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Dix-huit ou dix-neuf personnalités ivoiriennes du camp Gbagbo pourraient faire l’objet de sanctions ciblées, comme un gel des avoirs et des restrictions de visas de la part de l’Union européenne. L’inscription ou non du président sortant Laurent Gbagbo fait encore l’objet de discussions à Bruxelles.

L’Union européenne (UE) se prépare à sanctionner individuellement les responsables du camp du président sortant Laurent Gbagbo, qui se maintient au pouvoir après un coup de force institutionnel.

Une liste de 18 ou 19 noms de proches de Laurent Gbagbo essentiellement est en préparation à Bruxelles. Ils se verraient frappés de sanctions ciblées, comme le gel de leurs avoirs en Europe et des restrictions dans l’obtention de visas. Celle-ci s’est élargie par rapport à une première liste élaborée en début de semaine, et sur laquelle figuraient onze personnes, dont le conseiller pour la sécurité de Gbagbo, Kadet Berlin, le secrétaire général de la présidence, Desiré Tagro, le président du Conseil constitutionnel, Yao N’Dre et Pascal Affi N’Guessan, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI).

Avec ou sans Gbagbo ?

Mais les Européens se demandent encore s’il faut ou non inclure Laurent Gbagbo lui-même sur cette liste. Selon une source diplomatique de l’AFP, les Français envisageaient de ne pas le faire dans l’immédiat pour garder « un moyen de pression supplémentaire » pour plus tard. Le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie seraient sur la même ligne, selon un autre diplomate, mais l’Allemagne préfèreraient l’inclure tout de suite.

La porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages, n’a pas confirmé la position de son gouvernement. « Le contenu [de la liste] sera déterminé en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain et des responsabilités de chacun » a-t-elle précisé.

D’après elle, l’adoption de cette liste pourrait intervenir « la semaine prochaine ».

La BCEAO en arbitre

L’UE espère que la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) va rapidement transférer le siège de la Côte d’Ivoire au sein de son organisation à un membre du camp d’Alassane Ouattara, le président « élu » d’après les résultats de l’élection présidentielle certifiés par l’ONU. Selon un diplomate, cette décision pourrait « prouver aux supporters de Gbagbo et à ceux dans l’administration qui lui sont encore loyaux qu’il sera bientôt à court de ressources financières pour payer leurs salaires ».

17 Décembre 2010.

Publié par Jeune Afrique

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Paris veut laisser à Gbagbo une chance d’éviter des sanctions

La France n’écarte pas la possibilité de sanctions européennes envers Laurent Gbagbo mais lui laisse une chance d’y échapper s’il accepte de quitter le pouvoir de son plein gré.

Selon des sources diplomatiques à Bruxelles, Paris souhaite conserver une carte pour faire face à une dégradation de la situation mais la plupart des Vingt-Sept sont d’avis de viser sans attendre le président ivoirien sortant en l’interdisant de visa et en gelant ses avoirs.

« La France veut garder la possibilité de durcir sa position si les choses empirent dans les jours qui viennent », a expliqué l’une d’entre elles, qui a précisé qu’une liste de dirigeants ivoiriens et de proches du président sortant existait déjà avec 19 noms, dont celui de Laurent Gbagbo, mais entre crochets.

L’Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore la Pologne poussent pour que cette liste soit confirmée en l’état lundi prochain, lors d’une réunion technique à Bruxelles.

Joint par Reuters, le ministère des Affaires étrangères n’a écarté aucune option.

« Les discussions se poursuivent à Bruxelles. La liste pourrait être adoptée la semaine prochaine. Nous souhaitons dans tous les cas qu’elle le soit rapidement », a expliqué Christine Fages, porte-parole adjointe du Quai d’Orsay.

« Le contenu en sera déterminé en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain et des responsabilités de chacun », a-t-elle ajouté.

Selon des sources diplomatiques européennes, Laurent Gbagbo a pris soin d’écarter ses proches de son entourage officiel afin de les protéger des sanctions.

Washington s’impliquqe

Selon un responsable américain, Washington, Paris et les puissances africaines ont donné à Laurent Gbagbo quelques jours pour quitter la Côte d’Ivoire, faute de quoi il s’expose à des sanctions.

« C’est sans doute la première fois que les Américains s’impliquent autant en Côte d’Ivoire », souligne une source proche du gouvernement français à Paris.

L’UE a décidé lundi d’imposer des sanctions ciblées contre le président de la Côte d’Ivoire sortant, Laurent Gbagbo, qui conteste à son adversaire Alassane Ouattara la victoire à l’élection présidentielle du 28 novembre.

Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept, réunis à Bruxelles, ont décidé d’entamer sans délai le processus visant à geler les avoirs et à interdire de visa vers l’Europe toutes les personnes qui « font obstruction aux processus de paix et de réconciliation nationale et en particulier menacent le bon aboutissement du processus électoral ».

Selon le gouvernement Gbagbo, 20 personnes ont trouvé la mort jeudi à Abidjan lors d’accrochages entre les forces de sécurité fidèles au président sortant Laurent Gbagbo et des partisans d’Alassane Ouattara, reconnu sur un plan international comme président élu, ont rapporté des témoins.

Coups de feu et tirs d’armes lourdes ont retenti près de l’hôtel du Golf, quartier général d’Ouattara dans la capitale économique ivoirienne, dans le cadre d’une journée où ses alliés avaient l’intention d’essayer de prendre le contrôle du bâtiment de la Radio-Télévision ivoirienne (RTI).

La victoire d’Alassane Ouattara au second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre, est reconnue par l’Onu, les Etats-Unis, les Etats africains et la France, mais Laurent Gbagbo et le Conseil constitutionnel la contestent en faisant état d’une fraude électorale massive dans le nord du pays.

Quelque 900 militaires français, la force Licorne, sont déployés en Côte d’Ivoire, essentiellement à Abidjan, pour soutenir les casques bleus de l’Onuci et assurer la sécurité des ressortissants français et étrangers.

Reuters

17 Décembre 2010.