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La coopération Mali-Union européenne était le plat de résistance d’un séminaire parlementaire organisé le week-end dernier par l’Assemblée nationale.

Le 6 février dernier, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le chargé d’affaires de la délégation de la Commission européenne au Mali étaient à Koulouba pour décortiquer au président de la République, le contenu du document de stratégie nationale et du programme indicatif national couvrant la période 2008-2013.

Moins d’une semaine après la présentation de ces documents qui s’inscrivent dans le cadre du 10e Fonds européen de développement (FED), c’était au tour de l’Assemblée nationale sur initiative de l’Assemblée paritaire ACP-UE de statuer sur lesdits documents non pas pour les adopter mais les examiner et cela à la faveur d’un séminaire parlementaire tenu samedi dans la salle Aoua Kéita sur le thème : « la coopération Mali-Union européenne ».

A travers l’organisation de ce séminaire placé sous la présidence du président de l’Assemblée nationale et qui a réuni des membres du gouvernement, des ambassadeurs, des parlementaires et des partenaires, il s’agissait, pour les élus de la nation, d’échanger sur le présent et l’avenir de la coopération qu’entretient le Mali avec l’Union européenne. Et tout semble indiqué que l’atelier a gagné en pertinence du point de vue de son agenda et des thèmes qui ont été développés.

En effet, deux jours durant, gouvernement, parlementaires et société civile ont réfléchi sur la mise en œuvre du 10e Fed qui prévoit de mettre à la disposition du Mali, une enveloppe financière d’un peu plus de 366 milliards de F CFA pour la période 2008-2013. Ces ressources telles que présentées sont destinées aux secteurs de la gouvernance, à l’appui au développement économique des régions de Kidal, Gao, Tombouctou, Mopti et Ségou, aux infrastructures complémentaires.

A cet égard, le rôle de l’Assemblée nationale basé sur la sensibilisation des populations et l’édiction des normes relatives notamment à l’approfondissement de la démocratie, est déterminant. Ce qui a fait dire au président de l’institution que le séminaire parlementaire sur le 10e Fed revêt une importance capitale car, dira-t-il, « l’enjeu est majeur puisqu’il s’agit de la mise en œuvre de l’accord de Cotonou régissant la coopération ACP-UE ». Dioncounda Traoré a exprimé sa profonde reconnaissance aux autorités, en l’occurrence le président de la République qui, selon lui, n’a pas hésité un seul instant à associer les parlementaires non seulement au processus de programmation du 10e Fed mais également aux différentes négociations.

Signés en décembre 2007 à Lisbonne, le document de stratégie-pays et le programme indicatif national, traduisent si besoin en est, l’exemplarité de la coopération Mali-Union européenne. Si le premier fixe les orientations générales de cette coopération, le deuxième détermine l’enveloppe financière que la communauté envisage de mettre à la disposition de notre pays. En sa double qualité de ministre des Affaires étrangères et d’ordonnateur national du Fed, Moctar Ouane, tout en se félicitant de la pertinence du choix du thème, s’est montré pragmatique.

« La coopération financière à travers l’aide publique au développement est certes utile, mais insuffisante pour réduire durablement la pauvreté dans nos Etats et contribuer à l’amorce d’un développement économique véritable ». L’une des portes de sortie, pour le chef de la diplomatie malienne, reste que l’aide publique au développement soit combinée avec un accès accru au marché européen. Dans ce schéma, il a exhorté les honorables députés à amplifier le plaidoyer du gouvernement pour rationaliser la mobilisation des ressources allouées par une simplification accrue des procédures du Fed.

Axant son intervention sur les domaines d’intervention de l’UE, le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne, Hamann Gabin, a émis le vœu de voir le dialogue politique Mali-Union européenne se renforcer davantage.

Au sortir des travaux dimanche, les élus de la nation ont été mieux outillés sur le contenu du 10e Fed. En instaurant le débat sur la coopération Mali-Union européenne, le législatif a manifesté sa volonté d’engager un dialogue avec l’exécutif sur les priorités qui ont été définies par celui-ci pour un financement du Fed.

Comme quoi, l’Assemblée nationale veut aussi s’impliquer progressivement dans l’examen des politiques de coopération.

Mohamed Daou

11 février 2008.