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Bougouni a abrité, mardi, la 4e rencontre « bio politique » sur le thème : la culture du coton biologique et équitable : acquis, limites, enjeux et défis.

Organisée par le Programme coton bio équitable de Helvetas-Mali et le Mouvement biologique du Mali (Mobiom), la 4e rencontre « bio politique » a été une occasion pour les acteurs, prestataires du secteur et les journalistes d’échanger sur les nouveaux défis et enjeux liés à l’agriculture biologique au Mali.

Depuis une décennie, explique le coordinateur du programme coton bio et équitable, Sekou Diarra, la filière cotonnière traverse une crise sans précédent marquée par la cherté des intrants, la baisse drastique des cours du coton, la parité euro-dollars entre autres. Les conséquences sont incommensurables sur la vie de millions de producteurs qui voient l’avenir en noir.

C’est face à ce schéma que Helvetas a initié un programme de promotion et de commercialisation du coton biologique et équitable. Avec comme double objectif d’augmenter les revenus des cotonculteurs et de protéger l’environnement. Le programme, lancé en 1998, s’est développé en trois phases.

A un an de sa dernière phase, le programme, selon le président du Mobiom, Sidi El Moctar N’guiro, a enregistré des résultats encourageants dans ses zones d’intervention : Kolondiéba, Yanfolila et Bougouni. « En fin 2005, le nombre de producteurs a passé de 174 à 1700 dont 40 % de femmes et la production est passée de 47 t à 386 t de coton graine. En plus, nous avons obtenu le certificat de conformité biologique de Ecocert international en 2002 et le certificat de commerce de Fair Trade labelling organisation en 2004 », a-t-il dit avant d’ajouter que le programme concerne actuellement 29 coopératives de producteurs avec une superficie totale en culture de 859 ha en coton biologique, 363,75 ha en sésame biologique et 122 000 pieds de karité certifiés biologiques.

Prix prometteur

Aujourd’hui, face aux nouveaux enjeux de la privatisation de la CMDT, la menace des OGM, la multiplication des labels, le Mobiom est appelé à devenir un acteur stratégique dans le processus de l’établissement de l’autonomisation. Toutes choses qui passent par l’accroissement de la production et une implication plus accrue des différents partenaires dans la maîtrise de la production de la matière organique et du traitement phytosanitaire, la structuration et l’équipement des producteurs, l’extension des acquis et l’implication des producteurs dans le mécanisme de fixation des prix.

La CMDT, a assuré son directeur régional de Bougouni Drissa Diallo, va poursuivre son rôle d’accompagnateur du programme à travers l’élaboration des plans de campagne, la formation et le renforcement des capacités des producteurs, la fourniture de semence du coton bio, des sacs de récolte, l’évacuation, la commercialisation et l’exportation. « Le coton bio offre assez d’opportunités surtout aux femmes qui ont des contraintes en matière de culture de coton conventionnel. Nous encourageons ce programme qui est une alternative à la pérennisation de la filière coton ».

Quant aux prestataires Emmanuel Togo de Agri multi service et Moussa Kassongué, chef antenne Setade de Kolondiéba, ils se disent conscients du défi à relever. « Nous devons amener les producteurs à s’intéresser à l’agriculture biologique. Nous les accompagnons dans le champ pour suivre le respect des normes de production bio équitable », relève M. Togo.

En tout cas, tous s’accordent à dire qu’avec 272 F CFA le prix du kilo au producteur contre 160 F pour le coton conventionnel, le marché du coton bio est plus que porteur et peut être une porte de sortie honorable pour les 3 millions de producteurs du Mali.

Sidiki Y. Dembélé

07 décembre 2006.