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Le quartier abidjanais pro-Ouattara d’Abobo a été le théâtre de violences mardi, qui se sont prolongées toute la nuit. Des éléments des Forces de sécurité et de défense (FDS), qui y menaient des perquisitions, se sont heurtés à la résistance d’une partie de la population. On parle d’au moins une vingtaine de tués.

jpg_abobo.jpgDes affrontements ont éclatés mardi matin entre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et des habitants du quartier pro-Ouattara d’Abobo PK 18, au nord d’Abidjan. Quelque 300 policiers, gendarmes et militaires qui avaient investi le quartier à 5 h 30 pour une opération de perquisition, ont été confrontés à une farouche opposition de la population. Des tirs ont été entendus. On compte plusieurs blessés et une dizaine de morts, selon un dernier bilan non-officiel, dont des membres des forces de l’ordre.

De sources policières, on confie que l’opération avait pour but de « pacifier » la zone, où des membres des FDS avaient perdu la vie au cours des violences postélectorales. C’est aussi dans la périphérie de ce quartier que deux charniers présumés ont été localisés par le personnel de l’Onuci, qui n’a pas réussi à s’y rendre pour enquêter à cause des obstructions répétées du camp Gbagbo.

Durant toute la nuit, les affrontement se sont poursuivis dans le quartier d’Abobo Marley, ou les témoins ont vu les FDS tirer avec des lance-roquettes RPG-7. Selon certaines sources, le bilan nocturne serait d’au moins une dizaine de tués, dont des membres des forces de l’ordre pro-Gbagbo. Avec les violences de la journée, le bilan pourrait dépasser une vingtaine de morts.

11 Janvier 2011, par Jeune Afrique

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Côte d’Ivoire: au moins deux civils tués après des tirs à Abidjan

Deux civils ont été tués par balles à Abidjan, après des échanges de tirs mardi entre forces de l’ordre fidèles à Laurent Gbagbo et habitants d’un quartier favorable à son rival Alassane Ouattara.

Ces violences interviennent alors que la crise opposant les deux hommes, qui revendiquent la présidence ivoirienne depuis l’élection du 28 novembre, persiste malgré les médiations africaines comme celle du Premier ministre kényan Raila Odinga, attendu de nouveau cette semaine à Abidjan.

Dans le quartier populaire d’Abobo, au nord de la capitale économique, les corps de deux civils, portant des traces de balles, étaient étendus mardi matin par terre, non loin d’une église, a constaté une journaliste de l’AFP.

L’un, torse nu, se trouvait sur le bitume et l’autre dans une ruelle à proximité.

jpg_barricade.jpgNon loin de là, des habitants, montrant des traces de sang sur le sol, ont affirmé avoir vu deux autres corps, de membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à M. Gbagbo. Mais ces décès n’avaient pas pu dans l’immédiat être confirmés auprès des autorités.

Les FDS avaient investi le quartier en nombre à bord de pick-up et de véhicules de transport blindés, et ont longuement échangé des tirs avec des habitants, ont rapporté des témoins.

Les forces de l’ordre sont venues « fouiller » des maisons, affirmant y « chercher des armes », ont raconté plusieurs habitants.

Devant une foule de jeunes en colère qui avaient érigé des barricades à son approche, une patrouille de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) qui se dirigeait vers la zone a dû faire demi-tour, a-t-on constaté.

Charles Blé Goudé, chef des « jeunes patriotes », partisans de M. Gbagbo, devait tenir dans l’après-midi un meeting dans le même quartier. Mais à la suite des affrontements, il a annoncé peu après à l’AFP le report du meeting.

« Nous avons reporté notre meeting pour permettre le bon déroulement de l’opération militaire en cours », a déclaré M. Goudé, ministre de la Jeunesse de M. Gbagbo, l’un des deux présidents ivoiriens proclamés.

La crise postélectorale a fait autour de 200 morts depuis la mi-décembre selon l’ONU.

La communauté internationale, Nations unies en tête, appelle le président sortant Laurent Gbagbo à céder le pouvoir à Alassane Ouattara, qu’elle considère comme le chef d’Etat légitime.

Les différentes médiations africaines, comme celle de l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo le week-end dernier, n’ont pas permis de lever le blocage.

M. Gbagbo est sous la menace d’une opération militaire, actuellement en préparation au niveau de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’il ne quitte pas le palais présidentiel.

jpg_force-ordre.jpgAprès une première visite infructueuse la semaine dernière avec trois chefs d’Etat mandatés par la Cédéao, le médiateur de l’Union africaine, Raila Odinga, doit se rendre de nouveau en Côte d’Ivoire « jeudi ou vendredi », a annoncé son porte-parole.

Mais sa marge de manœuvre semblait toujours aussi étroite, chacun des deux rivaux s’estimant seul président légitime.

Le camp Ouattara a ainsi proposé aux partisans de M. Gbagbo de former un cabinet d’union si leur champion accepte de se retirer. M. Gbagbo « a des partisans, il a des gens compétents dans son parti. Nous sommes prêts à travailler avec eux, dans le cadre d’un large gouvernement d’union », a déclaré l’ambassadeur pro-Ouattara reconnu à l’ONU, Youssoufou Bamba.

Mais, a-t-il insisté, M. Ouattara doit auparavant « être reconnu comme président » par son adversaire.

La « victoire » de M. Gbagbo en novembre est « non négociable », a réagi le président de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan. Il s’est dit « prêt à examiner » les seules solutions qui découleraient de ce « point de départ ».

Alors que la crise politique s’enlise, la crainte de violences pousse toujours des Ivoiriens hors de leur pays. Environ 600 d’entre eux fuient chaque jour au Liberia, a indiqué l’ONU, enregistrant un total de 25.000 réfugiés ivoiriens.

ABIDJAN (AFP) – mardi 11 janvier 2011 – 16h53