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C’est autour d’une conférence de presse tenue hier à la Maison de la presse que le nouvel ambassadeur de l’Union européenne (UE), Richard Zink a présenté son programme de coopération avec le Mali. Il était assisté par le premier conseiller de la délégation de l’UE et le président de la Maison de la presse, Makan Koné. De nombreux journalistes et directeurs de publication ont également pris part à la conférence de presse.

Pour le nouvel Ambassadeur de l’Union européenne, Richard Zink, depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en décembre 2010, la Délégation assume le rôle de la présidence de l’Union et à ce titre, représente toutes les institutions européennes et coordonne au niveau local, la position des Etats membres sur les sujets d’intérêt commun. De ce fait, il a précisé que la coopération entre l’Union européenne et le Mali qui s’est établie depuis 1958, concerne les domaines du développement rural, l’aide humanitaire, les infrastructures routières, le développement urbain et l’appui institutionnel.

Selon Richard Zink, le dynamisme du partenariat entre l’Union européenne et le Mali est lié à la stabilité politique et sociale du pays ces dernières années, à sa capacité à gérer les conflits, au bon niveau d’absorption de l’aide et l’existence d’un dialogue politique franc et soutenu. Ainsi, sur la base de l’article 8 de l’accord de Cotonou, il a indiqué que les chefs de missions européennes et le chef de la délégation entretiennent un dialogue régulier avec les autorités à tous les niveaux y compris le parlement et la société civile.

Ce dialogue a pour objectif d’échanger des informations, d’encourager la compréhension mutuelle ainsi que de définir des priorités et des principes communs devant se traduire par des engagements concrets, a-t-il dit. Durant ces rencontres sont évoqués des sujets sensibles comme les migrations, la sécurité et la stabilité, le développement des régions du Nord, la bonne gouvernance politique et économique, la problématique genre et les droits de la femme ainsi que la mise en œuvre de réformes prioritaires telles que la décentralisation.

D’après lui, le principal instrument d’aide au développement de l’Union européenne est le fonds européen de développement ( FED), un fonds formé par les contributions des Etats membres. Il a souligné que les montants consacrés par l’Union européenne à l’aide au développement n’ont cessé de s’intensifier depuis 50 ans. Avant d’ajouter que le total des ressources allouées au 10ème FED de 2008 à 2013 pour l’ensemble des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) est de 223 milliards d’euros. Les paiements du Mali dépassent les 100 millions d’euros par an soit 65 milliards de FCFA depuis 2005.

Il a saisi cette opportunité pour rappeler que le FED a été conçu dès le départ comme une coopération décentralisée, c’est-à-dire que la gestion de l’aide est confiée à l’Etat bénéficiaire qui définit ses priorités et gère la mise en œuvre des projets avec l’appui de la Délégation. A cette fin, chaque Etat est doté d’un Ordinateur national (ON) soutenu par une équipe technique ayant la charge de la gestion, de la mise en œuvre technique et contractuelle du FED au quotidien, a-t-il révélé. Avant de conclure en précisant qu’au Mali, l’Ordinateur national est le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale. Ainsi, chaque engagement contractuel et chaque paiement du FED au Mali portent une double signature de l’ON et du Chef de la Délégation.

Moulaye H HAIDARA

L’Indépendant du 16 mars 2012