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Après les Centristes tombeurs du Djoliba, les Scorpions se sont qualifiés pour la finale en battant le Stade malien 2-0.Treize ans après leur dernière finale, les Scorpions sont de retour pour la reconquête de la coupe du Mali. Et pas n’importe quel trophée, puisqu’il s’agit du trophée du Cinquantenaire qui marque l’accession du Mali à la souveraineté internationale.

jpg_coupe-mali-2.jpg Vainqueur autoritaire, (2-0) en seconde demi-finale, devant le Stade malien, lundi au stade Modibo Keïta, le Réal peut enfin rêver à renouer avec la capricieuse « Dame coupe du Mali ». Les Scorpions réalisent ainsi leur objectif majeur fixé depuis le retour du club sur des eaux beaucoup plus calmes. Et prennent du coup une revanche sur leurs adversaires du jour qui les ont toujours causés des misères dans les rencontres décisives.

La plus illustratrice est d’ailleurs la dernière finale perdue par le Réal (0-2) en 1997 devant le Stade malien. L’équipe du Réal créée un 17 septembre 1960 s’alignera donc pour la conquête du trophée du Cinquantenaire face au Centre Salif Keïta (CSK) qui a soufflé sur ses dix sept bougies cette année.

Pour l’équipe de Sotuba, cette élimination sonne comme un énorme camouflet. Les Blancs et leur nouveau comité de gestion rêvaient d’attaquer la dernière ligne du championnat national dans la peau d’un finaliste de la coupe du Cinquantenaire, mais ce rêve s’est envolé lundi sur la pelouse du stade Modibo Keïta, au terme d’une rencontre que le Stade pensait pourtant maîtriser avec une insolente facilité. Finalement ce sont eux qui ont donné le bâton aux Noirs et Blancs pour se faire mater. Souverain pendant 45 minutes face à des Stadistes alors impuissants, le Réal ne se s’est jamais écroulé, même face aux rares contrariétés, opposées par le Stade malien.

La frappe du capitaine Moriba Diop, (3è min) bien servi par Kalifa Coulibaly, annonçait le ton de résolution d’irréductibilité pour le Réal. Dès lors, la partie est devenue la chasse gardée des Scorpions qui ont eu le bon goût de profiter dans la foulée de l’étrange passivité de la défense adverse, pourtant louée en championnat national avec seulement 10 buts encaissés.

Le gardien capitaine du Stade malien, Soumbeyla Diakité devra d’ailleurs louer les maladresses des attaquants réalistes, pour n’avoir pu trouver le chemin de ses filets en première période. A l’image de cette infiltration en solo de Mohamed Koumaré, (bien en verve sur le flanc droit de l’attaque), dans la défense adverse et bouclée par un tir au dessus du cadre de Diakité, (17è min), puis ce centre de Koumaré repris de la tête par Faran Coulibaly encore au dessus, (24è min), ensuite Salif Ballo qui ne profite pas de la mauvaise sortie du keeper stadiste, suite à une passe en profondeur (30è min) et enfin cette incursion de Kalifa Coulibaly dont le tir s’écrasa sur la transversale stadiste.

Les supporters « noirs et blancs » craignaient alors pour un éventuel retour de flamme des leaders du championnat, après la pause. Mais tout démarrait parfaitement pour leurs protégés, puisqu’on jouait depuis seulement cinq minutes quand Kalifa Coulibaly expédia un coup de tête au dessus du montant droit de la cage de Soumbeyla Diakité. Les Scorpions vont boucler l’heure du jeu en débloquant le tableau d’affichage : à la conclusion d’une belle action offensive, Ibrahim Kader Coulibaly décoche une frappe sèche qui fait mouche, (60è min, 1-0).

L’entraîneur stadiste, Mamoutou Kané dit Mourlé avait pourtant fait une bonne analyse de la situation. En plus de la défaillance des défenseurs, son gardien s’était aussi fait mal. Il décida donc de remplacer le keeper Diakité, mais ce dernier lui donne la certitude de pouvoir tenir le coup. Le plus gros semble fait pour une équipe du Réal à son aise lorsqu’il s’agit de garder le ballon, même si, quasiment sur le coup d’envoi, Abdoulaye Sissoko et Mamadou Coulibaly se montrent souvent menaçants.

Au jeu déliquescent développé par les Blancs, bien que les Scorpions leur aient facilité la tâche, en jouant très bas, on voyait mal comment le cours du match pouvait s’inverser. Car malgré les changements apportés par Mourlé, sa formation continuait toujours à douter. A l’image de Seydou Sangaré qui cédera sa place à Moussa Mariko (63è min). Si Umoh Emmanuel, à l’entrée de la surface, tenta un lob de l’intérieur du pied, juste à côté (86è min), le doute laisse trop vite place à la peur lorsque Oumar Sidibé, oublié par Cheick Oumar Ballo, inscrit le second but du Réal, suite à un caviar offert par Salif Ballo (90+2, 2-0).

Les Scorpions ont les deux pieds en finale. Et les affaires se gâtent sérieusement pour les Blancs qui rêvaient discrètement d’un doublé (coupe-championnat). Dès lors, les hommes du président Boucary Sidibé dit Kolon, tentent le tout pour le tout, mais sans réellement inquiéter le keeper Almamy Sogoba.

Le coup de sifflet final est une libération pour un Réal retrouvé et des Blancs humiliés. Les Scorpions disputeront la finale de la 50è édition de la coupe du Mali et c’est une juste récompense pour la nouvelle direction du club qui travaille d’arrache-pied depuis trois saisons.

Lundi 5 juillet au stade Modibo Keïta

Réal-Stade malien : 2-0

Buts de Ibrahim Kader Coulibaly (60è min) et Oumar Sidibé
(90+2e)

Bon arbitrage de Mahamadou Keïta assisté de Moumini Berthé
et Ibrahim S. Bagagah.

Réal : Almamy Sogoba ; Nfa Séry Koné ; Malamine Mariko ; Mohamed Camara, Jean Paul Houlaï, Ibrahim K Coulibaly, (Drissa Koné)
, Faran Coulibaly, Moriba Diop (cap, puis Oumar Sidibé
), Mohamed Koumaré, (Lassina Traoré), Salif Ballo et Kalifa Coulibaly
.

Entraîneur : Moussa Keïta dit Dougoutigui

Stade malien : Soumbeyla Diakité (cap), Cheick O. Ballo, Abdoulaye
Y Maïga ; Youssouf Doumbia ; Bourama Coulibaly, (Hamidou Sinayoko)
; Tapa Koné ; Oumar Koné ; Seydou Sangaré, (Moussa Mariko) ;
Abdoulaye Sissoko, (Ahmed Cherif Haïdara) ; Umoh
Emmanuel et Mamadou Coulibaly.

Entraîneur : Mamoutou Kané.

Modibo Naman Traoré

L’Essor du 07 Juillet 2010.