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Ouverte depuis le lundi dernier, la 21e conférence sur le climat à Paris fait l’objet de vives critiques. En dehors des agitations entre pro et anti, les scientifiques se déchirent sur l’origine du dérèglement climatique et les mesures à prendre pour sauver la planète.

À l’occasion de ce qui est présenté comme le rendez-vous de la dernière chance, pour inciter les États à fournir un plan ambitieux de réduction de gaz à effet de serre (GES) et arracher un accord international limitant le réchauffement climatique à 2 degrés, certains théoriciens scientifiques à l’image de Jean-Pierre Bardinet, ingénieur ENSEM, ou encore le physicien Pierre Beslu, ancien chef de département au CEA, sèment la confusion. Mais ils partent probablement de postulats scientifiques solides.
Selon eux, le groupement intergouvernemental d’experts du climat (GIEC) auquel le monde apporte sa confiance, fait une fausse lecture du réchauffement climatique en le prouvant par la présence de la quantité de CO2 dans l’atmosphère, alors qu’il s’agit d’un phénomène naturel qui nous dépasse. Pour eux, le réchauffement est naturel et c’est cette chaleur qui augmente le CO2 dans l’atmosphère. Ils affirment également que la présence du CO2 n’augmente pas le réchauffement de la planète en le prouvant par des exemples des années 1950 et 1978, où les émissions du CO2 avaient augmenté pendant que la température moyenne annuelle générale avait baissé. Ces scientifiques ont élaboré et développé des thèses jusqu’à hauteur de vingt-deux pour justifier leur désaccord avec le GIEC.

Mais en dehors des ces querelles intestines entre scientifiques, l’histoire retiendra que la France aura réussi un grand coup, celui de pouvoir réunir le monde entier pour la survie de notre planète. Quant à l’Afrique, dispersée au départ, elle semble avoir vite compris la leçon de la solidarité. Car, en réalité, les pays africains sont victimes de cette injustice des gros pays pollueurs de l’Occident.
L’autre enjeu pour le continent africain serait les compromis juridiques de cette conférence. Joint par téléphone depuis la banlieue parisienne, Gaël Reyol se dit sceptique. «Je soutiens l’Afrique dans sa démarche. Je ne sais pas encore ce qui va sortir comme lois de cette conférence. Mais je doute fort que ces lois soient favorables aux pays pauvres.»
En attendant, tous les regards convergent vers cette conférence qui devrait donner une nouvelle chance à la planète.

Zoumana Coulibaly

Le Débat du 4 Décembre 2015