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Le DCP prévoit une concentration de l’aide que le gouvernement français entend apporter à notre pays sur trois secteurs qui sont l’Education, l’Eau et l’Agriculture. Ces trois secteurs ont été choisis parmi les sept Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Un mois après, le nouvel Ambassadeur de France au Mali. M. Michel Reveyrand-De Monthon présenta ses lettres de créance au président de la République M. Amadou Toumani Touré le 07 août 2006.

Le 10 août 2006, Reveyrand-De Menthon rencontre la presse malienne en sa résidence de Bamako.

Une semaine après, le diplomate français s’est lancé à la découverte du Mali profond en visitant successivement les zones cotonnière et de l’Office du Niger, avant de constater de vu sur les réalisations des immigrés maiens de retour de la France et les projets financés par la France dans le cadre du codéveloppement dans la région de Kayes.

Concernant le secteur de l’Education, la France entend apporter son appui afin de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et au renforcement du secteur de la formation professionnelle dans la région de Kayes.

Dans le secteur de l’eau et assainissement, la coopération portera à la fois sur la distribution d’eau potable et sur l’accès des populations aux services d’assainissement, tout en améliorant la gestion des deux fleuves qui traversent le Mali.

Dans l’appui aux secteurs productifs, l’effort de la France portera sur l’agriculture et le monde rural afin de conforter à la sécurité alimentaire du Mali. La coopération française confortera aussi le codéveloppement, qui permet de mieux associer les migrants au développement du Mali.

Au-delà de ces trois secteurs, la France continuera également à intervenir dans le domaine de la santé et notamment de la lutte contre le Sida, au titre de laquelle elle participera dès 2007 à hauteur de 300 millions d’euros (soit près de 197 milliards de FCFA) au Fonds mondial, dont le Mali est bénéficiaire. Elle contribuera également à la protection de l’enviironnement.

Ce DCP prévoit aussi la mise en oeuvre de trois programmes “transversaux” :

– la gouvernance et le développement local,
– l’enseignement supérieur,
– la promotion de la diversité culturelle et de la francophonie.

La France a prévu de consacrer entre 160 à 200 milliards de FCFA à la réalisation de ces objectifs. Elle le fera dans le respect de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.

C’est ainsi que la France a décidé de rendre pluriannuelle son aide budgétaire globale au Mali. Elle sera d’un montant de 22 millions euros (soit près de 14,5 milliards de FCFA) dont 6 millions d’euros (soit près de 4 milliards de FCFA) de tranche fixe annuelle. Cette coopération s’intéressera particulièrement aux régions du nord et de Kayes.

La coopération française passe également par le canal des organisations multilatérales. C’est ainsi que la contribution française au 9ème Fonds Européen de Développement est de 24,5%.

Elle est également l’un des plus gros contributeurs d’organismes ou de fonds onusiens tels que le Fonds mondial pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme et le Fonds mondial pour l’Environnement.

La coopération française s’exprime aussi via les ONG et les nombreuses coopérations décentralisées entre les deux pays.

La coopération bilatérale française avec le Mali en 2006 est d’un montant programmé de 70 millions d’euros (soit près de 46 milliards de FCFA). S’y ajoute la coopération qui se réalise via les organisations multilatérales pour un montant supérieur à 30 millions d’euros (ou 19,6 milliards de FCFA).

LES PRINCIPAUX AXES DE LA COOPERATION BILATERALE EN 2006

Il ont concerné:

L’aide budgétaire globale pour 10 millions d’euro ( soit 6,6 milliards de FCFA) ;
L’aide projet : 21 projets sont en cours, avec l’appui de 43 assistants techniques pour un montant de décaissements prévus de 29 millions d’euros (19 milliards de FCFA);
La gestion des forêts dans la région de Bamako;
L’alimentation en eau potable dans la région de Sikasso;
L’alimentation eu eau potable dans la région de Nioro Diéma;
La santé en 5ème région (avec la coopération belge);
L’amélioration des exploitations agricoles;
L’éducation de base en 5ème région (avec la coopération allemande);
Le développement des systèmes financiers décentralisés et appui institutionnel à la BNDA;
La Biodiversité et protection des éléphants du Gourma;
Le Programme concerté santé Mali;
L’appui au développement de l’Office du Niger;
L’appui à la consolidation de la décentralisation;
La recherche agricole;
L’appui à la déconcentration;
Le développement social urbain;
L’enseignement supérieur;
La filière du livre;
L’état civil;
Le codéveloppement;
Le fonds social de développement.

CINQ PROJETS PRECURSEURS

5 projets en phase de finalisation pourraient commencer dès 2006 :
– Appui aux programmes éducatifs
– Appui au secteur du coton
– Diversité culturelle
– Francophonie
– Gouvernance économique.

COOPERATION UNIERSITAIRE

Elle se traduit par :

– des projets d’appui aux filières courtes à l’Université de Bamako
– des échanges entre universitaires des deux pays dans le cadre d’accords inter-universitaires ou inter-hospitaliers
– la venue d’universitaires maliens de France dans le cadre du programme TOKTEN, en partenariat avec le PNUD
– par des appuis pour des études en France.

Il y a 1500 étudiants maliens en France dont 420 boursiers du gouvernement français répartis entre 4 programmes dont celui dit “300 jeunes” réservé aux meilleurs bacheliers.

En 2005, 535 visas étudiants ont été accordés pour 824 demandes.

RECHERCHE

Cette coopération est largement mise en oeuvre par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre international de recherche agronomique et de développement (CIRAD) qui avec 29 chercheurs conduisent des programmes sur le fleuve Niger, la mousson africaine, les écosystèmes de savanes, le développement durable de la filière cotonnière, le sorgho et le karité et les systèmes d’élevage.

AIDE ALIMENTAIRE

La France a apporté une aide alimentaire de 1 million d’euros (656 millions de FCFA) en 2006, complétant celle de 2005 d’un montant de 1,5 mille d’euros (984 millions de FCFA).

COOPERATION MILITAIRE ET DE POLICE

8 projets relèvent de la coopération militaire dont le plus important est la construction de la nouvelle Ecole de Maintien de la Paix (EMP) de Bamako qui doit être achevée en 2007.

Le coût total de ce projet, mené avec d’autres partenaires, est de 4 millions d’euros (2,6 milliards de FCFA) ; il faut également signaler la formation et l’équipement des Unités méharistes de la Garde nationale, la fourniture de 8 aéronefs légers (TETRAS) ainsi que des actions de formation auprès de la gendarmerie malienne.

Hors EMP, c’est un budget annuel de l’ordre de 5 millions d’euros (3,3 milliards de FCFA) qui est consacré à la coopération militaire.

La coopération policière comprend des formations et dons importants de matériels et de véhicules, et des actions de terrain avec la police du Mali.

COOPERATION DECENTRALISEE

Avec plus de 150 partenariats, le Mali est le 1er bénéficiaire des coopérations décentralisées françaises pour un montant annuel de 5 millions d’euros (3,3 milliards de FCFA).

COOPERATION CULTURELLE

Conduite principalement par le Centre culturel français, cette coopération soutient les manifestations à visée internationale telles que la Biennale des arts, les Rencontres africaines de la photographie, les rencontres théâtrales, les festivals (Etonnants voyageurs, Ecrans libres, Essouk…), la semaine de la francophonie. Elle accompagne certaines manifestations nationales, telles que Lire en fête, le printemps des poètes, la fête de la musique, expositions telle que celle des photographies de Renée Collin-Nogués, actuellement présentée au Musée national.

La création à Mopti d’une Alliance franco-malienne permettra de renforcer les échanges culturels et éducatifs dans la 5ème région.


Daba Balla KEITA

29 août 2006.