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En réaction à votre article sur la coupe de bois à Kita paru le jeudi 21 février 2008 (n°3043), j’ai le plaisir et le devoir de vous apporter quelques précisions de taille sur ce scandale environnemental qui se passe présentement à Kita, dernier rempart de la lutte contre la désertification au Mali.

En effet, la coupe du bois d’ébène à Kita est exclusivement destinée à l’exportation et non à la transformation comme dit dans votre article. Des dizaines de remorques sont chargées par mois par un groupe de Chinois à destination de Pékin.

Cela nous paraît très grave quand on sait que tous les efforts de développement du Mali sont minés par notre environnement naturel qui se dégrade de jour en jour. Aussi, face à de tels actes, le Mali court le risque du bradage de son patrimoine domanial. Le cas de Kita est la preuve que n’importe quel étranger qui débarque avec quelques billets d’euro ou de dollars peut « nous acheter ».

Comment comprendre qu’après les effort consentis par les projets « BIT », « Stop Sahel » et l’Association des ressortissants de Kita pour sauvegarder l’environnement à Kita, le gouvernement du président ATT envoie des Chinois munis d’un contrat de coupe du bois d’ébène pour une durée de cinq (5) ans sans que les élus à l’Assemblée en soient informés ?

Comment comprendre que le gouvernement où siège la présidente d’un parti écologiste de surcroît, candidate remarquée à la magistrature suprême à l’élection présidentielle d’avril 2007, accepte un tel scandale écologique ? Est-elle en train de nous tromper elle aussi ? Elle qui est mère, elle qui est sensée comprendre que la dégradation de l’environnement expose d’abord les femmes et leurs enfants innocents. Que pourra-t-elle nous proposer en 2012 ?

M. le directeur, ce que vous ne savez pas, ce sont des dizaines de remorques chargées de bois d’ébène qui quittent Kita chaque semaine pour l’extérieur et pourtant c’est un ministre du gouvernement du président ATT qui a mené un combat contre un atelier de transformation du bois d’ébène à Bamako. Ce ministre RPM a tout fait pour sauvegarder nos forêts et réserves fauniques en y délogeant les braconniers et autres prédateurs de l’environnement. Mais à peine sorti du précédent gouvernement, l’actuel ministre envoie une équipe de Chinois armée de tronçonneuses.

Voilà une autre façon de vendre notre cher Mali : on harcèle les citoyens à la recherche du quotidien, on fait appel aux étrangers pour nous sucer, nous exposer, nous humilier.

Alors, j’appelle les commissions techniques de notre Assemblée nationale, la Chambre des artisans du Mali, les ressortissants de Kita, les bailleurs de fonds qui ont financé les projets BIT et Stop Sahel à Kita, les partenaires techniques et financiers du Mali concernés par les problèmes environnementaux et les partis politiques engagés dans les discours et dans les actions à nous aider pour que notre bois d’ébène illégalement exporté nous revienne et que les responsabilités soient situées.

Que l’argent versé par les Chinois aux autorités en cause soit restitué pour être mis à la disposition des ONG crédibles et aux populations engagées dans la sauvegarde de l’environnement.

Samakoun Dembélé

Doubabougou Kita-Bafing

06 mars 2008.