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Les transitaires et les opérateurs économiques de Sikasso désapprouvent la convention signée en 2005 entre la direction générale des douanes et la Société malienne de transit et de magasinage (Somatram) portant sur la gestion des magasins et le dédouanement des marchandises (Mad).

La signature en 2005 d’une convention de gestion des magasins et le dédouanement des marchandises entre la direction générale des douanes et la Somatram a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase le 24 juin 2008 à Sikasso.

Chagrinés par la signature de la convention, qui prévoit de faire payer aux transporteurs des frais de stationnement et de magasinage par tonne par heure et par jour, le Syndicat de la coordination régionale des transitaires de Sikasso a haussé le ton mardi dernier en ordonnant toute cessation d’activités au niveau du transit.

Joint au téléphone, le président du Syndicat des transitaires de Sikasso, Boubacar Bagayogo, a expliqué l’arrêt de travail des transitaires de la Cité Verte par le fait qu’ils n’ont été associés ni en amont ni aval à la signature du protocole d’accord portant sur la gestion des Mad. « Nous ne nous reconnaissons pas dans la convention.

Elle n’engage que leurs auteurs, c’est-à-dire la direction générale des douanes et la Somatram. Nous protestons contre un tel engagement qui a été signé à notre insu », a fustigé le président de la Coordination régionale du syndicat des transitaires de Sikasso.

Pour M. Bayagogo, « cette convention n’est qu’une pure manigance de l’ancien DG des douanes, Cheick Kéita pour chercher noise aux opérateurs en leur fixant des prix de stationnement et de magasinage par tonne, par jour et par heure. Voyez-vous que c’est trop demandé ».

Et de poursuivre que « ce qui est inadmissible c’est le fait que la convention ait été signée en catimini. C’est dire que quelque chose ne cloche pas. Sinon pourquoi ne pas associer les transitaires au moment de sa conclusion. Par ces motifs, nous la désapprouvons et nous ne sentons pas liés par une telle convention ».

L’arrêt de travail observé mardi par les transitaires, aux dires du président du Syndicat de la coordination régionale de Sikasso, n’est « qu’un avertissement qui risque de dégénérer si rien n’est fait par les autorités compétentes ». Pour éviter tout embrasement de la situation, le Syndicat des transitaires de la Capitale du Kénédougou demande qu’elle soit partie prenante de la convention qui, dit-on, « a été paraphée sans tenir compte de leurs observations et suggestions ».

A en croire notre interlocuteur, tout était bloqué avant-hier au niveau de la direction régionale de la douane de Sikasso suite au débrayage des transitaires. Le même jour, des opérateurs économiques de Bamako, à travers la CCIM, étaient en pourparlers avec le département des Finances dans le but de trouver un terrain d’entente entre les protagonistes. Parviendront-ils à éteindre le feu qui couve ?


Mohamed Daou

26 Juin 2008