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Le dialogue entre le député Konimba Dembélé et le ministre de l’Education nationale n’a pas eu lieu hier, l’honorable élu de la nation ayant jeté l’éponge arguant dans sa lettre de retrait de l’interpellation qu’il avait confiance en la bonne foi du ministre. C’est à la fois court et « ridicule ». Car si le débat avait eu lieu, le peuple allait être édifié sur l’ampleur de la corruption et de l’arnaque à l’école et surtout sur la crise de l’enseignement supérieur qui aurait été immanquablement évoquée.

Le retrait de l’interpellation du Pr. Mamadou Lamine Traoré jeudi à l’Assemblée nationale par son initiateur, le député Konimba Dembélé, élu à Sikasso a fait rire… jaune plus d’un Malien.

Dans la lettre adressée à ses pairs pour annoncer le retrait de son interpellation, l’élu de Sikasso a excipé du fait qu’il a été convaincu par les explications à lui données par le ministre de l’Education. L’honorable député a ajouté qu’il a confiance et croit en la bonne foi du ministre. Mais, là n’est pas le problème.

La réalité est que cette interpellation du ministre de l’Education avait dans tous les cas sa raison d’être eu égard à la nature hautement importante des questions soulevées : l’arnaque et la corruption.

L’honorable Dembélé voulait interpeller le ministre sur la multitude de pièces exigées et la lourdeur de la procédure pour le changement de statut des écoles communautaires en écoles publiques. Une aubaine, a-t-il témoigné, que certains enseignants ne ratent pas pour escroquer les populations.

Ainsi le député a avancé le cas du directeur du second cycle de Lobougoula. Dans sa lettre, il raconte que Mady Diombana, directeur du second cycle II de Lobougoula, a réussi à soutirer la somme de 175 000 F CFA aux populations de Ngolokasso afin de « graisser ses chefs ».

L’essentiel occulté

Après ses enquêtes, le député s’est rendu compte que les populations ont été flouées par le directeur qui a d’ailleurs reconnu les faits. L’honorable élu de Sikasso, par l’interpellation, voulait demander au Pr. Traoré d’approfondir les enquêtes pour mesurer l’ampleur de ce phénomène et d’en tirer toutes les conséquences.

Toutefois, sans vouloir désobliger l’honorable député, nous estimons que son interpellation, bien que soulevant une préoccupation majeure, n’est pas plus d’actualité que la grève générale illimitée des enseignants du supérieur.

S’il semble, après entrevue avec le département en question, satisfait de la situation des écoles communautaires, pourquoi n’a-t-il pas transformé son interpellation en questions orales sur l’école en général.

Pourquoi l’honorable Dembélé n’a-t-il pas interpellé le ministre sur l’affaire du bac à Sikasso ? Parce qu’il s’agit d’une question nationale qui discrédite tout le système éducatif national. Ou bien est-ce parce qu’il a des comptes à régler avec ce directeur d’établissement ?

Nous condamnons l’acte d’escroquerie du directeur du second cycle II de Lobougoula s’il est avéré. Mais interpeller le ministre de l’Education sur des questions de cette nature seulement en oubliant l’essentiel, c’est à notre avis, ramener le débat sur les problèmes de l’école au ras des pâquerettes naines.

Denis Koné

26 janvier 2007.