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Des centaines de camions transportant diverses marchandises sont arrivés à Zégoua avec l’ouverture de frontière

Le corridor Bamako-Abidjan joue un rôle très important dans l’approvisionnent de notre pays. En effet, c’est par le port d’Abidjan que transitent plus 75 % des importations et exportations de notre pays. Compte tenu de cette situation, le Conseil malien des chargeurs, dès les premiers jours du coup d’Etat, a jugé utile de dépêcher une délégation à Zégoua pour vérifier l’état de cet axe routier afin de trouver rapidement des solutions aux problèmes qui s’y posent.

jpg_corridor.jpgLa délégation était conduite par le chef du service chargé de la promotion et de l’assistance aux chargeurs, Youssouf Coulibaly. Celui-ci était accompagné du secrétaire permanent du Syndicat national des professionnels des transits et commissionnaires en douane (Sitram), Sékou Célestin Maïga. Suite à la décision des autorités ivoiriennes de fermer la frontière avec notre pays, dans la foulée du coup d’Etat, nos importateurs s’étaient retrouvés avec une importante quantité de marchandises stockées au port d’Abidjan et dans les camions en stationnement bloqués à la frontière de l’autre côté.

De Zégoua à Sikasso, les chargeurs ont constaté les conditions difficiles de travail des services des douanes et des bureaux de transit. A Zégoua comme ailleurs, les douaniers ont renoué avec le traitement manuel des dossiers à cause de la destruction du serveur central et du parc informatique de la direction générale des douanes. Il faut rappeler que le système informatique douanier, « Sydonia + », permettait en même temps d’analyser les dossiers très rapidement et de vérifier la quantité et la nature des marchandises à l’import et à l’export.

Le logiciel permettait aux différents services douaniers de communiquer en interne par messagerie électronique. « A partir des données comme l’identité du porteur, la nature de la marchandise, sa quantité ainsi que d’autres informations importantes, les douanes faisaient la taxation en se référant aux tarifs des droits et taxes à l’import-export, dont la version électronique est sur les machines », explique un douanier de Zégoua.

Ainsi depuis la réouverture de la frontière, les douaniers de Zégoua travaillent sans relâche pour évacuer les centaines de camions de marchandises en transit ou en dédouanement. Au bureau secondaire des douanes de Zégoua, le parking de gros porteurs a reçu plus de 200 camions et gros porteurs entre le 22 et le 25 mars composés de 10 camions chargés de blé, 45 camions transportant du sucre, autant de citernes d’hydrocarbures, plus de 70 camions chargés de riz, 17 gros porteurs transportant du fer et une centaine de camions chargés de produits divers. Pour le chef de bureau de Zégoua, Baye Ag Assoni, le travail est devenu très compliqué et surtout très lent. « Notre souci premier est d’assurer la fluidité du trafic et d’évacuer rapidement les camions arrivés par dizaines à notre niveau.

L’écriture manuelle des dossiers est très contraignante. Il faut désormais collecter les dossiers, les classer par bureaux de destination et ensuite procéder aux traitements. Si avant les évènements, on pouvait évacuer plus de 100 camions par jour, aujourd’hui il est difficile voire impossible d’effectuer une quarantaine de traitements journaliers, malgré le fait que nous travaillons 24 heures sur 24 », explique Baye Ag Assoni.

Il faut rappeler que les marchandises transitant par l’axe Bamako-Abidjan concernent en plus des produits de première nécessité, les produits de fabrication ivoirienne (ciment, pâtes alimentaires, ustensiles plastiques, engrais, huile alimentaire, savon, bois contreplaqué, fer et dérivés et bois scié), les produits de beauté et du carburant. Pour le secrétaire permanent du Syndicat national des professionnels des transits et commissionnaires en douane (Sitram), Sékou Célestin Maïga, le retour à l’escorte est un problème majeur aussi bien pour la douane que pour les transitaires et commissionnaires en douane. Qui va supporter les frais d’escorte ?

Selon les textes en vigueur, explique le transitaire, notamment l’arrêté N°2796 et son instruction d’application, les frais d’escorte doivent être supportés par le fond de garantie du Transit routier inter-états (TRIE). A cet effet, il constitue des convois de 5 à 20 véhicules. « Nous avons constaté que les services des douanes sont en train de faire d’énormes sacrifices en escortant nos marchandises sans frais d’escorte qui leur permettaient de s’alimenter pendant l’escorte. Mais je pense que le Conseil des chargeurs en concertation avec la Chambre de commerce et d’industrie, trouvera une solution rapide et efficace à ce problème », rassure le transitaire en saluant les mesures urgente prise par la douane pour la bonne prise en charge des marchandises.

Cette situation particulière nécessite des dispositions particulières, indique le chef du service chargé de la promotion et de l’assistance aux chargeurs, Youssouf Coulibaly. « Nous avons dans les différents ports de la sous-région, une importante quantité de marchandises dont des milliers de tonnes de produits de première nécessité. Au niveau des chargeurs, nous avons pris des dispositions particulières pour rassurer les routiers et leur apporter l’assistance nécessaire.

Cette assistance comprend aussi bien leur prise en charge alimentaire et leur sécurité dans les ports à la destination finale des marchandises », a-t-il expliqué. C’est donc à leur grande satisfaction que les opérateurs économiques et des chargeurs maliens constatent la fluidité du trafic sur les différents corridors en général et le corridor Bamako-Abidjan en particulier depuis dimanche. Pour le chargeur, de la fermeture le 22 mars à l’ouverture de la frontière le 25 mars et l’arrêt brusque du 29 mars au 1er avril, nous avons travaillé en bonne intelligence avec les autorités frontalières ivoiriennes pour d’abord sécuriser les marchandises et surtout évacuer les produits de première nécessité et les produits périssables », rassure t-il.

Mardi 3 avril 2012, par Doussou Djiré

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