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L’Etat de droit oblige un toilettage de la justice, une application stricte des textes sans aucune considération partisane. C’est à cela que le tout nouveau ministre de la Justice, garde des Sceaux, Malick Coulibaly doit s’atteler.

« Je jure et promets de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de garder le secret des délibérations et de me conduire en tout en digne et loyal magistrat… » C’est en ces termes que les magistrats prêtent serment. Mais au vu de ce qui se passe dans nos juridictions que vaut le serment de certains magistrats ?

Inutile de dire que sans une intégrité du juge, cet engagement judiciaire perd sa qualité. Tous les Maliens s’accordent à dire que le Mali et sa justice sont malades. Et qu’il faut trouver une thérapie très rapidement « si nous voulons un vrai changement ». Le constat est palpable, dans certaines de nos juridictions. Il n’est pas rare de voir des juges corrompus s’adosser sur des dossiers pendants. Leur seul et unique souci est de tremper la main dans l’argent sale.

Le nouveau ministre de la Justice, garde des Sceaux, Malick Coulibaly, n’a pas besoin de diligenter une commission pour savoir qui sont les juges et procureurs qui prennent de l’argent avec les usagers, qui sont par la suite traînés dans la boue. Nous nous gardons de soulever la poussière dans la galerie. Sinon, Dieu sait combien ils sont ces procureurs, ces juges des tribunaux qui s’adonnent à des actes qui n’honorent pas la justice de notre pays.

Sans jeter l’anathème sur toute la corporation, il est à noter que jusqu’ici, même s’ils se comptent sur le bout des doigts, existent des hommes et des femmes qui ont de ce métier un sacerdoce. Oui, nous avons encore quelques procureurs et juges qui sont restés dignes et n’ont jamais trahi le serment.

« Un juge corrompu décide toujours en toute impunité au mépris des lois. Aujourd’hui, il est à déplorer que très souvent les citoyens riches sont presque sûrs de gagner un procès », déplorent de nombreux jeunes rencontrés, qui n’aspirent qu’à voir mis à la porte des juges et procureurs reconnus pour être des affairistes.

Sévir !

Malick Coulibaly doit prouver au peuple malien assoiffé de justice que l’heure des juges magouilleurs est révolue. S’il maintenait le cap, il légaliserait les pratiques maffieuses dans le rang des toges noires. Dans ces conditions, la crise de confiance perdurerait entre les justiciers et les justiciables. Or, le contexte se prête à un coup de pied dans la fourmilière judiciaire.

Dès sa prise de fonction M. Coulibaly devra s’atteler à identifier dans un premier temps les brebis galeuses. Selon une personnalité avertie de la justice, deux attitudes se présentent au nouveau ministre de la Justice et garde des Sceaux. « Il peut ordonner des mesures réglementaires et disciplinaires pour rappeler que la loi s’impose à tous ».

Et « s’il le faut, aller très rapidement vers la création d’un centre pour l’éthique judiciaire qui apportera sa contribution à la lutte contre la corruption au niveau de la justice. Un Centre qui dénoncera et condamnera les inconduites dans le monde de la justice et travailler pour le respect des règles d’éthique et de déontologie qui sont foulées au pied par certains juges » , suggère l’homme de droit.

Dans tous les cas, c’est tout un peuple qui a donc le regard tourné vers le ministre Coulibaly, connu pour être une personnalité incorruptible qui devra apporter un changement de taille à la justice et redonner espoir à une population en déphasage avec sa justice. Il y va de l’avenir de notre pays.

Amadou Sidibé

Le 27 Avril 2012