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Le douzième sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, après des débats houleux parfois à la limite de la désobligeance s’est achevé mercredi sur un accord a minima sur la principale pomme de discorde – le gouvernement de l’Union – qui divisait la vingtaine de chefs d’État et de gouvernement présents à la conférence sur la cinquantaine annoncée. A l’arraché, un consensus a finalement été trouvé sur la procédure à suivre pour constituer cet exécutif continental.

Si la réforme est acceptée, à partir du sommet de juillet, le processus de ratification dans chaque État membre commencera. Le rapport du Conseil exécutif prévoit notamment l’amendement de l’Acte constitutif de l’UA, la mise en oeuvre de la transformation de la Commission de l’UA en « Autorité de l’Union », et l’approfondissement du changement de statut des commissaires qui doivent devenir des secrétaires.

La conférence avait adopté les recommandations du Conseil exécutif (composé par les ministres) qui suggéraient une étude sur l’approfondissement de la réforme. Les conclusions de cette recherche devraient être disponibles dans trois mois.

Les chefs d’État trancheront en juillet, au prochain sommet de l’organisation continentale prévu en principe à Madagascar. Auparavant la conférence avait décidé mercredi après-midi peu avant de clore le sommet de changer le nom de la Commission de l’Union (organe exécutif) en « Autorité de l’Union ».

« Cette décision importante a été prise à l’unanimité des chefs d’État et de gouvernement présents de transformer la Commission en Autorité de l’Union« , a confirmé à la presse à la fin du sommet le président de la Commission, Jean Ping, ajoutant : « c’est une avancée majeure qui met fin à tous ces débats sur la manière de faire avancer l’UA que nous avons depuis plus de trois ans ».

Mouammar Kadhafi a lui qualifié ce changement de dénomination d’avancée très importante, avant de lancer un appel à la jeunesse africaine pour l’inciter à faire pression dans le sens de l’unité africaine.
Pour notre ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, le sommet d’Addis Abeba a été bénéfique à maints égards.

Le fait de l’inscrire dans la dynamique du changement est en soi une prise de conscience de la nécessité d’aller de l’avant, a-t-il jugé. C’est pour cette raison que la réunion a axé son thème directeur sur les infrastructures en Afrique.

Il s’agissait là pour les chefs d’État et de gouvernement de discuter et promouvoir l’interconnexion des réseaux routiers et énergétiques, les transports et les communications, l’assainissement etc.

Des ambitions légitimes mais combien ardues à mettre en oeuvre quand on se doute combien la prochaine décennie sera probablement très sombre pour l’Afrique à cause de la tourmente économique et du réchauffement climatique, avait sombrement prédit mardi le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi.

Nombre de pays redoutent une baisse de l’aide internationale vitale pour certains projets de développement. Une crainte confortée par les prévisions du président de la Banque mondiale Robert Zoellick : « la crise financière, qui est devenue une crise économique, devient maintenant une crise de l’emploi et dans les mois à venir, elle deviendra, pour certains, une crise humaine« , touchant en premier lieu l’Afrique, en proie en permanence à des conflits.

Jean Ping a, par conséquent, instamment appelé la communauté internationale à insérer le continent dans la définition des règles de la finance internationale. La conférence s’est réjouie, à ce sujet, de la décision du Premier ministre britannique d’inviter le continent au prochain sommet du G20 au Royaume Uni. Mais, l’Afrique encore mis à nue ses divergences dans la composition de la troïka qui devra la représenter au sommet de Londres.

Pour nombre d’analystes présents dans la capitale éthiopienne, il est plus que temps de dépasser les clivages idéologiques, les susceptibilités régionales pour redéfinir les priorités du continent et se consacrer au développement des économies pour nous libérer de la honte qui est la nôtre d’être le continent le plus pauvre du monde comme l’avait lancé le Tanzanien Jakaya Kikwété dans son discours d’adieu lundi à ses pairs.


Accords bilatéraux : Un cadre tracé avec l’Ethiopie et le Kenya

En marge du 12è sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane, et son homologue de la République fédérale d’Éthiopie, Seyoum Mesfin, ont signé mardi en présence du président Amadou Toumani Touré et du Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, un accord général de coopération entre le Mali et la République fédérale d’Éthiopie.

Les différents axes de coopération définis dans le document portent sur des secteurs vitaux tels que l’économie, la culture, les investissements, l’agriculture et l’éducation.

Cette entente correspond aux Objectifs du millénaire pour le développement et aux orientations définies par la politique de développement de l’Union africaine. L’accord prend également en compte la coopération en matière de paix et de sécurité.
Un autre accord général de coopération avait, auparavant, été signé par le ministre Ouane avec son homologue du Kenya, Moses Wetang’Ula.

Cet accord, a expliqué Moctar Ouane, est un signal fort du renouveau des relations entre les deux pays et de l’engagement des deux gouvernements à donner une nouvelle dimension à nos rapport de coopération.

Il instaure un cadre juridique de coopération et constitue le socle sur lequel devront se baser les relations entre les deux États. Celles-ci vont conduire au renforcement des relations de coopération dans certains domaines comme l’économie, le commerce, la culture, la gestion de la circulation des hommes et des biens, le transport aérien, les arts et le sport.

Cette coopération pourrait également aboutir à l’adoption de mesures pour encourager les organisations et les entreprises kenyanes et maliennes à renforcer leurs liens dans les domaines de la science, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, des technologies de l’information et de la communication, des industries de construction, des services financiers, du commerce et des investissement.

L’accord général vient corriger une situation anormale qui a longtemps pénalisé les relations entre nos deux pays compte des immenses potentialités existantes et du nombre important de nos concitoyens résidant au Kenya.

jpg_3235.jpgEn marge du sommet des chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine, le président Amadou Toumani Touré s’est entretenu avec le secrétaire général des Nations Unies dans un salon de la Commission économique pour

Audiences : Sécurité et libre circulation en première ligne

l’Afrique. Si rien n’a filtré officiellement de cet entretien avec Ban Ki Moon, dans l’entourage du chef de l’État l’on croit savoir que les discussions entre les deux personnalités ont porté sur les questions sécuritaires, ce dans la perspective de la tenue prochaine dans notre pays d’une réunion internationale sur la sécurité dans la région sahélo-saharienne.

Auparavant le président Touré avait reçu l’ancien Premier ministre algérien, Abdel Aziz Bel Kadem. Avec l’émissaire algérien, le chef de l’Etat a abordé des questions de renforcement des liens de coopération entre nos deux pays, et aussi de paix et de sécurité dans la région commune. Il a ensuite reçu en audience le secrétaire d’État aux affaires étrangères du Royaume d’Espagne, Angel Losada.

Avec l’émissaire espagnol, Amadou Toumani Touré a évoqué les possibilités de renforcement de la coopération entre Bamako et Madrid notamment dans la gestion des visas entre le Mali et l’Espagne. Ce dernier pays étant l’une des destinations européennes les plus courues par nos compatriotes.


B. COULIBALY

Essor du 06 Février 2009