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Youssouf Diakité : «Je vois en eux (putschistes) l’image de Dadis Camara»


Les mots des auteurs du coup d’État sont doux mais je vois en eux l’image de Dadis Camara qui avait pris le pouvoir en Guinée. Leur programme est flou. On sent même que le coup d’État a été improvisé. Où est-ce qu’ils vont nous emmener ? Tout ce que je souhaite, c’est qu’ils réussissent à aller dans le sens souhaité par le peuple.

Adama Samaké :« Je voyais mal comment organiser les élections»

Ce qui est regrettable dans ce coup d’État, c’est le pillage qui s’est associé à l’action des militaires sinon je crois que la situation exigeait une intervention de ce genre. J’imaginais mal qu’on puisse organiser les élections au regard de ce qui se passe dans le nord… […] A mon avis, ces militaires ont pris leur responsabilité. L’inquiétude est que ces genres de situation comportent plusieurs incertitudes. On ne sait pas quelle sera la finalité.


Un citoyen anonyme : « Je m’inquiète de la circulation des armes dans la ville»


Je suis responsable d’une ONG qui se préoccupe de la question de prolifération des armes légères. Je pense que Kati qui est une ville garnison n’est pas loin d’être confrontée à ce genre de situation. Je m’inquiète surtout de la circulation de ces armes aux mains des militaires dans la ville. Et il est nécessaire que les militaires qui ont pris le pouvoir s’occupent du retour de ces armes dans les casernes. On sait que la situation sécuritaire est déjà tendue. Il ne faut pas que ces armes tombent entre les mains d’individus malintentionnés».

Témoignage d’un soldat ayant participé à l’affrontement des bérets verts et rouges sur l’axe Kati / Koulouba, le 21 mars

Quand nous avons décidé de nous attaquer à Koulouba, au début, les gens du Camp Parachutiste n’ont pas accepté de nous laisser passer. Il y a eu des échanges de tirs entre nos deux camps de 13 heures à 18 heures. Après qu’il y eu des morts, les parachutistes se sont dit que nous étions tous des militaires. C’est ainsi qu’ils nous ont cédé le passage. Au moment où j’étais sur place, avant minuit, on pouvait compter deux morts et six blessés, tous militaires de l’AT [Ndlr : armée de terre]».

Propos recueillis par Seydou Coulibaly

AFRIBONE – 23 mars 2012