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Battus 2-0 par Al Hilal du Soudan, vendredi à Ondurman, les Rouges sont condamnés à l’exploit au match retour pour espérer disputer la première finale africaine de leur histoire

Marquer au moins deux buts sans en encaisser. Voilà la mission qui attend le Djoliba ce week-end après la défaite 2-0 des pensionnaires de Hérémakono, vendredi en demi-finale aller de la coupe de la Confédération à Ondurman face à Al Hilal du Soudan. Disons-le tout de suite, la tâche s’annonce très compliquée pour le capitaine Issa Traoré et ses coéquipiers qui sont désormais condamnés à l’exploit pour espérer offrir à leur équipe la première finale continentale de son histoire. Certes, remonter deux buts n’est pas un handicap insurmontable, mais combien d’équipes ont réussi ce retournement de situation à ce niveau de compétition ?

Vendredi à Ondurman le Djoliba est passé à côté de sa demi-finale et la prestation des joueurs de Hérémakono (notamment en deuxième période) n’incite guère à l’optimisme pour la suite des débats. Pourtant, les champions du Mali avaient bien commencé cette première manche en exerçant d’entrée un pressing haut sur les locaux. Visiblement déterminés à jouer leurs chances à fond, le capitaine Issa Traoré et ses coéquipiers vont disputer tous les ballons empêchant ainsi les locaux de poser le jeu. A aucun moment, les joueurs d’Al Hilal ne parviendront à retrouver leur marque sur le terrain.

Au fil des minutes, la pression s’accentuait sur l’équipe d’Ondurman et on sentait un certain stress sur le visage du coach Diego Garzito. Soudain, tout bascule pour les Rouges. Suite à un coup franc anodin, l’attaquant d’Al Hilal, Ibrahima Sané profite d’un mauvais marquage de la charnière centrale du Djoliba et d’une sortie hasardeuse du keeper Aly Yirango pour ouvrir le score (43è min).

Dans la minute suivante, Idrissa Naman Laïco Traoré obtient la balle de l’égalisation, mais le milieu offensif des Rouges tire sur le gardien Juma Jenaro qui repousse le cuir (44è min). On ira à la pause sur ce score à l’avantage des locaux. Au retour des vestiaires, Al Hilal double la mise sur une nouvelle erreur défensive des Rouges. Servi par Mohammad, Mudathir Careca profite du boulevard laissé par les deux défenseurs axiaux du Djoliba, Mohamed O. Konaté et Salif Coulibaly pour aller battre Aly Yirango (47è min). Jusque-là, l’arrière-garde des Rouges apparaissait comme le secteur le plus fiable de l’équipe.

Cette année, elle a même été l’une des forces du team de Hérémakono grâce notamment à l’omniprésence des deux géants Mohamed O. Konaté et Salif Coulibaly et du jeune keeper Aly Yirango. Mais en deux matches de coupe d’Afrique, la défense du Djoliba est subitement devenue le maillon faible de l’équipe, encaissant 5 buts (3-0 contre les Congolais de l’AC Léopards lors de la dernière journée des matches de poules et 2-0 vendredi dernier à Ondurman en demi-finale aller).

Et malheureusement pour le champion du Mali en titre, la ligne d’attaque connaît également une baisse régime à l’image de Boubacar Bangoura et Seydou Diallo qui ont perdu tous leurs duels avec le gardien soudanais, vendredi à Ondurman. L’autre inquiétude réside au niveau du comportement d’ensemble des joueurs de Hérémakono. En première période le capitaine Issa Traoré et ses coéquipiers ont développé un football attrayant en faisant montre de complémentarité entre les lignes. Mais au retour des vestiaires, la machine djolibiste s’est brusquement enrhumée et l’équipe a perdu tous ses repères sur le terrain. La sortie du capitaine Issa Traoré pour cause de blessure explique-t-elle cette baisse de régime du team de Hérémakono ?

A notre avis, ce n’est pas tant ce mauvais coup du sort qui a fragilisé le Djoliba, mais plutôt l’absence d’une vraie âme au milieu de terrain après la sortie d’Idrissa N. L. Traoré remplacé en cours de partie par un Samba Diallo moins enclin à jouer le rôle d’inspirateur de jeu que son aîné. L’intégration du jeune milieu de terrain des Aiglons était un coup de poker du coach Alou Badra Diallo qui misait probablement sur la fraîcheur physique et la rapidité d’exécution de Samba Diallo pour surprendre les Soudanais. Mais n’aurait-il pas été préférable, compte tenu de l’expérience d’Idrissa N. L. Traoré et par souci de préserver l’équilibre du groupe, de garder l’ex-sociétaire du CSK sur le terrain ? En tout cas, si la sortie du «petit» meneur n’a pas déstabilisé le team de Hérémakono, force est d’admettre également que les changements opérés par le coach Alou Badra Diallo n’ont pas produit l’effet escompté.

Mais il reste encore 90 minutes au technicien pour rectifier le tir et Conti, comme l’appellent familièrement les supporters, pense que rien n’est perdu pour les Rouges. «Je suis déçu du résultat parce qu’on pouvait faire mieux aujourd’hui (vendredi, ndlr). Mais pour moi, on n’a joué que la première période de ce match. La décision se fera à Bamako et je pense que nous sommes capables de remonter deux buts à domicile». L’entraîneur djolibiste peut encore y croire.

En 2009, le Stade malien avait perdu la finale aller de cette coupe de la Confédération par le score identique de 2-0 contre les Algériens de l’Entente Sétif. Mais au match retour, les Blancs ont renversé la situation en marquant deux buts en une mi-temps, avant de s’imposer aux tirs au but. Il suffit donc au Djoliba de s’inspirer de l’exemple du Stade malien pour s’ouvrir les portes de sa première finale continentale et pourquoi pas, offrir à notre football son deuxième trophée de la coupe de la Confédération.

Vendredi 2 novembre à Ondurman au Soudan

Al Hilal-Djoliba : 2-0 Buts d’ Ibrahima Sané (43è min) et Mudathir Careca (47è min). L’équipe du Djoliba : Aly Yirango, Mohamed O. Konaté, Salif Coulibaly, Issa Traoré (cap, Guimbala Oulé Tounkara), Saïdouba N’Diaye, Issa M. Traoré (Seydou Diallo), Idrissa Traoré, Alou Bagayoko, Idrissa N. L. Traoré (Samba Diallo) Mahamane Cissé et Boubacar Bangoura. Entraîneur : Alou Badra Diallo.

SOULEYMANE BOBO TOUNKARA

06 Novembre 2012

Essor