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Après plusieurs reports pour des raisons de calendrier des responsables concernés dans les deux pays, la rencontre bilatérale sécuritaire Mali-Niger s’est finalement tenue le 21 août à Gao.

L’École des infirmiers située dans le quartier de Sossokoïra en face d’une somptueuse mosquée, a servi de cadre à cet important rendez-vous. Les habitants de la cité des Askia, saisissant l’opportunité, sont massivement sorties pour manifester leur désir de paix pour le Mali et pour le Niger.

Le général Sadio Gassama, notre ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, à l’entame des travaux, s’est félicité de la présence à cette rencontre de son homologue du Niger.

Celle-ci traduit, dira-t-il, le grand intérêt que ce pays accorde aux problèmes de sécurité qui affectent les populations le long de la frontière commune.

Cette vaste zone sahélienne, a-t-il rappelé, est de nos jours confrontée à des problèmes de vols à main armée, de bétail et de biens, la circulation illicite des armes légères et au trafic de drogue.

Sadio Gassama a jugé urgent de mener des actions concrètes pour combattre de façon plus efficace et plus durable ces phénomènes.

« Le coupeur de route au Niger doit être identifié au Mali et traqué comme s’il se trouvait sur le territoire nigérien« , a-t-il plaidé.

La frontière, du point de vue du général Gassama, ne devrait donc plus ménager des sanctuaires aux malfaiteurs et empêcher les deux États de garantir la sécurité à leurs citoyens.

Albadé Abouba, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation du Niger, s’est, lui, appesanti sur les différents scrutins que notre pays vient d’organiser.

Ces élections réussies constituent une marque de maturité politique et une belle démonstration qui a honoré non seulement le Mali, mais aussi l’Afrique toute entière, a-t-il estimé.

Évoquant l’insécurité aux frontières, Albadé Abouba a relevé qu’elle traumatisait des populations dont l’aspiration à vivre en paix et en sécurité cadre bien avec le thème central de la rencontre de Gao : « Coopération sécuritaire transfrontalière« .

Après une évaluation des recommandations faites par les rencontres précédentes, deux sous-thèmes ont été dégagés : Les formes et les manifestations de la criminalité : vols à main armée, enlèvements de bétail et des biens, trafic de drogue et la gestion des ressources naturelles et des questions environnementales.

Dans le communiqué final des travaux, les deux délégations ont déploré la non application des recommandations des différentes rencontres tenues de 2002 à nos jours, la persistance du banditisme dans la zone frontalière.

Aussi ont-elles décidé du renforcement de la coopération sécuritaire transfrontalière entre les forces de sécurité et de défense d’une part, les autorités administratives et les communautés d’autre part.

Évoquant la gestion des ressources naturelles et les questions environnementales, la rencontre a recommandé la saisine des différents départements techniques des deux pays pour un examen approfondi de ces préoccupations.

Elle a par ailleurs préconisé le renforcement des capacités opérationnelles des forces de sécurité et de défense à travers leur dotation en moyens logistiques, matériels, humains et de communication appropriés ; la poursuite et l’intensification d’une coopération franche et soutenue entre les forces de sécurité et de défense, notamment l’échange de renseignements en temps réel ; la promotion des rencontres intercommunautaires.

Maliens et Nigériens ont également préconisé l’extension des réseaux de communication aux postes de sécurité frontaliers et la création de comité de suivi dans les deux pays.

Envoyé spécial
S. KONATE


ANDERAMBOUKANE A SA BRIGADE DE GENDARMERIE

Anderamboukane est une localité située à 1700 kilomètres de la capitale et à 18 kilomètres seulement de la frontière du Niger. Depuis le week-end dernier, la commune d’Anderamboukane dispose d’une brigade de gendarmerie.

Cette localité ne ressemble à aucune autre dans le Sahara. Signe particulier : dans cette zone désertique, sur les quatre vingt dix kilomètres qui séparent la ville du chef-lieu de cercle (Ménaka), s’étend à perte de vue une verdure luxuriante. Ici les ruminants paissent à satiété sans se bousculer comme ils le feraient ailleurs autour des rares pieds d’épineux.

Le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Sadio Gassama, qui conduisait une délégation à la rencontre bilatérale sécuritaire Mali-Niger (voir article ci-contre), a procédé à l’érection du petit poste de sécurité de la localité en une brigade territoriale de gendarmerie de plein exercice.

C’était le 19 août dans une ambiance de fête. La mobilisation était forte avec une foule des grands jours, des parades de chameliers, des batteurs d’instruments de musique traditionnelle qui ont réservé un accueil chaleureux au ministre Gassama et sa délégation.

Le maire d’Anderamboukane, Aroudéni Ag Hamatou, a apprécié cette preuve matérielle de l’engagement des pouvoirs publics à sécuriser les populations dans les recoins les plus reculés du pays. L’édile a exposé au ministre d’autres préoccupations de sa commune.

Il s’agit notamment de la construction d’un logement pour le commandant de la nouvelle brigade et d’un château d’eau pour la brigade, de la création des postes de sécurité à Tankadémi et à Taqgalatt. Il a souhaité que les agents soient dotés de téléphones satellitaires pour permettre de réagir rapidement et de coordonner les intervention des hommes sur le terrain.

L’une des doléances du maire à été déjà prise en compte puisque le ministre a remis un véhicule tout neuf à la nouvelle brigade.

L’élu communal a demandé au ministre Gassama d’être son porte-parole auprès de son homologue de la Défense et des Anciens combattants pour la construction d’un camp militaire digne de ce nom dans la commune.

Le directeur général de la Gendarmerie nationale, le colonel Sambala Illo Diallo s’est réjoui de la réalisation de cette brigade qui répond selon lui à deux principes : celui du contact étroit avec la population et de la rapidité d’intervention.

Le ressort de la brigade d’Anderamboukane, dernière née des unités de la Compagnie territoriale de gendarmerie du 7ème Groupement autonome de Gao, s’étend sur toute la commune rurale d’Anderamboukane qui couvre une superficie de 10.000 km2 pour une population estimée à 3.000 âmes.

Les locaux qui ont coûté 50 millions Fcfa comprennent un bureau pour le commandant de brigade, un bureau pour son adjoint, un secrétariat, un bureau pour le personnel, et deux cellules humanisées pour hommes et femmes.

S. K – L’Essor

27 août 2007.