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Malick Al Housseyni Maïga, (COREN) : « Si la négociation échoue, il faut passer par la voie militaire pour libérer le Nord »

Le Républicain : Quelle est la situation aujourd’hui au Nord du Mali ?

Malick Al Housseyni Maiga: La situation au Nord du Mali, comme vous le savez, depuis le 17 janvier c’est la rébellion : l’attaque de Menaka, les massacres d’Aguelhok, et successivement, les villes de Tessalit d’Anderaboucan, puis Kidal, Gao et Tombouctou ont été attaquées. Et ce que nous avons constaté, ce sont les mêmes groupes qui attaquent la même ville en même temps ; ceux qui revendiquent aujourd’hui l’Indépendance (le MNLA), ceux qui disent qu’ils vont instaurer la « Charia » (An sardine et AQMI). Donc la situation générale aujourd’hui, c’est que le Nord du Mali est occupé, et que ses assaillants commettent des assassinats, violent nos filles, nos sœurs, nos tantes. Ils ont pillés toutes l’administration, tout le tissu socio économique a été détruit. Voilà actuellement la situation au Nord.

Parmi les assaillants, le MNLA a proclamé de ces régions constituées en État de l’Azawad, quelle est votre réaction face à la situation?

Nous avons produit un communiqué de presse dans lequel nous avons rejeté cette indépendance. Pour nous, il s’agit d’une proclamation d’indépendance illusoire. L’Azawad n’a jamais existé ni géographiquement, ni sur le plan historique. Le Mali, il est un et indivisible et tout sera mis en œuvre pour que le Mali reste un et indivisible.

Selon vous, qu’est ce qu’il faut aujourd’hui pour libérer le Nord ?

Le Nord a été occupé par des hommes en armes. L’Etat du Mali trouvera bien les moyens, bien sûr avec la communauté internationale notamment la CEDEAO Pour libérer le Nord. Samedi, nous avons eu une séance de travail avec le médiateur de la CEDEAO et le ministre ivoirien qui représente le président de la CEDEAO. Il est aujourd’hui établi que personne, aucun État ne peut accepter un État que l’on proclame avec les armes.

Vous savez, nous sommes du Nord, nous sommes société civile, nous sommes bien sûre les premiers concernés par cette question, parce que ce sont des frères à nous qui ont pris les armes et ce sont aussi nos parents qui sont les premières victimes. Pour nous, il faut négocier, ceux qui ont pris les armes, qui proclament l’indépendance sont des frères à nous. Il faut les appeler à la raison, échanger avec eux. S’ils ne reviennent pas à la raison, il faut passer par la voie militaire. Pour le moment, il faut prioritairement organiser une chaine de solidarité nationale et internationale.

Par Hadama B. Fofana

Le Républicain du 10 Avril 2012