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Ce qui s’est réellement passé ce lundi

Très tôt le lundi 24 Novembre 2008, entre 03h 50 et 05 heures, des individus armés jusqu’aux dents, non identifiés, ont tenté de prendre le contrôle de la poudrière du commandement de la zone de Séguéla. Les insurgés ont profité du cafouillage pour libérer des prisonniers dans la prison civile de la ville. De sources proches de l’ex-rébellion, la riposte organisée par les hommes de Wattao, a fait plus d’une dizaine de morts.

Depuis les premières heures de cette nouvelle flambée de violence, dans l’ex- zone de Zakaria Koné, tous les soupçons convergent vers ce chef charismatique dont l’esprit hante toujours la population du Worodougou. A Séguéla comme à Bouaké, fief des Forces Nouvelles, on se perd en conjectures. Mais qui était donc derrière ces déstabilisateurs venus de nulle part ?

La ville de Séguela est en proie à de violents accrochages meurtriers depuis l’exil forcé du mythique chef de guerre Koné Zakaria au Burkina Faso. Dans la nuit du dimanche à lundi, aux environs de 03h50mn, des tirs nourris à l’arme lourde font sauter les populations de leurs lits.

Puis suivirent l’attaque du camp de la Gendarmerie et de la prison civile de Séguela où plus d’une quinzaine de prisonniers proches de l’ex-Comzon, Zakaria Koné était incarcérée. Après avoir accompli cette première mission, les assaillants mirent le cap sur le camp militaire Highlander. C’est à cet instant que le nommé Petit major de la compagnie Anaconda du commandant Wattao, qui dirige les opérations en l’absence du Chef d’Etat Major Adjoint, assurant l’intérim dans cette zone depuis l’exil de Zakaria, rentre en action, opposant une résistance farouche aux assaillants.

Selon notre source, la bataille pour le contrôle de la ville, tourna vite à l’avantage des hommes de Wattao. L’attaque a fait plus de 11 morts, dont 1 du côté des hommes de Soro Guillaume, selon la presse locale. La nouvelle de l’affrontement s’est répandue comme une traînée de poudre dans les zones ex-assiégées et a rappelé à la population la fragilité de la situation en Côte d’Ivoire, malgré le chemin parcouru vers la paix. 24heures après cette attaque, aucune piste sur la nature réelle des assaillants ni sur leurs intentions.

Selon certains observateurs, le mode d’action de l’attaque laisse penser qu’il s’agirait d’un plan d’attaque généralisé sur les villes de Séguéla, Bouaké et Korhogo. Mais avec la réponse vigoureuse donnée par les éléments de l’actuel Comzon Wattao, et les renforts qui ont convergé vers la zone du conflit, tout laisse penser que les velléités guerrières des envahisseurs s’émousseront très vite. Car avec le démarrage effectif de l’enrôlement et de l’identification à Bouaké et dans les zones Centre et Nord Ouest (CNO), les Forces Nouvelles ont un challenge à relever aux yeux du monde, dans le sens l’irréversibilité du processus de paix dans ce pays.

C’est pourquoi dans un communiqué, « les FAFN ont tenu à calmer le jeu, tout en rassurant les populations que des mesures particulières sont prises pour garantir leur sécurité et leur quiétude sur l’ensemble des zones sous leur contrôle. L’Etat major des Forces Nouvelles tient également à mettre en garde tous ceux qui seraient tentés par une telle aventure sans issue. Enfin elles réaffirment leur attachement indéfectible à l’Accord politique de Ouagadougou et réitèrent leur engagement dans l’application intégrale dudit accord ».


De Gildas – correspondant du Républicain à Abidjan

27 Novembre 2008