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Le Frère Guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi, entame ce jeudi une visite de 48 h dans notre pays. Il s’agit du premier chef d’Etat étranger à se rendre au Mali après l’investiture du président de la République Amadou Toumani Touré, élu pour un second et dernier mandat.

La visite de 48 h que le Frère Guide de la révolution s’apprête à entamer dans notre pays se déroule dans un contexte où les relations de coopération entre Bamako et Tripoli, malgré quelques incompréhensions, vite oubliées, sont des plus dynamiques.

La Libye a investi 500 millions de dollars, soit 250 milliards de F CFA dans notre pays. Toutes choses qui témoignent des bonnes relations de coopération exemplaire qui se développent entre les deux pays. La coopération entre les deux pays embrasse plusieurs domaines à travers la société Libya Africa Portofolio Investment (LAP), le gouvernement libyen et le Bureau populaire des investissements.

La LAP Investment gère une enveloppe financière de plus de 8 milliards de dollars US, soit 3000 milliards de F CFA. Elle est dirigée par Bachir Salah Bachir, directeur de cabinet de Kadhafi. La LAP est très active au Mali. Elle gère des filiales comme Laîco-Mali, Lafico, Tamoil. Laîco-Mali gère l’hôtel de l’Amitié baptisé Libya Hotel l’Amitié, racheté et rénové. Le coût total de l’investissement dans cet établissement hôtelier est estimé à 54 millions de dollars US.

Il y a aussi le rachat de l’hôtel Kempinski qui devient Libya Kempinski El Farouk. Le coût de cette opération est de 11 millions de dollars. L’hôtel Tombouctou également, l’établissement Azalaï acheté et rénové. Il est prévu un investissement de 1 million de dollars US à Libya Azalai Tombouctou. Marietou Palace fait également partie des investissements avec un coût de 6 millions de dollars US avec l’aménagement des berges et la création d’un centre commercial. Le coût de ces travaux est estimé à 50 millions de dollars.

La même société Laîco-Mali gère une société agricole (Malibya). Cette société est appelée à être une des plus grandes sociétés du continent africain. Elle sera implantée dans la région de Ségou et prévoit l’aménagement de 200 000 hectares et 10 000 emplois. Les études sont terminées et une équipe de techniciens est sur le terrain. Elle prévoit un investissement de 2 millions de dollars.

Social et culturel

Dans le domaine du tabac, la présence libyenne au Mali se fait à travers la Société nationale des tabacs et allumettes du Mali (Sonatam). La Sonatam, rachetée, a aujourd’hui un capital de 12 millions de F CFA avec 133 emplois permanents.

Sur le plan culturel, il y a les activités de l’Association de l’appel islamique qui gère 270 écoles franco-arabes au Mali avec 1650 élèves et étudiants par an et 465 maîtres. L’Association de l’appel islamique finance d’autres projets socioéconomiques comme le creusement de puits à grand diamètre, la construction de mosquées dont la Grande mosquée de Ségou. Cette dernière va coûter 1,330 milliard de F CFA.

L’association a également construit un département de langue arabe à l’Université du Mali. Par ailleurs, elle fait l’entretien de la mosquée de Djingareiber de Tombouctou. L’association organise aussi des stages de couture et d’apprentissage pour les associations féminines. Elle vient de construire un nouveau centre à Bamako en zone ACI. Le Centre islamique gère un dispensaire et un lot. Il y a 300 jeunes inscrits en stage.

Le domaine des hydrocarbures n’est pas en reste. Dans le domaine pétrolier, la Libye est présente avec la société Tamoil dotée d’un capital de 500 millions de dollars. Tamoil gère 6 stations à travers le Mali. Tamoil est aussi le fournisseur de l’aéroport de Bamako-Senou en fuel.

Dans le domaine du financement, deux banques sont très actives. Il s’agit de la Banque de la Cen-SAD et la Banque du Sahel pour le commerce. La première a un capital de 3 milliards de F CFA et emploie 60 agents en majorité des Maliens. Elle prévoit l’ouverture de deux agences à Bamako et deux autres à l’intérieur du pays. Le mouvement bancaire à la Banque de la Cen-sad est estimé à 24 milliards de F CFA chaque année.

Pour ce qui est de la Banque du Sahel pour le commerce, son capital est de 7,5 milliards de F CFA et la quote-part libyenne est de 96,6 %.

Aménagements

Dans le domaine des aménagements, deux grands projets sont initiés par le gouvernement libyen : le canal de Tombouctou et la Cité administrative. Le coût de réalisation des travaux du canal est plus de 8 milliards de F CFA. Il est réalisé par la Société africaine d’ingénierie et de travaux. La longueur du canal est 14,350 km avec un lac de retenue d’eau d’une capacité 25 m3 à Tombouctou. Il est prévu l’aménagement des berges du fleuve avec une ceinture verte. Le canal permettra de lutter contre l’insécurité alimentaire à Tombouctou et développer les aménagements agricoles.

Quant aux investissements privés libyens, ils se réalisent au Mali à travers le Bureau des investissements populaires créé par le Frère Guide de la révolution pour inviter ses compatriotes opérateurs à investir dans les pays de la Cen-SAD. Ce bureau gère déjà 9 projets dans les domaines agro-sylvo-pastoral, commercial et l’hôtellerie avec le rachat de l’hôtel Bouna. Toujours dans ce domaine, cinquante jeunes Libyens s’installeront au Mali. Les investissements privés libyens sont estimés à 40 milliards de F CFA.

A propos du volet transport, il y a la société Cen-SAD Transport Investissement. Il s’agit d’une société privée de transport et de location de véhicules. Son capital est de 300 millions de F CFA. Elle prévoit la création d’une structure chargée du transport de marchandises et d’hydrocarbures.

La Cité administrative, financée par le gouvernement libyen, est également un bon exemple de la coopération Mali-Libye. Les travaux de ce gigantesque complexe sont exécutés par la Société libyenne de travaux civils. Le coût était estimé à 48 millions de dollars. Mais par la suite une enveloppe de 16 millions de dollars a été dégagée par le gouvernement à cause de la fluctuation du dollar. Douze ingénieurs libyens et 600 Maliens sont sur le chantier dont les travaux sont exécutés à 95 %.


Denis Koné

20 juin 200