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Le secteur des transports, et particulièrement les chantiers routiers, ont subi en 2005 le contrecoup de l’augmentation du prix du pétrole et indirectement des intrants de travaux (carburant, bitume, fer, ciment). Le secteur a également fait face à des défis importants en matière de réformes institutionnelles. Les conclusions de la RMP ont cependant permis l’allocation d’un montant complémentaire de 25 millions d’euros, utilisé pour boucler le financement de la route Gao- Frontière du Niger. Avec ce dernier marché engagé en décembre 2005, tous les chantiers routiers prévus sur les deux Conventions de Financement (CF) du 9ème FED sont lancés. La mise en oeuvre de l’appui institutionnel et des actions complémentaires dans le secteur des transports a été engagée pour être effective courant 2006.

Des progrès importants dans les activités

Les deux CF du 9ème FED signées en juillet 2004 d’un montant global de 112,3 millions euro ont été les principaux cadres d’interventions pendant l’année 2005.

Outre les travaux routiers, ces programmes prévoient un volet dédié à l’appui institutionnel aux administrations et structures associées ainsi que des formations aux acteurs publics et privés concernés par l’entretien routier.

Un volet d’actions complémentaires relatives aux aspects transversaux pertinents est également prévu comprenant la prévention VIH/Sida dans le secteur des transports, la sécurité routière et la sauvegarde du patrimoine collectif et environnement.

Les travaux des quatre tronçons (Didiéni-Diéma, Diéma-Nioro, Kati-Kita et Gao-Labezanga) totalisant 642 km et prévoyant des renforcements et bitumage de chaussée sont en cours;

Pour ce qui concerne le 8ème FED, dans le cadre du CF “Appui au projet sectoriel des transports” dotée de 101 millions d’euros, les sections Diéma-Sandaré et Sandaré-Kayes ont été inaugurées en février 2005.

Ces sections totalisant 275kms font partie du couloir Bamako-Dakar devenu extrêmement fréquenté vu la persistance de la crise ivoirienne.

Concernant le désenclavement intérieur des zones du Nord Mali, le chantier de la route en terre de Tombouctou-Tonka-Goundam-Diré a été complété par la fixation des dunes et la reconstruction complète du pont de Goundam.

Afin d’assurer la durabilité financière et technique des investissements majeurs que constituent les infrastructures de transports, le programme comporte un volet “appui institutionnel” visant la mise en place de structures nationales performantes chargées de l’entretien routier et de tout mécanisme pouvant contribuer à la sauvegarde du réseau et à la rétribution de son utilisation (péage).

Concernant les axes régionaux, la CF “Appui au Programme Sectoriel des Transports – Travaux de réhabilitation de la route Kayes-Kidira” est dotée de 29 millions d’euros.

Ce projet est complémentaire au projet principal de transport et a comme vocation le bitumage de la section entre kayes et Kidira.

Cette section fait partie du couloir Bamako-Dakar. Les travaux débutés en mai 2003 se termineront en avril 2006.
La construction d’un poste de péage-pesage à Kidira et d’un poste de péage à la sortie de kayes vers Bamako est prévue pour 2006.

Le projet “Travaux de la route Bamako-Kankan”, doté de 63 millions d’euros, contribue également au désenclavement extérieur du Mali, en ouvrant les accès à des facilités portuaires, par Conakry qui, avec 980 km, est le plus court accès à la mer.

La partie malienne du projet concernait l’aménagement et le bitumage de 36km entre Naréna et Kourémalé (frontière entre le Mali et la Guinée). La réception provisoire a eu lieu le 30 septembre 2004.

Une politique sectorielle qui commence à s’affirmer

Le Gouvernement a adopté une politique volontariste pour la mise en place des structures et du financement adéquat pour disposer à terme d’un système d’entretien routier efficace.

L’ordonnance portant création de l’Agence d’Exécution pour l’Entretien Routier (Ageroute) a été signée en septembre 2004 et depuis 2003, toutes les tâches d’entretien routier sur le réseau sont confiées au secteur privé par le biais de la Convention entre l’Autorité routière créée courant 2002 et deux agences d’exécution, Agetipe et Agetier, en attendant que l’Ageroute soit opérationnelle.

Concernant le financement, le Fonds d’entretien routier dispose de dotations budgétaires et de ressources propres. Ces dernières sont de trois types : la redevance sur la charge à l’essieu depuis 2003, la redevance sur le carburant dont le début des transferts date de 2004 et, enfin, les péages routiers dont les premières entrées financières sont prévues pour 2006. Le budget global de l’Autorité routière a atteint 8,3 milliards F CFA pour l’année 2005, ce qui est comparable à l’exercice 2004.

La réalité d’aujourd’hui confirme les choix stratégiques d’hier

La disponibilité et la qualité des informations liées au réseau routier ne permettent pas d’appréhender d’une manière suffisamment fiable l’état du patrimoine et de planifier de façon optimale les interventions d’entretien et de développement souhaitables.

Certaines ressources du volet d’appui institutionnel en préparation (9ème FED) devront être dédiées au service en charge des données routières. L’Ageroute est en place et un consultant a été recruté en décembre 2005 pour le lancement du processus de recrutement du personnel.

Le trafic via le port d’Abidjan représentait 80 à 90% du trafic fret jusqu’en 2001, le chiffre passe à 67% en 2002 pour tomber à 15% en 2003 suite à la crise ivoirienne. Dès 2002, en raison de cette crise voisine, Dakar et Lomé ont respectivement pris 16 et 14% du trafic.

En 2003, le couloir de Dakar a repris la majeure partie des pertes d’Abidjan. Ceci est essentiellement dû à l’avancement des travaux sur la section critique de Diéma-Sandaré-Kayes, financée sur le 8ème FED, qui jusqu’alors n’était pas praticable pour les véhicules lourds articulés.

L’objectif du projet de créer un couloir alternatif par rapport à l’accès à l’océan via la Côte d’Ivoire, est déjà atteint depuis 2004. La finalisation du tronçon Kayes-Kidira en 2006 et le chaînon manquant qu’est la section Didiéni-Diéma rendront ce couloir totalement opérationnel avec 100% de bitume entre Bamako et Dakar.


Les questions transversales intégrées aux projets : environnement, sécurité routière, genre, aspects sociaux et VIH/SIDA

Environnement : les routes construites le sont en grande majorité sur le tracé de pistes existantes pour minimiser le défrichage et les expropriations. Tous les marchés contiennent au niveau des clauses contractuelles des mesures contiennent au niveau des clauses contractuelles des mesures environnementales contraignantes pour les entreprises afin de garantir un impact minimal des chantiers sur l’environnement.

Une attention particulière est portée aux nuisances envers les riverains pendant les travaux et l’amélioration des pistes de déviation temporaire.

Sécurité routière : les aspects de sécurité routière sont pris en compte pendant les travaux par une signalisation adaptée et éventuellement des déviations temporaires mises en place et entretenues par les contractants. La signalisation définitive fait partie du marché des travaux et est conforme aux normes en vigueur.

Question de genre, aspect sociaux, VIH/Sida : tous les marchés prévoient, en fin de chantier, que certains forages effectués pour les besoins en eau du chantier, soient équipés avec des pompes manuelles de qualité afin d’en faire profiter les populations riveraines et, par conséquent, les femmes et enfants généralement en charge des corvées de l’eau.

Toute route aménagée facilite l’accès des populations aux services sociaux de base (santé, éducation, justice) et permet aussi l’amélioration de ces services.

Toute voie de transport est malheureusement aussi vectrice du VIH/Sida. Des actions de prévention au VIH/Sida seront menées par des ONG choisies par appel à proposition.

Source Commission Européenne et le Mali

20 septembre 2006.