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L’Indépendant : Mme Fatoumata Siré Diakité en tant que Ambassadeur Extraordinaire Plénipotentiaire du Mali auprès de la République Fédérale d’Allemagne, pouvez vous nous parler de la coopération entre les deux pays ?

SE Fatoumata Siré Diakité : D’abord, je voudrais vous dire que tout le plaisir est pour moi de vous rencontrer ici en Allemagne. La coopération entre le Mali et l’Allemagne est exemplaire. Elle a été toujours excellente, concrète et dynamique. En témoigne votre présence ici à Berlin en tant qu’invité du gouvernement de la République Fédérale.

Cela prouve, à suffisance, que le Mali occupe une place de choix au niveau de la collaboration bilatérale que l’Allemagne avec le reste du monde. Ce qui explique sa présence à nos côtés depuis les premières heures de l’indépendance de notre pays à jours.

En plus de tout ce qu’elle mène sur le terrain à travers la GTZ, la KFW et bien d’autres fondations, l’Allemagne vient d’augmenter le volume de son interventionen faveur du Mali. Notre pays a toujours joué sa partition dans le cadre de la coopération, avec responsabilité. Toute chose qui fait que l’Allemagne a de la considération à son égard. C’est pourquoi, les autorités allemandes ont toujours demandé à d’autres pays africains de prendre l’exemple sur le Mali avec son modèle de démocratie qui s’appuie sur les valeurs sociétales ancestrales pour impulser son développement.

En effet, le Mali est un exemple de démocratie au regard de ce qui se passe ailleurs en termes de conflit, de confiscation de pouvoir à travers la manipulation des Constitutions, de violation des droits surtout ceux relatifs à la liberté d’opinion et d’expression. La multiplicité de journaux et de radios atteste volontiers de la vivacité et du dynamisme de la démocratie malienne.
Pour tout dire, je soutiens, sans ambages, que la coopération entre le Mali et le Danemark, attention (rires) je voulais plutôt dire l’Allemagne marche à merveille.


Qu’est ce qui vous a fait pensé au Danemark en voulant parler d’Allemagne ?

SE FSD : Très bonne question. J’ai pensée au Danemark parce que le Mali vient d’être retenu comme pays de concentration par ce pays dans le cadre de sa coopération sur une liste de 35 pays. Par ce choix, le Mali a été honoré surtout quand on sait que la coopération entre nos deux pays a seulement commencé en mars dernier. Ce qui explique, d’ailleurs l’ouverture récente de l’ambassade du Danemark au Mali pour la toute première fois, avec un volume de coopération égal à celui du Burkina Faso où le Royaume est représenté il y’ a plus de dix ans. Ce qui dénote de l’exemplarité de la démocratie de notre pays qui incite les pays développés à nous accompagner.

Parlons des Maliens vivant ici en Allemagne


SE FSD :
Nos compatriotes vivent bien ici, dans la paix et la sécurité en parfaite harmonie avec le peuple allemand. Nous sommes ensemble main dans la main, pas seulement ici en Allemagne, mais également dans d’autres pays placés sous ma juridiction. Je veux parler de la Pologne, de la République tchèque l’Autriche, la Suède, la Norvège et la Finlande. Partout où je suis passée afin de présenter mes lettres de créances, j’ai tenu à voir les Maliens, à les mettre ensemble à travers des associations pour qu’ils partagent leur joie et leur peine même là où ils ne sont pas nombreux comme en Finlande. Un pays abritant seulement trois de nos compatriotes.

Dans beaucoup de ces pays, les Maliens ont célébré pour la première fois la fête de l’Indépendance du Mali. Ils tiennent des assemblées sur des sujets qui les préoccupent et nous envoient les procès-verbaux de leurs réunions.


Excellence Mme l’ambassadeur, nous avons passé quarante huit heures avant de mettre à la main sur vous pour cet entretien. Il nous est revenu que vous étiez prise par l’organisation d’une conférence. Pouvons-nous savoir de quoi s’agissait-il ?

SE FSD : Juste après ma prise de fonction, j’ai eu l’insigne honneur d’avoir un entretien avec la Mme la ministre allemande de la Coopération Economique et du Développement sur un certain nombre de domaines prioritaires du Mali tels le droit humain des femmes et la lutte contre les mutilations génitales féminines.
Convaincue de la pertinence de mes propos sur les deux phénomènes que je lui avait présentés comme des tares de la société moderne, Mme la ministre a décidé d’organiser une conférence internationale, regroupant les délégués des pays européens et africains à Berlin sur le second sujet, la mutilation génitale des femmes et m’a demandé de faire un exposé sur la question en Afrique tout en dégageant quelques pistes de réflexion pouvant permettre à l’Europe, en général, et l’Allemagne, en particulier, de jouer un rôle dans le cadre de la lutte contre le phénomène. A l’ouverture de la conférence, Mme la ministre a eu des mots très flatteurs à l’endroit du Mali pour son combat pour la démocratie, la protection des droits des femmes surtout des enfants.

Que peut-on retenir de cette conférence internationale sur la mutilation génitale féminine organisée par le ministère allemand de la Coopération économique et du développement suite à votre entretien avec le chef de ce département ?

SE FSD : Que l’expertise sur la question de la mutilation génitale féminine se trouve en Afrique. Dans ce cas, nous avons souhaité que toutes actions rentrant dans le cadre de la lutte contre le phénomène soient menées avec nous avec sur la base de nos stratégies. Nous avons été heureusement comprise.

Alassane DIARRA

09 janv 07