Partager

Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Mopti, son juge d’instruction et son substitut, le juge d’instruction du Tribunal de première instance de la Commune II et un huissier de justice ont été placés hier mardi sous mandat de dépôt. Ils sont soupçonnés de corruption.

Les autorités judiciaires de notre pays ont décidé de nettoyer les écuries d’Augias. Un grand coup de ballai a été donné mardi dans les rangs de la magistrature dans l’affaire de corruption présumée qui secoue le milieu judiciaire depuis quelques mois. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Mopti, Fousseyni Salaha et deux autres juges de son tribunal dont celui chargé de l’instruction, le juge d’instruction de la Commune II du district de Bamako Abdoulaye Kamaté et un huissier de justice sont impliqués dans une affaire de corruption dans des affaires différentes.

Le juge d’instruction de la Commune II, Abdoulaye Kamaté est incriminé dans une vente de terrain qui a mal tourné. Dans cette affaire où le propriétaire du terrain a nié l’authenticité de la vente en refusant le prix de dix millions F CFA qu’il dit n’avoir jamais proposé, l’huissier de justice chargé d’établir le procès-verbal sur la vente a été entendu par M. Kamaté et emprisonné pour avoir établi du faux procès verbal. Il n’a recouvré sa liberté qu’en payant 3 millions de F CFA au juge d’instruction par l’entremise de son avocat. L’huissier a à son tour a porté plainte contre le juge pour corruption. Ils sont tous les deux arrêtes pour le même chef d’inculpation.

Pour le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Mopti et ses deux juges, nous ignorons pour l’instant le motif réel de leur inculpation même si ce sont aussi des faits de corruption.

Avant d’être arrêtés hier dans la journée à l’issue d’une procédure mise en branle par la Cour suprême, les magistrats ont fait l’objet d’une vaste enquête. Ils ont même été traduits devant le conseil de discipline du conseil supérieur de la magistrature.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 11 Décembre 2013