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L’Association des régions frontalières européennes (ARFE) a récompensé les efforts et l’engagement de notre compatriote Aguibou Diarrah, ancien diplomate, en lui décernant le prix personnel «Sail of Papenburg». Il devient ainsi la cinquième personnalité mondiale et le premier Africain à recevoir cette distinction. Cette information a été donnée à la presse, mercredi, le 5 décembre 2017 au cours d’une conférence de presse qu’il a lui-même animée.

C’était au deuxième étage de l’immeuble abritant l’agence de la Banque malienne de solidarité à Kalanba-Coura au bord des 30 mètres.

Cette distinction, l’ancien diplomate l’a dédie à sa mère décédée, le 6 novembre 2016, à son défunt père, à sa famille ainsi qu’à tous les patriotes africains qui ont fait du panafricanisme leur cheval de bataille, seule voie pour l’Afrique de réussir son développement.

Selon Aguibou Diarrah, la vision panafricaniste a été torpillée pour que l’Afrique ne réalise pas l’intégration, gage de la création des Etats-Unis d’Afrique. Il précise que l’Afrique doit dépasser les frontières, un pas vers la résolution des crises. Il préconise des frontières passerelles dont l’avantage est la gestion consensuelle des crises.
Avant d’ajouter qu’aucun pays ne peut à lui seul gérer une crise. C’est son passage à l’Union africaine (UA), à la tête du Programme Frontière de l’Union africaine (AUBP), qui lui a valu cette distinction. Il est l’initiateur de l’adoption d’une Convention de l’UA sur la coopération transfrontalière.

Selon toujours M. Aguibou Diarrah, cet instrument juridique, adopté par 54 Etats et ratifié par une dizaine de pays, va désormais gérer les crises. Avec cette Convention, dit-il, plus de guerres de frontières en Afrique. Il révélera qu’une Journée africaine des frontières a été instituée. Elle est célébrée le 7 juin de chaque année.

Poursuivant son engagement dans la coopération transfrontalière, il est à l’origine de la construction du centre hospitalier-frontalier entre le Burkina Faso et le Mali.
En 2006, lors d’un forum de l’ARFE à Strasbourg avec qui il a beaucoup coopéré dans divers projets et initiatives tels que l’élaboration d’une Journée internationale de coopération transfrontalière qui a été discutée avec l’équipe de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et avec Antonio Guterres, l’actuel patron de l’ONU, Aguibou Diarrah a présenté l’embryon du Programme ‘’Frontières de l’Union africaine’’ (AUBP).

Il a reçu le prix personnel «Sail of Papenburg» des mains de Martin Guillermo Ramirez secrétaire général de l’ Association des régions frontalières européennes (ARFE), en présence de Jens Gabbe, président du Comité consultatif de l’ARFE, le 27 octobre 2017. C’était à la faveur de la conférence des Régions Frontalières européennes qui s’est déroulée, les 26 et 27 octobre 2017, à Badajoz, où il était invité.
Ce prix est remis à intervalles irréguliers à des personnes très actives dans le domaine de la coopération transfrontalière.

Dans le passé, le prix a été remis à Elmar Brok (2006), Michel Delebarre, ancien président du CDR (2008), Dr Viktor Freiherr von Malchus, président du Comité consultatif de l’ARFE (1974-2008), accordé à titre posthume, en 2008, et à la député Danuta Hubner, ancienne commissaire européenne à la Politique régionale (2013).
Avant d’être appelé à l’Union africaine par Alpha Oumar Konaré qui a promu la coopération transfrontalière en Afrique, Aguibou Diarrah fut successivement directeur national des frontières, ambassadeur du Mali au Ghana avec résidence à Accra.
Sa juridiction couvrait le Bénin, le Niger, le Togo, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo Brazzaville, le Tchad et la RD Congo. Il a fait valoir ses droits à la retraite en 2016.

YS

Du 18 Décembre 2017