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Ce programme prévoit un appui budgétaire général pluriannuel et un financement pour le désenclavement des régions du nord du Mali et du delta du Niger par la réalisation d’un axe routier bitumé de 483 km reliant Goma Coura à Tombouctou.

A cet effet, notre pays et l’Union européenne ont signé mercredi quatre accords dont trois conventions de financement d’un montant total de 208,4 milliards et un addendum au document de stratégie-pays et du programme indicatif national (PIN) pour 5,05 milliards Fcfa.

Ces importants accords ont été signés dans la salle de banquet du palais de Koulouba en présence du président de la République, Amadou Toumani Touré.

Confiance mutuelle


« Voici la preuve irréfutable que l’Europe reste un partenaire fiable du Mali, même dans les périodes difficiles, et que la crise économique mondiale ne diminuera pas les contributions d’aide publique au développement de l’Europe
», a déclaré le chef de Délégation de la commission européenne Giacomo Durazzo. Ces programmes, a-t-il précisé, ont été identifiés sur la base des priorités du Projet pour le développement économique et social. Ils s’alignent aussi sur les axes prioritaires du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté.

La première convention est un appui budgétaire général de 97,08 milliards Fcfa. L’accord sera exécuté selon un nouvel instrument budgétaire appelé « Contrat OMD » pour le Mali. Ce contrat vise à augmenter la prévisibilité de l’aide en garantissant un niveau minimum de décaissement chaque année. Cette nouvelle approche basée sur une relation de confiance mutuelle a été réservée à 8 pays seulement, dont le Mali.

Tous ont été choisis en fonction de leurs bonnes performances dans la mise en œuvre des programmes d’appui budgétaire.
Le chef de la Délégation de l’Union européenne a expliqué que la nature contractuelle de l’instrument provient du fait que le Contrat OMD appelle à des engagements des deux côtés.

Pour le cas particulier du Mali, précisera Giacomo Durazzo, le Contrat OMD vise à soutenir les efforts du gouvernement pour lutter contre la pauvreté en vue d’atteindre une meilleure couverture des services sociaux de base dans les domaines de la santé et de l’éducation. La diminution des disparités régionales et par sexe dans l’accès à ces services, une plus grande efficacité dans la gestion des finances publiques et le renforcement du système statistique national font partie des objectifs fixés par le programme.

La deuxième convention de 108,23 milliards couvre les infrastructures routières, qui ont été identifiées comme une des contraintes majeures au développement du pays. Selon Giacomo Durazzo, la stratégie de croissance adoptée par notre pays pour lutter contre la pauvreté met en évidence la nécessité d’améliorer les secteurs productifs par le développement des infrastructures et du service des transports.

C’est pour cette raison que l’UE a accordé un montant aussi important pour le bitumage de la route reliant Goma Coura à Tombouctou longue de 483 kilomètres.

Ce projet, qui répond aux normes strictes de l’UE en terme d’impact environnemental et social, contribuera fortement au désenclavement intérieur tout en valorisant les potentialités agricoles et touristiques des zones concernées.

La nouvelle route facilitera la mobilité des biens, des services et des personnes à moindre coût et en plus grande sécurité. Elle reliera Goma Coura à la Cité mystérieuse via 4 villes en bordure nord du delta du fleuve : Nampala, Léré, Niafunké et Tonka.

Cet axe routier contribuera, à terme, au développement économique des régions nord et du delta du Niger qui par ailleurs, recevront des appuis ultérieurs pour un montant global de 46 milliards Fcfa toujours dans le cadre du 10è FED.

Tous ces financements confirment la volonté commune du Mali et l’UE de contribuer de manière substantielle au développement et à la stabilité de la partie nord du pays.

Dynamique partenariale

L’appui européen concerne également la culture. Notre pays est reconnu sur le plan international pour sa richesse culturelle. En reconnaissance de l’importance de ce secteur, le programme indicatif national du 10è FED dans sa continuité de soutien à des actions antérieures, prévoit un montant de près de 10 milliards Fcfa pour l’appui à la culture.

A ce niveau, il est prévu d’engager ces fonds en deux phases, la première recevant près de 3 milliards. Cette enveloppe servira à développer l’ensemble des secteurs d’activité liés à la culture afin d’en faire un facteur majeur de développement économique, social et humain. L’accent sera mis sur l’appui décentralisé aux projets culturels régionaux, les filières productives et le renforcement des capacités professionnelles des acteurs de la culture.

L’enveloppe supplémentaire de 5,05 milliards Fcfa accordée comme addendum est destinée à aider notre pays à couvrir des besoins alimentaires imprévus. Il s’agit, en l’occurrence, d’une réponse concrète à la crise alimentaire mondiale

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, signataire des documents côté malien, a noté que ces trois conventions de financement et cet addendum au programme indicatif national du 10è FED, représentent une avancée significative dans la dynamique partenariale voulue entre l’UE et le Mali.

Leur signature traduit l’adéquation des priorités du gouvernement telles que définies dans le Cadre stratégique pour la croissance et de réduction de la pauvreté et le PDES avec les orientations de la politique de coopération au développement de l’UE énoncées dans l’Accord de Cotonou.

Il faut préciser que par ces conventions, l’Union européenne met dès cette année à la disposition du Mali, 60% du montant total du 10è FED qui couvre la période 2008-2013.

Les documents ont été signés en présence du Premier ministre, Modibo Sidibé et d’autres membres du gouvernement. Ils ont ensuite été remis au président de la République, Amadou Toumani Touré.


S. Konaté

Essor du 20 Mars 2009