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Depuis l’adoption en conseil des ministres du projet de loi portant abolition de la peine de mort au Mali, des voies s’élèvent pour protester contre cette décision. Ainsi, certains s’opposent par voie de sensibilisation, de déclaration et de plaidoyer pour influencer les élus de la nation afin qu’ils votent contre ce projet de loi. D’autres par contre appellent les gens à marcher.

C’est bien le cas du président de l’Union Nationale pour la Renaissance (UNPR), un parti politique présidé par Modibo Sangaré qui, lors d’une conférence de presse organisée le week-end dernier, a invité les gens à marcher.

Mais la grande question que l’on se pose est celle-ci: est-ce que Modibo Sangaré n’a pas failli à son rôle? En tout cas il a bel et bien trahi les idéaux de son parti qui s’est fixé comme objectifs dès sa naissance de bâtir un Mali uni et prospère, de garantir l’Etat de droit.

En appelant les gens à marcher contre l’abolition de la peine de mort, le président de l’ UNPR n’est pas cohérent avec les lois du pays. Dans ce cas, n’y a-t-il pas lieu dès lors de lui retirer le récépissé de son parti?

Modibo Sangaré doit se souvenir que le Mali n’est pas une République islamique, s’il a oublié, on lui rappelle que le Mali est une République laïque. Il devrait d’abord se battre pour l’application de la chariya. Aussi, il y a plus de 2O ans que la peine de mort n’a pas été appliquée au Mali.

Pourquoi Modibo Sangaré n’a-t-il pas levé le petit doigt pour dénoncer cette situation? N’était-il pas au courant de la non application de la peine de mort?

En tout cas, à travers son comportement, on doit se demander s’il mérite d’être président d’un parti politique.

Dado CAMARA

13 novembre 2007.