Partager

En deux matches, les Blancs sont passés de la dernière à la deuxième place du groupe synonyme de qualification pour les demi-finales. Qui l’eut cru ?

jpg_une-2184.jpgLes joueurs aiment dire qu’un match de football n’est jamais gagné avant d’être joué. Les supporters maliens en général et les inconditionnels du Stade malien peuvent en témoigner après la qualification des Blancs pour les demi-finales, dimanche dernier à l’issue de la 6è et dernière journée de la phase de poules de la coupe de la Confédération. Personne n’attendait le team de Sotuba à pareille fête, au contraire tout le monde pensait que la cause était entendue et que les Blancs ne pouvaient plus redresser la barre après leur piètre prestation de la phase aller (2 défaites, 1 nul, soit 1 point sur 9 possibles).

On se rappelle encore ces propos pathétiques de l’entraîneur stadiste, Pascal Janin avouant, au lendemain de la défaite 0-2 contre Saint-George d’Ethiopie qu’il ne voyait pas comment son équipe pouvait marquer dans un match. Ce constat du technicien français traduisait parfaitement le sentiment général, voire le désarroi des supporters du Stade malien face à l’incapacité du team de Sotuba à se hisser à la hauteur de l’événement ou tout simplement de sa stature de champion du Mali en titre. Non seulement l’équipe manquait cruellement de percussion en attaque (un seul but en trois rencontres), mais derrière elle éprouvait également toutes les peines du monde à s’affirmer (quatre buts encaissés en trois rencontres). C’était trop pour espérer faire un parcours honorable en coupe de la Confédération et tout le monde o u presque pensait que les carottes étaient cuites pour le keeper-capitaine Soumaïla Diakité et ses coéquipiers bons derniers de la poule A à l’issue de la phase aller (1 point).

En clair, pour les supporters maliens, la phase retour allait être une simple formalité pour les Blancs, une occasion pour l’équipe de sauver l’honneur et de quitter la compétition sur une note positive. Mais en football, les choses peuvent aller plus vite qu’on ne le pense. Ainsi, dès la première journée de la phase retour le buteur providentiel du Stade malien Lamine Diawara sonne le réveil des siens face à l’Etoile sportive du Sahel battue 1-0 à domicile. Une semaine plus tard, l’attaquant stadiste récidive contre contre Saint-George d’Ethiopie dominée sur le même score au stade Modibo Keïta (cinquième journée). L’espoir venait de renaître pour les Blancs qui, en deux rencontres, ont porté leur capital-point à 7 unités (2 victoires, 1 nul), se hissant à la deuxième place du groupe synonyme de qualification pour le dernier carré. Après ces deux succès, il ne restait plus qu’un point que le keeper-capitaine Soumaïla Diakité et ses coéquipiers sont allés chercher dimanche dernier sur le terrain du CS sfaxien. Qui l’eut cru ?

En deux semaines, les Stadistes sont passés de la dernière à la deuxième place du groupe, laissant sur le carreau Saint-George d’Ethiopie et l’Etoile sportive du Sahel qui avait pourtant obtenu le nul 0-0 à l’aller au stade Modibo Keïta. La qualification a été laborieuse et demande à être confirmée. Mais en attendant, on peut rendre hommage au coach Pascal Janin et à ses poulains qui ont permis à notre football de sauver la mise après l’échec de nos trois autres représentants (le Djoliba, les Onze Créateurs et l’US Bougouni) sur l’échiquier continental. Cette qualification, les Blancs le doivent surtout à leur entraîneur Pascal Janin qui a su tirer le maximum d’un effectif peu étoffé qui ne compte aucun joueur qui émerge du lot. Certes, le groupe comprend quelques éléments d’expérience à l’image du keeper-capitaine Soumaïla Diakité, du milieu récupérateur Cheick Mohamed Chérif Doumbia ou encore du buteur Lamine Diawara. Mais disons-le sans ambages, aucune de ces individualités n’a réussi à jouer le rôle de tireur de ficelle cette saison et c’est justement à cause de ces défaillances individuelles que le team de Sotuba a alterné le bon et le moins bon en Ligue des champions d’Afrique et lors de la phase de poules de la coupe de la Confédération.

Le choc avec le TP Mazembé en demi-finale sera une autre paire de manche pour le coach Pascal Janin et ses joueurs. Non seulement il y a le ticket de la finale au bout, mais ce sera également une rencontre émotionnelle avec la présence dans les rangs du TP Mazembé de cinq joueurs maliens (Boubacar Diarra, Alou Bagayoko, Cheïbane Traoré, Ousmana Cissé et Salif Coulibaly) d’une part et d’autre part, celle de l’ancien sélectionneur des Aigles, Patrice Carteron sur le banc. Depuis quelques jours déjà, les supporters maliens ne parlent que de ça et tout le monde se pose la même question : quel accueil nos compatriotes réserveront au technicien français après le départ controversé de ce dernier qui a rompu son contrat avec la Fédération malienne de football pour pouvoir s’engager avec le TP Mazembé ?

S. B. TOUNKARA

L’Essor du 25 Septembre 2013