer chez lui juste après la cérémonie de clôture. Et c’est le président sud-africain, Jacob Zuma et celui de la Fifa, Sepp Blatter, qui ont remis le trophée au capitaine espagnol, Iker Casillas.

Émotion au Soccer City

Nelson Mandela a fait une courte apparition sur la pelouse du stade de Soccer City à Johannesburg, à bord d’une voiturette, au terme de la cérémonie de clôture du Mondial-2010. Habillé de noir, avec bonnet et gants, Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, tout sourire, a fait une courte apparition. La voiturette le transportant a effectué un petit tour du terrain, sous l’acclamation des 80 000 personnes du stade de la finale. La foule scandait « Madiba », son nom tribal. « C’est vraiment pour dire merci et rendre hommage à tous les fans« , a-t-il souligné.


Des éléphants et hippopotames en vedette

La cérémonie de clôture de dimanche a été un spectacle d’une trentaine de minutes au cours duquel la star colombienne Shakira a partagé la scène avec des éléphants et des hippopotames factices. Les spectateurs ont eu également droit, pour l’occasion, à un fantastique mélange de chansons, de danses et de technologie moderne. Stoan, Ladysmith Black Mambazo, Africa United (avec Jozi, Zulu boy, Silkour, 2 Face, Kwesta, Chameleone, Awadi, Krotai et Samini), Abigail Kubeka et le Sud-africain Mafikizolo.

Du beau monde

Dix-sept chefs d’État ainsi que de nombreuses stars, dont Naomy Campbell étaient dimanche dernier au stade de Soccer City, à Soweto. La famille royale espagnole était représentée par la reine Sofia et son fils, le prince héritier Felipe. Le prince héritier des Pays-Bas, Willem-Alexander, et son épouse Maxima étaient aussi de la partie.

Après le match

Quelque 30 000 personnes étaient rassemblées dimanche devant le stade pour assister à une fête qui était prévue à Soweto. Pour rappel, l’Espagne avait choisi la ville de l’apartheid pour s’installer. Ainsi dans le gigantesque township situé à quelque kilomètres de Johannesburg, il n’y avait qu’une équipe : l’Espagne. Selon nos informations, le choix était simplement pour des raisons purement footballistiques et sans doute quelques-unes liées au passé et à l’apartheid.

La cérémonie de clôture en quelques phrases

Des chants zoulous, des éléphants, des danseurs sud-africains avec une audience cumulée de plus de 500 millions de téléspectateurs. Un nouveau tableau retraçait en images le parcours des 32 engagés lors de la phase de groupes. Shakira entre en scène au milieu de la pelouse du stade avec une centaine de danseurs. Pour Danny Jordan, le patron du comité d’organisation, le Mondial-2010 est d’ores et déjà un succès.

« La nouvelle Afrique du Sud, celle dont nous avons rêvée quand Mandela est sorti de prison en 1990, est devenue une réalité en 2010 » , a-t-il déclaré dimanche.

Sneijder et compagnie au zoo

Pour préparer leur finale de dimanche, les joueurs de l’équipe des Pays-Bas sont allés faire un tour… au zoo de Johannesburg l’après-midi. Étonnant, non ? C’est pourquoi, dimanche dernier sur le terrain on a vu qu’ils ont refusé de jouer. « Ils se sont inspirés peut être d’un animal laissant leurs points forts de côté », déclarait un journaliste néerlandais.
Le coup de fil porte bonheur du roi

Le roi d’Espagne, Juan Carlos, convalescent, n’a pu se rendre à Johannesburg pour la finale, mais il a tenu à encourager par téléphone samedi l’entraîneur Vicente del Bosque et le capitaine Iker Casillas. Grand amateur de sport, le roi d’Espagne a transmis ses « encouragements et salutations affectueuses » à toute l’équipe, selon la maison royale. Message reçu 5 sur 5 avec le sacre d’Espagne.

Ramos écrit à Sneijder

Anciens coéquipiers au Real Madrid, Sergio Ramos et Wesley Sneijder sont restés bons copains depuis le départ forcé du second vers l’Inter. La preuve. Mercredi dernier, le latéral espagnol, sachant qu’il allait retrouver le Néerlandais, lui a envoyé le SMS suivant : « Tu as suffisamment gagné de trophées cette année, il va falloir penser à te calmer ».

Les chiffres

Avant cette finale, 144 buts ont été inscrits en 63 matches, soit une moyenne de 2,28. Ce qui fait de cette Coupe du monde-2010, la deuxième moins prolifique de l’histoire. Seule Italie 1990 a fait pire (2,21). Dimanche, le Mondial transalpin a conservé ce triste record.

Le temps en question

A cinq heures du coup d’envoi, le temps était au beau fixe avec un grand soleil sur Johannesburg. Après la mi-temps du match, le temps était idéal sur Soccer City. Mais vers la fin du temps réglementaire jusqu’aux prolongations, il faisait bien plus froid et le mercure tournait autour des 20°.

Rassemblés par Boubacar Diakité Sarr

(envoyé spécial)

Les Échos du 13 Juillet 210.