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Au lendemain du coup d’état militaire qui a interrompu le processus démocratique du pays, le 22 mars 2012, la classe politique et la société civile s’activent pour trouver une sortie de crise.

Sur proposition de la jeune chambre économique, plusieurs organisations aux positions souvent contradictoires, se sont réunies à la bourse du travail, l’après-midi du samedi 24 mars, afin de mettre en place les jalons d’un « Front pour la sauvegarde de la démocratie et de la république ». «Il est nécessaire que nous sauvions l’essentiel», indiquent les initiateurs de ce collectif en gestation. Des partis tels que l’Adema-PASJ, l’URD, le Parena, le PDES, etc., figurent dans ce regroupement. Parmi les organisations de la société civile, on note, entre autres, l’UNTM, la CAFO, la CNJ.

« Le Mali traverse l’une des crises les plus sombres de son histoire» constate le président du Parti pour la Renaissance Nationale (Parena). « Cette situation requiert une mobilisation de tous les citoyens pour un sursaut national » ajoute-t-il. Mais faudrait-il accuser les auteurs du putsch survenu dans un contexte particulièrement tendu sur le plan social ? C’est la question qui divise aujourd’hui l’opinion malienne. «Si le groupe du capitaine Sanogo n’avait pas agi, un autre l’aurait pu. Le coup d’État du 21 mars est l’expression de l’exaspération d’une armée humiliée, d’un peuple humilié», tranche le Parena dans une déclaration en date du 23 mars.

La déclaration politique du front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République n’a pas encore été rédigée mais ses grands axes ont été définis par ses responsables. Il s’agit du respect de la constitution de 1992 et d’un rétablissement de l’ordre constitutionnel, de la libération des personnes détenues, du respect des libertés individuelles, de la mise à disposition des militaires de moyens leur permettant d’assurer leur mission de défense de la patrie, du respect du calendrier électoral.

«Il y a lieu de prendre des initiatives urgentes pour la gestion de la crise du nord», conseille Tiébilé Dramé. Certains partis du front tels que le RDS du Pr. Younouss Hamèye Dicko, le Parena de Tiébilé Dramé, etc., ont rencontré la junte militaire et entendent faire prochainement des propositions concrètes de sortie de crise. Ces propositions seront donc inscrites dans la plateforme d’action du front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République.

Seydou Coulibaly

AFRIBONE

25 mars 2012