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Cette mission périlleuse tentée par des individus apparentés au régime défunt et de leurs mentors dans l’après midi du 30 avril dernier, s’est tournée en un bain de sang et son corollaire de morts et de blessés enregistré dans les deux camps (forces loyalistes et assaillants) et de prisonniers originaires de pays limitrophes ainsi que de prisonniers. Et non les moindres. « Les sites stratégiques de l’ORTM, l’aéroport international de Bamako-Senou et la caserne « Soundiata » de Kati, « QG » du CNRDRE, ont été visés par des individus mal intentionnés », selon le communiqué du CNRDRE lu aux environs de trois heures (03 heures) du matin sur la chaîne nationale. Les assaillants ont été déroutés sine die. Notre reportage

Pendant que les populations vaquaient à leurs occupations quotidiennes, voilà qu’aux environs de 16h30, les citadins ont été surpris de voir quelques véhicules bourrés de bérets rouges traverser la ville se dirigeant pour les premiers, vers l’ORTM, le second groupe prend la direction de l’aéroport de Bamako-Senou et le troisième conduit par le Colonel Abidine Guindo, chef de corps du camp Para de Djikoroni, tente périlleusement de déloger le « QG » du CNRDRE de Kati. Dans cette entreprise trop osée de l’ancienne garde rapprochée du président déchu partie de sa base de « Djikoroni » et aidée par des mercenaires dont la plupart étaient habillés en civils et dont le nombre n’est pas encore connu, l’émoi des populations de la capitale était grand. La surprise a été très désagréable pour les bérets rouges commandés par Abidine Guindo et aussi pour des mercenaires recrutés selon nos sources par des proches de l’ancien Président et non les moindres.
Le brusque siège de l’ORTM

En tentant de monter à Kati via la route de Samé, le Colonel Abidine Guondo et ses hommes n’imaginaient pas la surprise qui els attendaient. Selon nos sources, ils ont été mâté par un déluge de feu qui les obligea à rebrousser chemin. Mais mal leur a pris, là encore aux environs du « GMS », les forces de défense et de sécurité ot fait des morts et des blessés. Certains réussiront à s’enfuir abandonnant leurs armes et véhicules dont quatre seront pris par l’armée. Le Colonel Abidine à en croire nos sources réussira à s’échapper dans le guet-apens des forces armées et de sécurité.

C’est après avoir mis en déroute cette attaque des éléments du camp para que le renfort ayant quitté Kati se dirigera sur l’ORTM. La nuit était avancée. Aux environs de 1heure à deux heurs du matin, le Commando qui a réussi à pénétrer dans l’enceinte de l’ORTM causant une brusque interruption des émissions, n’a eu que quelques minutes pour y siéger car, les renforts de Kati les délogeront laissant sur le carreau des morts, des blessés et plusieurs prisonniers. Le siège de l’ORTM venait de prendre fin. Du coup le discours que le Colonel Abidine Guindo, à en croire nos sources, devait lire, ne sera jamais lu. Il restera à jamais inconnu.

Il faut dire que le Colonel Guindo, chef de corps du camp para avait formé deux équipes qui devaient tenter de prendre le contrôle du camp « Soundiata » de Kati. Si l’une qu’il dirigeait avait emprunté la voie de Samé, l’autre est montée vers Koulouba, une manière de prendre l’armée en tenaille. « Mauvaise tactique », nous confie un haut gradé. Là aussi, ce contingent sera dérouté et mâté. La débandade est totale.

L’attaque de l’aéroport Bamako-Sénou

Partis du camp para de Djikoroni, les citadins ont aperçus aux environs de 18heures, une colonne de land-Cruiser remplis de bérets rouge qui se dirigeaient vers l’aéroport et roulant presqu’au ralenti, une manière de tromper la vigilance des services de sécurité.

Selon nos sources, à partir de la FEBAK, les bérets rouges lourdement armés, se scindent en deux groupes, le premier groupe se dirigea directement sur le Cheick-point qui se trouvait à l’entrée de l’aéroport et l’autre, vers le village qui se trouve au nord derrière le quartier de Kalanban-coura.

« La bataille a été âpre et la surprise désagréable pour les assaillants dont certains en débandade ont tenté de se réfugier au village de Sénou, en vain», nous confie un militaire qui a requit l’anonymat. Ici, il y a eu des morts, des blessés et des prisonniers, indiquent nos sources. Les renforts venus de Kati ont permis de fortifier les positions de l’armée.

Le mardi martin vers 5h50, notre équipe de reportage s’est rendu à l’aéroport pour se rendre compte du monopole de l’aéroport par nos forces armées et de sécurité. Des BRDM et chars cernaient la citadelle de Sénou aéroport. Imprenable à vu d’œil puisque quadrillée par l’armée. « La solidarité entre corps y a beaucoup joué dans le succès de l’opération contre el contre coup d’état », explique un gradé. En effet, depuis la nuit du lundi, nous n’avons jamais douté que l’armée aura le dessus sur les para commando et leurs complices car la rage vaincre et de laver l’affront état réel et très vivace. Mieux, le soutien des populations a encore galvanisée la troupe. Là, nous avons retrouvé notre armée combative et déterminée.

Donc, c’est fort de cette victoire que le CNRDRE a lu un communiqué par le Lieutenant Ouédraogo. Il fait part de dans un bilan provisoire des attaques d’individus mal intentionnés dont onze (11) morts et 31 blessés civils et militaires. Ce qui dénote de l’âpreté des combats. Le professionnalisme de nos forces de sécurité et de défense vient de se prouver et l’amateurisme des envahisseurs prouvés et dévoilés. Au fur et à mesure que les ratissages se poursuivaient, les morts augmentaient, de même que les blessés.

Le Bataillon Para-Commando « QG » des assaillants.

Tout est partie du Bataillon Para-Commando, « QG » sis à Djikoroni-para des assaillants composés de bérets rouges et d’individus non identifiés pour le moment et habillés en tenue de l’Armée de Terre pour la plupart sont apparentés à des nationalités de pays voisins. A en croire nos sources, certains voient la main de la CEDEAO et singulièrement du Président Ivoirien, mais d’autres sources concordantes pensent plutôt aux dignitaires du régime ATT et surtout d’une de ses filles adorées qui veulent déstabiliser le pays et singulièrement le CNRDRE.

Les mêmes sources indiquent qu’au moment où se déroulait cette opération de déstabilisation de la junte, « deux avions remplis de combattants étaient positionnés sur l’aéroport d’Abidjan prêts à décoller pour dit-on venir renforcer les assaillants qui étaient pris sous les feux de nos forces de sécurité et de défense», précisent des sources non officielle. Mieux, au moment où l’armée empêchaient les para-commandos et leurs complices de prendre el contrôle de l’aéroport, un avion a survolé plusieurs fois l’aéroport à tel point que les lumières des pistes d’atterrissage ont été éteintes.

Les efforts des femmes militaires et religieux et chefs de quartiers de Djikoroni bafoués

Nos sources précisent que sentant l’affrontement venir entre leurs maris et les éléments de l’armée nationale, les femmes du camp de Djikoroni ont usé de leurs poids pour dissuader le Colonel Abidine Guindo à surseoir à son entreprise d’attaquer le CNRDRE. Mieux, elles sont parvenues à mettre les religieux et chefs de quartiers à dissuader le chef de corps , en vain.

Mieux, le Chef du CNRDRE a envoyé le Colonel Eloi Togo et deux autres hauts gardés pour parler au Colonel Guindo, il n’a voulu rien savoir. Pire, il fait ligoter les émissaires du Chef de la junte.
Et c’est là, l’eau qui va déborder le vase, indiquent nos sources. C’est alors que le commandement a décidé de donner l’assaut sur le camp. Mais le Chef de corps du para prendra les devants très sûr de sa réussite, c’est-à-dire dissoudre el CNRDRE et proclamer un autre pouvoir favorable à son ancien chef aujourd’hui réfugié au Bénin après el Sénégal où il a été déclaré par la rue « persona non grata ». Il faut dire que els efforts des femmes militaires, des religieux et des chefs de quartiers ont été bafoués par un chef de corps omnibulé à venger son chef qui a été chassé du pouvoir.

En réalité, cette attaque des para-commandos était très mal venue au moment où les nouvelles autorités étaient confrontées à des manœuvres dilatoires de la CEDEAO en complicité avec certains leaders politiques assoiffés de pouvoir. Du coup, l’aura de l’organisation sous-régionale prend un sacré coup et perd toute crédibilité aux yeux des maliens qui ne comprennent pas ses agissements. Ces accusations de diversion et de complicité de la CEDEAO sont mal venues car ces dernières recommandations prises à Abidjan l’ont fait perdre toute crédibilité aux yeux des citoyens maliens qui se sentent insultés et humiliés.
Au moment où nous bouclons cette édition, les ratissages se poursuivent ainsi que els arrestations d’anciens dignitaires.

Bokari Dicko

Mali Demain du 7 Mai 2012