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La 13è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’est tenue hier à Ouagadougou en présence de six chefs d’État : Amadou Toumani Touré du Mali, Thomas Yayi Boni du Bénin, Faure Gnassingbé du Togo, Raimundo Pariera de Guinée Bissau, Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire et, naturellement, Blaise Compaoré du Burkina Faso.

Le président du Niger était représenté par son Premier ministre Seïni Oumarou et celui du Sénégal par le ministre de l’Économie et des Finances, Abdoulaye Diop.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par les discours du président du Conseil des ministres de l’UEMOA, le ministre de l’Économie et des Finances de Côte d’Ivoire, Charles Koffi Diby et du président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union, Blaise Compaoré. Tous deux ont souligné l’importance d’une rencontre qui survient au moment où le monde entier fait face à une crise économique et financière sévère.

Le ministre ivoirien a ainsi déploré le fort ralentissement en 2008 de l’activité économique, en liaison avec la crise financière, la hausse brutale des prix des denrées alimentaires et des cours du pétrole brut. Les pays de l’UEMOA ont subi de plein fouet les effets de ces tensions sur les prix qui ont porté le taux d’inflation à des niveaux inédits depuis plus d’une décennie, a-t-il relevé.

jpg_at-2.jpg Le taux d’inflation annuel moyen est ainsi passé à 7,4% contre 2,4% en 2007, a-t-il indiqué, ajoutant que la crise financière internationale s’est muée en une crise économique, provoquant la récession dans de nombreux pays développés.

Pour faire face aux effets de la crise économique, nos États, préconise Charles Koffi Diby, doivent s’engager à lutter dans la solidarité et réaffirmer le choix de l’intégration économique comme voie salutaire pour être moins exposés aux chocs exogènes.

Le président burkinabé confirmera que l’année 2008 a été marquée par la triple crise alimentaire, énergétique et financière qui a secoué les économies des pays membres de l’UEMOA. La présente rencontre examinera les solutions préconisées pour faire face durablement à ces crises, a-t-il indiqué, ajoutant que la conférence appréciera aussi la

La crise financière internationale s’est muée en une crise économique, provoquant la récession dans de nombreux pays développés
stratégie de résolution des déficits énergétiques.

Des progrès encourageants

Le président en exercice de l’UEMOA n’a pas parlé que de la crise économique. Il a aussi évoqué le bilan de l’Union, quinze ans après sa création, qualifiant d’encourageants les progrès réalisés pour

parvenir à une véritable complémentarité de nos économies. Au nombre des avancées, Blaise Compaoré a cité l’adoption des politiques communes en matière agricole, industrielle, minière, énergétique et environnementale ainsi que la mise en œuvre de programmes relatifs aux transports terrestres, aériens et maritimes, à la promotion de la femme et aux reformes de l’enseignement supérieur, contribuant à la réalisation des objectifs de l’Union.

jpg_s-4.jpgLe président burkinabé, président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA, s’est aussi félicité de l’intensification des échanges au sein de l’ensemble à travers la libre circulation des produits originaires, un tarif extérieur commun, une politique commerciale commune et une réglementation communautaire de la concurrence.

L’ensemble des instruments juridiques installés dans le cadre d’une intégration plus poussée des peuples, affirme la libre circulation des personnes et le droit d’établissement des professions libérales, a-t-il déclaré en mentionnant le programme économique régional.

Celui-ci qui devrait coûter plus de 3000 milliards Fcfa pour la période 2006-2010, prendra en compte le financement de 63 projets (34 déjà en cours d’exécution) dans les domaines des infrastructures, de la bonne gouvernance, de la promotion du secteur privé, de la construction d’un appareil intégré et de la valorisation des ressources humaines.

Le défi majeur pour l’Union demeure, de l’avis du président Blaise Compaoré, la traduction des politiques et programmes en réalisations concrètes au profit des populations. Le chef d’Etat burkinabè a également évoqué la question de la paix et de la sécurité en appelant la communauté internationale à continuer à soutenir le processus de paix en Côte d’Ivoire.

Sur le même chapitre, le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union a renouvelé le soutien de l’Union aux gouvernements du Mali et du Niger dans leurs efforts de maintien de la paix et de la sécurité dans leurs pays respectifs.

Blaise Compaoré avait auparavant rendu hommage à l’ex-président de la Guinée Bissau en indiquant que sa disparition tragique avait été une perte douloureuse pour l’Union. Il faut rappeler que le défunt président Joao Bernado Nino Vieira s’est battu pour l’adhésion de son pays à l’UEMOA. Ce projet a été concrétisé en mai 1997.

Nous reviendrons sur les conclusions des travaux de ce 13è sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Uemoa dans notre prochaine édition.

Envoyé spécial

Madiba KÉITA

Essor du 18 Mars 2009