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Après un séjour d’exposition de 40 manuscrits de Tombouctou en Terre Sud africaine qui a porté la richesse du patrimoine culturel malien aux confins du Sud du continent pendant 66 jours, les manuscrits ont été retournés au bercail par les autorités sud africaines. C’était le 5 décembre dernier dans la salle Bakary Traoré du ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique sous la présidence du Pr. Amadou Touré.

La remise des manuscrits a enregistré la présence de Son Excellence Rantoberg Matou, Ambassadeur de la République d’Afrique du Sud au Mali.

On pouvait aussi noter la présence du représentant du ministre de la Culture, des conservateurs du Mali et d’autres invités de marque. Une modeste cérémonie, mais pleine de signification, elle marque la fin d’une action de très grande portée s’inscrivant dans le cadre de la coopération entre les deux pays.

Le plus grand carrefour intellectuel et commercial d’Afrique

Rappelons que les manuscrits de Tombouctou sont un témoignage vivant du haut degré d’avancement et de raffinement des civilisations de l’Afrique subsaharienne avant l’avènement de la renaissance européenne.

La ville de Tombouctou s’était développée devenait le plus grand carrefour intellectuel et commercial d’Afrique. De grands empires tels le Ghana, le Mali et le Songhoï témoignent du talent de la créativité et de l’ingéniosité des Africains.

Un projet de manuscrit entre les deux pays

Dans ses mots d’intervention, l’Ambassadeur de la République d’Afrique du Sud au Mali a rappelé que le projet de manuscrits des deux pays fut officiellement lancé le 25 mai 2003 par le président Amadou Toumani Touré et l’ancien président d’Afrique du Sud M. Thabo MBeki.

Il visait la préservation de ces manuscrits par la formation à la conservation, la réalisation d’un nouveau bâtiment pour abriter les manuscrits et l’interprétation du contenu.

L’exposition intitulée connaissance et manuscrits de Tombouctou constitue une partie des objectifs du projet de manuscrits Mali/Afrique du Sud d’attirer l’attention sur l’existence de ces anciens manuscrits.

Selon lui, ce projet a été adopté par le NEPAD lors de son premier projet culturel et les manuscrits ont été admis sur la liste de mémoire de l’UNESCO lors de sa conférence tenue à Pretoria en 2007.

Selon l’orateur, l’exposition a été officiellement lancée le 7 août 2008 à Cap Town au Château de Bonne Espérance, l’un des sites les plus importants du patrimoine d’Afrique du Sud. Les manuscrits ont été exposés dans cinq autres centres à travers l’Afrique du Sud notamment Bloemfontein, Pretoria, Johannesburg, Grahamstown et Durban.

La reconnaissance de l’ambassadeur d’Afrique du Sud

Au nom de son pays, l’Ambassadeur a adressé ses reconnaissances aux autorités et au peuple malien de leur capacité de préserver ces manuscrits pour les générations futures.

L’Afrique du Sud est fière de contribuer à travers la préservation de ces anciens manuscrits pour permettre aux intellectuels du monde entier de découvrir la connaissance et le sens de ces manuscrits pour écrire une vraie histoire africaine. L’Afrique du Sud a formé des artisans maliens à la conservation afin d’assurer une préservation durable de ces anciens manuscrits”, a-t-il précisé.

Pr. Amadou Touré

Quant au Pr. Amadou Touré, ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, ayant représenté le gouvernement malien avec une forte délégation lors de l’exposition en République Sud africaine, il a rappelé l’accord de coopération culturelle et scientifique entre les deux pays depuis août 2002 basé sur la formation des conservateurs de l’Institut Ahmed Baba, le renforcement des infrastructures et de la logistique de collecte et sauvegarde des manuscrits et aussi l’appui à la recherche scientifique.

Il a rappelé que ces manuscrits couvrent principalement les domaines du droit islamique, de la théologie, de la tradition prophétique, de la grammaire arabe, de l’astronomie, de la médecine et des actes commerciaux. Il n’a pas manqué de rappeler la mobilisation des visiteurs, hommes et femmes de culture, de sciences et autres intellectuels qui faisaient la ronde autour des manuscrits en Afrique du Sud.

Selon lui, pendant les 66 jours d’exposition, plus de 16 000 visiteurs ont été autour des manuscrits. Ce qui dénote de l’importance accordée aux écrits et éruditions de Tombouctou.

Selon le ministre Touré, la construction d’une nouvelle infrastructure à Tombouctou pour reloger l’institut Ahmed Baba dans des conditions offrant plus de sécurité, de confort et de moyens techniques appropriés aux activités de l’institut est en cours de finition et l’inauguration se fera dans quelques semaines.

Ce projet de construction démarré depuis plus de deux ans est financé et exécuté sur fonds propre par les autorités Sud africaines. Au terme, il s’est dit convaincu que ce projet de coopération contribuera à renforcer l’amitié et la coopération entre les deux pays.

Ousmane BERTHE (Stagiaire)

16 Décembre 2008