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Le séjour des producteurs américains a été couronné par une conférence de presse qui s’est déroulée le 14 juillet au grand Hôtel de Bamako.

Une conférence de presse animée par un panel composé de Jim French, producteur, animateur en chef de la campagne pour un commerce équitable aux Etats-Unis, Sally Baden, conseillère politique sur le coton, Oxfam International, Soloba Mady Kéïta, producteur de coton, président du syndicat des producteurs de coton de Kita (SPCK) membre de l’association des organisations professionnelles paysannes du Mali (AOPP) François Traoré, président de l’Union nationale des producteurs de coton du Faso (UNPCB) et président de l’Association des producteurs de coton africains (APROCA) et Habib Koïté, chanteur malien, supporter de la campagne pour un coton équitable. Avec comme modérateur Mamadou Goïta, directeur de l’Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives en Développement (IRPAD).

Les cinq agriculteurs américains ont pour nom Kenneth Gallaway, producteur cotonnier, Olton Texas, Dexter Randall, producteur laitier, North Troy, Vermont, Terry Steinhour, cultivateur, Grenview, Illinois, Leo Tammi, éleveur de moutons, Mount Sidney, Virginie et, enfin, Gary Melander, cultivateur, Assaria, Kansas. Ils se sont tous dit touchés par les difficiles conditions de vie et de travail des cotonculteurs du Mali.

Par conséquent, ils sont prêts à porter haut le flambeau du combat auprès de l’opinion et des facteurs de décision américains pour l’abolition des subventions, en tout cas, dans leur forme actuelle.
Augmenter la pression sur l’administration Bush

Dans le même ordre d’idée, cette forme de subvention, en encourageant leurs producteurs à miser sur des surfaces toujours plus grandes, élimine ipso-facto les producteurs de petites surfaces en les éjectant de la filière. Ce qui pose le problème de la relève et constitue, à terme, une bombe socio-économique pour les Etats-Unis.

A travers cette action, Oxfam America entend augmenter la pression sur l’administration Bush et des membres cibles du Congrès pour que les négociations du Cycle de Doha à l’OMC ainsi que la reforme de la loi agricole américaine (US Farm Bill) aboutissent à une réduction importante de ces subventions massives américaines qui s’élevaient à 4,2 milliards de dollars américains (plus de 2 000 milliards de FCFA) en 2004.

Si les négociations de l’OMC à Hong Kong ont abouti à la décision de mettre fin aux subventions à l’exportation du coton, celles-ci ne représentent que 10% du total des subventions distorsives. De plus, les véritables bénéficiaires de la politique actuelle sont les gros planteurs commerciaux qui constituent la minorité des producteurs américains. Si les cotonculteurs américains ne sont qu’au nombre de 25 000, celui de leurs pairs de l’APROCA se situe entre 15 et 20 millions, avec une superficie moyenne de 2 ha par exploitation.
La vraie bataille pour réformer les subventions agricoles américaines se déroule pendant les débats sur le Farm Bill qui ont débuté en 2006 et vont s’achever l’année prochaine.

Au retour de la visites des champs, Jim french, animateur en chef de la campagne aux Etats-Unis pour Oxfam America, lui-même agriculteur dans l’Etat de Kansas, affirmé : « nous sommes plus que jamais convaincus que nos décideurs doivent agir pour mettre fin à cette injustice qui empêche les producteurs africains de vivre dignement de leur labeur. Pour accomplir cela nous cherchons à faire changer le système actuel de subventions pour arrêter les paiements liés directement à la production pour plutôt soutenir la conservation et l’économie familiale »

Yaya SIDIBE

17 juillet 2006