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<< Le Mali n’a reçu aucune somme de la part de l’Autriche pour mener une quelconque transaction financière avec les preneurs d’otage. Le Mali n’a absolument rien donné financièrement pour libérer ces otages. Je voudrai témoigner ici solennellement devant le peuple malien et la communauté internationale que c’est des efforts soutenus de nos populations, des chefs de fractions et tribus, des élus, des commerçants, des cadres de l’administration qui ont abouti à la libération des otages >>.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré a tenu à donner cette précision de taille lors de la remise des ex-otages autrichiens à leurs autorités représentées par le ministre des Affaires étrangères, Mme Ursula Plassnik et l’ambassadeur Anton Prohaska. La cérémonie s’est déroulée samedi au palais de Koulouba en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane et celui de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Sadio Gassama.

La cérémonie a été sobre mais pleine d’émotion. C’est aux environs de 10 heures que le président Touré, visiblement très satisfait et accompagné des responsables autrichiens et des deux ex-otages, Wolfgang Ebner et Andrea Kloiber, a fait son apparition dans la salle de banquet du palais de Koulouba.

Wolfgang Ebner avec sa barbe poivre et sel et Andrea Kloiber vêtue d’un boubou brun-rouge foncé et d’un turban jaune lui barrant le visage, tous deux sont apparus visiblement en bonne santé, mais très << éprouvés >> par leur longue période de détention (près de dix mois) dans l’immense désert impitoyable où la température pouvait atteindre parfois 50°C. << Ils se portent bien. La preuve est qu’ils sont sur leurs deux jambes et ils quittent chez nous non pas par un avion médicalisé >>, a indiqué le président de la République, Amadou Toumani Touré.

Dans la discrétion

La libération de Wolfgang Ebner et Andrea Kloiber a soulagé aussi bien les autorités autrichiennes que maliennes qui ont travaillé ensemble dans la discrétion pendant tout le temps qu’a duré cette affaire.

<< Cette affaire a connu un dénouement heureux. Nous sommes comblés. C’est pour moi un miracle. Je suis venue accueillir nos compatriotes libérés pour les accompagner auprès de leurs familles et amis. Je suis venue aussi témoigner de la reconnaissance du président de la République Fédérale de l’Autriche, du chef du gouvernement, du Chancelier au président Touré qui a opté pour une solution pacifique ayant conduit à la libération des otages. Je le remercie et tous ceux et toutes celles qui ont facilité cette libération >>, a dit avec beaucoup d’émotion Mme Ursula Plassnik.

L’ambassadeur autrichien a, lui aussi, salué la sagesse du président de la République dans le règlement de cette douloureuse affaire. <<< Je suis heureux d’avoir travaillé avec le président Touré qui a réussi le pari de réunir les otages avec leurs familles grâce à sa politique de paix et de dialogue >>, a témoigné Anton Prohaska.

Après avoir assuré qu’aucune rançon n’a été payée aux ravisseurs, le président de la République a expliqué les circonstances de la libération des otages autrichiens qui ont été récupérés dans une zone à plus de 1500 km de Gao. Selon lui, cette libération a été obtenue dans la discrétion grâce aux efforts de plusieurs personnes.

<< Au début de cette affaire, la position du Mali aurait pu être tout simplement de dire que ce n’était pas son affaire. Mais cela aurait été difficile au plan humain et surtout vu l’amitié et de coopération que nous venons de nouer avec l’Autriche. Le plus important est que ce sont des vies humaines qui étaient en danger. Le président autrichien m’a personnellement appelé pour demander l’implication du Mali dans la recherche de solutions à ce problème, il y a bientôt dix mois. Dès les premières semaines du problème, nous avons essayé par personnes interposées de prendre contact avec les preneurs d’otages. C’est le lieu pour moi de saluer l’expérience, la sagesse, l’expertise de l’ambassadeur d’Autriche avec qui on a travaillé pendant tout ce temps. C’est le lieu aussi de saluer les chefs de fractions, les chefs de tribus, les élus, les commerçants dans les zones de Tessalit et d’Aguelhoc qui ont énormément facilité cette libération >>, a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a dit n’avoir aucune idée sur l’identité des preneurs d’otages, ni de leur provenance encore moins de leur motivation.

 » Les preneurs d’otages n’ont pas été identifiés parce que ce sont plusieurs petits groupes qui opèrent dans cette bande. Certains ont dit que ces preneurs d’otages étaient au nord du Mali. Pour d’autres ils sont dans de pays voisins. Les intéressés eux-mêmes disent que le territoire de Dieu n’a pas de frontière, c’est pourquoi ils ne restent jamais sur place. Aujourd’hui ils sont au Mali, demain on les trouve dans des pays voisins« , a exposé le président Touré.

Il a précisé que notre pays << ne saurait être une plate-forme d’échange des otages contre de l’argent >>, estimant que le versement de l’argent aux ravisseurs consisterait à renforcer l’insécurité dans la bande sahélo-sahélienne déjàˆ très menacée. Aussitôt la cérémonie terminée, les ex-otages autrichiens qui ont reçu des cadeaux des mains du président de la République, ont pris la direction de l’aéroport pour regagner leur pays.

La libération des ex-otages avait été annoncée vendredi par la présidence de la République du Mali et celle de l’Autriche dans un communiqué. << Wolfgang Ebner et Mme Andrea Kloiber, qui se trouvent en bonne santé, sont sous la protection des autorités administratives et militaires du Mali. Ils rejoindront leurs pays dans les plus brefs délais >>, annonçait le communiqué.

Amadou Toumani Touré y remerciait le président de la République d’Autriche, son ami Heinz Fischer pour son soutien et sa confiance.
Le chef de l’Etat rendait << hommage à Mme Ursula Plassnik, et à Anton Prohaska, envoyé spécial du gouvernement autrichien à Bamako pour leur engagement énergique et constant en faveur de la libération des otages >>.

Le président de la République a salué les notables, les élus et les personnes de bonne volonté pour leur contribution décisive dans cet heureux dénouement.

<< Le président de la République félicite les services pour la compétence et le professionnalisme dont ils ont fait montre dans la gestion de ce délicat dossier >>, conclut le texte.


M. KÉÏTA

03 Novembre 2008